CAP, bac pro, BTS : les diplômes et spécialités qui mènent à l’emploi

Par Etienne Gless, publié le 18 Février 2021
5 min

INFOGRAPHIE. En moyenne, 41% des élèves sortant de lycées professionnels en 2019 étaient en emploi six mois après avoir décroché leur diplôme. Pour les mêmes diplômes préparés en centre de formation d'apprentis (CFA), le taux d'emploi à six mois est de 62%.

Deux études publiées en février par la DEPP, organe statistique du ministère de l'Éducation nationale, ont livré les chiffres d'insertion professionnelle des lycéens de la voie professionelle et des apprentis six mois après leur sortie de formation.

Le principal enseignement ? L'insertion professionnelle est beaucoup plus facile diplôme en poche, et ce quel que soit votre niveau de formation et le lieu où vous la suivez (lycée ou CFA). Gardez aussi en tête ceci : où qu'il soit préparé, plus le niveau du diplôme est important, plus les chances de trouver un emploi rapidement augmentent.

L'origine sociale pèse sur l'insertion

Selon que vous avez obtenu votre diplôme professionnel (CAP, bac pro, BTS) en lycée professionnel ou en centre de formation d'apprentis (CFA) les taux d'emplois diffèrent. Les enquêtes de la DEPP relèvent ces chiffres pour les élèves diplômés en juillet 2019. Quelques pourcentages pour illustrer :

  • Au niveau CAP : 24% des jeunes ayant obtenu leur diplôme dans un lycée professionnel étaient en emploi en janvier 2020, contre 53% des apprentis en CFA.
  • Au niveau bac professionnel : le taux d'emploi des diplômés à six mois après leur sortie du lycée est de 37%, quand celui des diplômés sortis de CFA grimpe à 63%.

Ces différences s'expliquent en partie par l'expérience professionnelle plus importante apportée par l'apprentissage, mais aussi par la différence des profils d'élèves accueillis en lycée pro et en CFA.

En CFA, on compte davantage de jeunes issus de milieux plus favorisés qu'en lycée professionnel : les apprentis sont en effet deux fois plus nombreux (14%) à avoir un parent artisan ou chef d'entreprise que les les lycéens professionnels (7%). En lycée pro, 15% des jeunes sont issus d'une famille immigrée, contre seulement 5% en CFA. Beaucoup plus de lycéens que d'apprentis comptent aussi une mère sans diplôme. Bref, les profils socio-économiques sont différents et les scores d'insertion dépendent aussi fortement de l'origine sociale.

Lire aussi

Une insertion différente selon les spécialités

En lycée professionnel, l'insertion sur le marché du travail est la meilleure pour les diplômés des spécialités "coiffure, esthétique" et "transport manutention magasinage". Le CAP en un an "conducteur routier de marchandises" et le bac pro "conducteur transport routier de marchandises" affichent ainsi des taux d'emploi des jeunes à six mois de respectivement 77% et 66%. Des diplômes dans le domaine de la santé comme le BTS "prothésiste dentaire" ou "opticien lunetier" mènent 80% des jeunes titulaires à l'emploi en moins de six mois.

A contrario, l'insertion professionnelle à six mois est plus difficile pour les lycéens professionnels qui ont choisi les spécialités "services à la collectivité" (nettoyage, sécurité) et "secrétariat information communication" et ce quel que soit le niveau de formation. Préparées en CFA, ces spécialités affichent également des scores d'insertion plus faibles.

Les meilleurs scores d'insertion sur le marché du travail sont ceux des apprentis ayant obtenu leur diplôme dans les spécialités "mécanique et structures métalliques". C'est le cas par exemple du BTS "techniques et services en matériels agricoles", avec un taux d'emploi à 6 mois de 89%.

Les baccalauréats professionnels "maintenance des matériels" ou "maintenance des véhicules" mènent pour leur part 75% des apprentis à l'emploi six mois après leur formation.

Articles les plus lus

A la Une lycée pro

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !
Human road Human road