Métiers de l’automobile : l’emploi tourne à plein régime dans les métiers de l’après-vente

Par Etienne Gless, publié le 12 Septembre 2019
5 min

REPORTAGE. Alors que se tient le salon mondial de l'automobile de Francfort du 12 au 22 septembre 2019, la conjoncture est un peu morose pour l’industrie automobile. Mais la filière des services continue de recruter et de former de nombreux jeunes aux métiers toujours plus complexes de l’automobile. L’Etudiant a posé sa caméra au Garac, l'école nationale des métiers de l'automobile à Argenteuil, qui forme du CAP au titre d'ingénieur.

Bien sûr quelques nuages noirs s’accumulent en ce moment pour la production automobile au niveau mondial. Et le salon automobile de Francfort, jadis incontournable, se voit bouder cette année par des constructeurs comme Renault-Nissan-Mitsubishi, Toyota ou Fiat. Même en France il se vend un peu moins de voitures depuis un an.

19.000 emplois de plus en 4 ans dans les garages, concessions ou stations services

Mais le parc existant –48 millions de véhicules en circulation dans l’hexagone- fournit toujours beaucoup de travail pour la filière aval du secteur automobile. Concessionnaires, garages, centres de contrôle technique ou stations-services ne chôment pas ! Le secteur des services automobiles fait vivre au total 130.000 entreprises et 400.000 salariés. L’emploi y est à la hausse sans discontinuer depuis 4 ans : 19.000 emplois supplémentaires ont été créés dans les services de l’automobile, selon l’observation de la branche professionnelle, l’ANFA.

60.000 jeunes en formation

Le secteur forme quelques 60.000 jeunes par an aux métiers de mécanicien, de carrossier ou encore de vendeur. Si les effectifs de jeunes sous statut scolaire sont stables, de plus en plus choisissent la voie de l’alternance : les effectifs ont augmenté de +36% depuis 4 ans soit 6.300 apprentis et 1.500 contrats de professionnalisation de plus.

Le CAP est le diplôme qui concentre la majorité des effectifs (57%) mais de plus en plus de jeunes poursuivent des études une fois ce premier diplôme en poche : certains poursuivent par un autre CAP pour enrichir leur palette de compétences, d’autres par un bac professionnel pour avoir plus de responsabilités, soit encore par un certificat de qualification professionnelle (CQP) propre à la branche. "Je souhaite compléter ma formation par un CAP peinture pour élargir ma palette de compétences et ne pas rester uniquement dans la carrosserie", témoigne Yanis, 17 ans, apprenti en deuxième année de bac pro réparation des carrosseries au Garac et déjà titulaire du CAP carrosserie. "Je veux pouvoir aussi peindre et vernir les véhicules", affirme-t-il.

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A voitures de plus en plus high-tech, formations plus techniques

"Les métiers les plus porteurs sont ceux de très haute technicité", relève Laurent Roux, directeur général du Garac, l’école nationale des professions de l’automobile à Argenteuil (95). "Les entreprises recherchent des techniciens en diagnostic automobile très qualifiés notamment dans le domaine du diagnostic embarqué. Les employeurs ont également besoin de personnes capables de travailler sur les véhicules électriques hybrides", poursuit le directeur de l'établissement. "Enfin, les professionnels du service et de la relation client sont toujours très demandés avec des métiers toujours porteurs comme celui de réceptionnaire après-vente", constate Laurent Roux.

"La mécanique automobile devient de plus en plus complexe à réparer ce ne sont plus juste des carburateurs à régler", approuve Louis, 20 ans en 2ème année de BTS maintenance des véhicules, option véhicules particuliers. "Les systèmes et les nouvelles normes des véhicules sont très sophistiqués. Ce qui exige d’être davantage formé. C’est pourquoi après mon bac pro mécanique, j’ai poursuivi en BTS. En bac pro, j’ai appris les bases de la mécanique et les entretiens de routine comme les plaquettes, les pneus. En BTS j’apprends à réaliser des diagnostics et des réparations plus complexes : pannes sur système ABS, problèmes de calculateurs…".

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Insertion facilitée pour les diplômés par apprentissage

Côté insertion professionnelle, le match apprentissage versus lycée professionnel, est remporté par le premier dans les métiers des services à l'automobile : dans l'ensemble, en 2018, 72% des diplômés par apprentissage étaient en emploi 7 mois après l’obtention de leur diplôme (+2 points sur un an) contre 51% des lycéens professionnels. Mais au-delà de ces chiffres généraux, mieux vaut scruter les résultats de chaque CFA ou lycée professionnel. Et dans tous les cas le secteur reste très porteur.

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