Antoine, 23 ans : "Comment je suis devenu prof de tennis"

Par Nassima Ouaïl, publié le 07 Novembre 2018
6 min

Passionné par les balles jaunes dès son plus jeune âge, après un intense sport-études, Antoine Furlan rate son bac mais pas son parcours professionnel. Impossible pour lui de travailler loin des cours : aujourd’hui, à 23 ans, il est professeur de tennis diplômé et coresponsable du club de Choisy-le-Roi.

C'est en voyant le joueur français Fabrice Santoro à la télévision qu'Antoine a eu envie de jouer, dès l'âge de 5 ans. Sa mère l’inscrit alors dans le club de sa ville, à Cachan (94). "Je passais mes journées à m’amuser. On crée très vite des liens forts avec les amis et les profs", se souvient-il. À 12 ans, place aux tournois et aux grandes compétitions.

Très vite, le tennis prend toute la place dans sa vie. À partir du lycée, le jeune homme s’oriente en sport-études. Entre les cours à l’École Diagonale à Paris et les courts de la Winner Tennis Academy à Villejuif (94), ses semaines sont très chargées.

"À 16 ans, j'avais envie d'autre chose"

"En trois ans, j’ai vu la différence. Dès la première année, j’ai gagné au moins quatre classements", rappelle celui qui passait près de 20 heures par semaine sur les terrains. Une formation à horaires aménagés et de qualité, mais qui a un coût : "Le lycée, l’académie, l’équipement et les dépenses liées aux blessures représentaient environ 10.000 euros par an." Ses parents le soutiennent financièrement et moralement.

Lire aussi

En seconde, Antoine s’investit sérieusement. Mais le rythme intense le décourage. Il travaille moins mais ses résultats restent corrects. "J’avais envie d’autre chose. À 16 ans, comme les ados de ton âge, tu as envie de faire la fête, voir davantage tes potes, sortir avec les filles… sourit le jeune blond. En terminale, j’étais saoulé et j’ai arrêté de bosser." Stressé en classe, il joue moins bien sur le terrain et n’obtiendra pas son bac scientifique.

"Je ne me voyais pas travailler en dehors du tennis"

Après sa défaite scolaire, Antoine va rebondir pour aller chercher la victoire professionnelle : "Le tennis est très important pour moi, je ne me voyais pas travailler ailleurs que dans cet univers." Encadré par un diplômé d’État, Michael, son tuteur et ancien coach, qu'il connaît depuis l’enfance, il passe près de 250 heures sur les cours à se former à l’enseignement. Avec lui, Antoine acquiert plus de rigueur et de maturité. Il prépare son diplôme d’État (équivalent à un bac + 2), qu’il décrochera à 20 ans.

Lire aussi

À seulement 23 ans, Antoine dirige aujourd’hui l’école de tennis du club de Choisy-le-Roi (94) et supervise toute une équipe pédagogique avec son responsable compétition. En parallèle, il donne quelques heures de cours à Bagneux (92). Il n’a pas le temps de s’ennuyer et ne regrette rien : "C’est un métier de partage, où il faut aimer le contact humain et les jeunes. On apprend toujours et on se remet en question après chaque cours."

"Pour qu’un cours fonctionne, il faut mettre de l’ambiance"

Plutôt timide, l'enseignement lui a donné de l'assurance. "Pour qu’un cours fonctionne, il faut mettre de l’ambiance, mettre à l’aise les gens, arriver à les faire rire et transmettre les valeurs du sport ! énumère-t-il. Quand l’élève reproduit ce que je lui enseigne, je suis satisfait."

Préparation, prise, appuis, équilibre, frappe, volée… Le professeur n’hésite pas à fixer des objectifs adapté à ses élèves pour rendre la séance plus ludique. La fidélisation des adhérents reste l'une des clefs de la réussite d’un club : "J’essaie de respecter leurs choix. C’est important de créer un sentiment d’appartenance."

Sur une base de 25 heures de cours collectif à Choisy-le-Roi, Antoine Furlan gagne 18€ de l'heure. À cela s'ajoutent 120 heures de travail administratif par an, auxquelles il faut ajouter les stages (en période de vacances) et les cours individuels. C'est d'ailleurs valable pour tous les professeurs en général. Seul les diplômés d’État ont le droit de donner des cours individuels.

Par la suite, Antoine envisage de passer son diplôme d’État supérieur ou de travailler dans la psychologie du sport auprès de tennismen et tenniswomen de haut niveau.

Articles les plus lus

A la Une portraits métiers

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !