1. Métiers d'un parc naturel : sous l'œil des gardiens de dame Nature
Reportage

Métiers d'un parc naturel : sous l'œil des gardiens de dame Nature

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DIAPORAMA. Le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine est l’un des 52 parcs naturels régionaux de France. Il s’étend sur près de 280.000 hectares, deux départements et deux régions. Pour préserver sa faune, sa flore, son paysage, son patrimoine bâti et son savoir-faire, une petite équipe de passionnés veille au grain.

Au cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine

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  •  // © Théophile Trossat pour l'Etudiant
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  • 28 salariés pour œuvrer aux missions du parc

    "C’est un coin de verdure où coule une rivière", la Vienne... mais aussi un fleuve, la Loire. La confluence des deux cours d’eau est le cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. Créé en 1996, celui-ci regroupe 115 communes et son siège se situe à Montsoreau (49). Les missions de cet établissement public auprès des collectivités sont les suivantes : aider à protéger et gérer ses patrimoines, aménager le territoire, contribuer au développement économique et social, éduquer, informer, expérimenter. Mélanie (à droite) et Jennifer (à gauche) font partie des 28 salariés qui œuvrent à cela. Toutes deux sont rattachées au service biodiversité et paysages.

    Un parc naturel régional, c'est un territoire rural reconnu pour sa valeur patrimoniale et paysagère, parfois menacée. Par exemple, au parc Loire-Anjou-Touraine : le tufeau. Il s’agit d’une pierre calcaire de la région, très friable, extraite pour construire des maisons, des châteaux… Ainsi, à chaque parc, ses compétences, son fonctionnement, adaptés à son territoire. "Quand on arrive, on ne sait pas vraiment ce que l’on va faire", prévient ainsi Mélanie, la paysagiste. 

  • Mélanie, paysagiste : sauvegarder la biodiversité

    Mélanie, 30 ans, ne passe jamais une journée entière à son bureau. Paysagiste pour l’ensemble du parc, elle a une mission axée sur la sauvegarde de la biodiversité. "Avec les élus, nous veillons particulièrement à la préservation des liens entre les différents lieux de vie des espèces. Par exemple, je surveille le maillage des haies, les mares, etc., pour que les animaux puissent passer de l’un à l’autre et continuer à se nourrir et à se reproduire. Pour allier préservation du cadre de vie des habitants et de la biodiversité, j’indique quels boisements garder, où mettre des éoliennes, par exemple, et j’accompagne les communes jusqu’à la mise en place des chantiers."

    La deuxième partie de son poste concerne plus les paysages. "J’aide les communes à concrétiser leurs idées : je réalise des plans schématiques, je fais le lien avec les services de l’État…" Il lui arrive également de conseiller des commerces, notamment pour la pose d’une enseigne. "On ne vient pas ici pour la paie [Mélanie, ingénieure paysagiste, gagne 1.800 € net], mais pour gagner en qualité de vie. Je travaille pour un territoire, pour le bien commun, sans enjeu commercial… même si on a un budget à tenir."

  • Jennifer, technicienne milieux naturels : organiser les travaux sur les communes du parc

    Jennifer, 26 ans, est technicienne milieux naturels en charge du "contrat nature". Un nouveau contrat (2017-2019), avec de nouveaux chantiers de restauration et de continuités écologiques, vient de débuter. Ce qui implique, par exemple, des poses de clôtures, des plantations de haies, des semis, la création de mares… 

    Jennifer s’occupe d’organiser les travaux sur les communes du parc, qui restent les maîtres d’ouvrage. "Je gère la partie administrative et budgétaire (montage du projet, recherche de subventions, recherche d’agriculteurs pour gérer les parcelles…) et la partie technique (planning de la mise en œuvre, relations avec les entreprises en charge des travaux, etc.)." Un travail saisonnier, entre terrain et bureau. 

    "En ce moment, je suis sur la partie administrative. L’hiver, c’est aussi la période des travaux, notamment forestiers, et des plantations. Au printemps et à l’automne, je réalise des inventaires de la faune et de la flore pour connaître les impacts de nos actes", décrit cette passionnée des cours d’eau, des grenouilles et des libellules. 

  • Camille, assistante à la communication et aux missions tourisme : mettre en valeur les richesses du parc

    Au parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, c’est essentiel d’être polyvalent ! Camille, 26 ans, n’échappe pas à la règle. Une semaine sur deux, elle assiste la chargée de communication dans ses fonctions : communication, relations presse, animation des réseaux sociaux, création d’affiches et de flyers…

    L’autre semaine, elle travaille avec la chargée de mission tourisme. "J’assure le suivi des équipements touristiques. Le parc a mis en place plusieurs sentiers, des circuits jalonnés de dispositifs interactifs qui font découvrir le patrimoine de façon originale aux promeneurs. Je contrôle ces équipements, je trouve des solutions en cas de casse et, pour cela, je suis en lien avec les communes du parc." La refonte des sentiers d’interprétation, qui ont dix à douze ans, a été envisagée depuis 2014. "Nous conservons le circuit, la thématique propre au territoire, mais nous remanions les textes et les illustrations des panneaux. Nous consultons des entreprises pour les travaux et nous réceptionnons les chantiers." 

    Camille aime travailler avec les élus, parcourir le territoire, aller sur les sentiers de randonnée. "Je ne m’ennuie pas ! C’est passionnant de mettre en valeur nos richesses, de les faire découvrir aux touristes et aux habitants", raconte cette originaire de la région, titulaire d’un BTS (brevet de technicien supérieur) tourisme et d’un Deescom (diplôme européen d’études supérieures en communication). Curiosité, aisance rédactionnelle, sens du relationnel : voilà les qualités requises pour marcher sur ses traces.

  • Célia, agent de médiation et référente de la marque "Parc naturel régional" : accueillir les touristes et faire respecter les valeurs environnementales

    Si vous visitez la Maison du parc, à Montsoreau, vous tomberez probablement sur Célia. À 34 ans, celle-ci est agent d’accueil et de médiation et référente technique de la marque "Parc naturel régional" pour les hébergements touristiques. Son poste change au gré de la ­saison touristique. "En hiver, je travaille sur la médiation de l’exposition réalisée dans la Maison du parc, qui accueille les touristes de mars à novembre. Je trouve des supports, des espaces ludiques qui sensibiliseront les visiteurs aux problématiques du territoire."  

    La "haute saison" court de la mi-juillet à la mi-août. "Nous sommes trois à nous relayer à l’accueil, mutualisé avec l’office de tourisme." Renseigner les visiteurs, donner des idées d’expositions ou de concerts, s’occuper de la billetterie fait partie de son quotidien. 

    Au fil du temps, le poste de Célia a évolué. Actuellement, elle fait aussi de l’audit pour la marque nationale "Parc". Un gage que les propriétaires respectent bien l’environnement, valorisent le territoire, accueillent bien les clients… "J’interviens pour voir ce qui fait l’attrait du lieu, ce qui doit être amélioré une fois la marque obtenue. Je conseille les propriétaires sur les formations qu’ils pourraient suivre ou les adaptations qu’ils pourraient apporter à leur hébergement."

  • Sébastien, chargé de mission écoconstruction : conseiller sur la rénovation de bâtiments écologiques

    Titulaire d’un DUT (diplôme universitaire de technologie) génie biologique et d’un diplôme d’ingénieur, spécialisés dans l’agroalimentaire et réalisé en apprentissage, Sébastien, 36 ans, s’est logiquement tourné vers ce secteur. Embauché dans la société Fleury-Michon, il commence à "toucher au bâtiment" : "J’étais chargé de mettre en place de nouveaux ateliers de production." Il poursuit ensuite sa carrière dans deux autres entreprises, dont Nestlé, où il travaillait à la rénovation d’usines.

    Las de ne "faire que du bâtiment industriel", l’ingénieur suit une formation de neuf mois, à Rennes, pour faire du bâtiment écologique. "J’ai appris à construire en bois, en paille, en chanvre… Cela m’a donné le titre de technicien bâtiments basse consommation [un titre professionnel de niveau IV]. Je n’étais plus du tout ingénieur, je recommençais à zéro."

    Sébastien débute sa nouvelle vie comme auto-entrepreneur, en Bretagne. "Je proposais mes conseils et mon aide à des particuliers pour la rénovation de maisons écologiques." Mais deux ans après, en avril 2016, il se stabilise au sein du parc naturel régional, comme chargé de mission écoconstruction. Ici, il conseille les particuliers et les collectivités sur la rénovation de bâtiments (maisons, mairies, écoles…) avec des matériaux naturels comme la fibre de bois, la laine à base de chanvre, de lin ou de coton. "Je les sensibilise à ces matériaux pour réduire leur consommation d’énergie, gagner en confort. Je les conseille dans le choix des artisans locaux pour effectuer leurs travaux. Et je leur montre que cela ne revient pas forcément beaucoup plus cher en leur présentant les subventions existantes." Un poste qui l’amène à être trois jours par semaine sur le terrain.

  • Sandrine, chargée de mission énergies renouvelables participatives : inciter et accompagner les projets de transition énergétique


    Plus évidente que la transformation du plomb en or : la transformation de l’énergie solaire en électricité. Sandrine, 28 ans, n’est pas alchimiste mais chargée de mission énergies renouvelables participatives au service aménagement et écodéveloppement du parc. Son rôle depuis mai 2017 : "Inciter le plus de monde possible à investir dans la transition énergétique." 

    Elle prospecte pour développer notamment le solaire photovoltaïque. Le plus de son poste : la notion participative. "Des acteurs, publics ou privés (habitants, collectivités, entreprises…), investissent dans des projets à portée citoyenne, comme la pose d’une toiture photovoltaïque sur une école. De mon côté, je mobilise ces collectifs de citoyens, je les accompagne dans leurs projets avec l’aide de bureaux d’études, je développe des outils de vulgarisation, je recueille les retours d’expérience…". Allergiques aux réunions s’abstenir ! Mais les touche-à-tout seront ravis.

Oubliez "le film Into the wild". Il ne faut pas confondre les parcs naturels régionaux et les parcs naturels nationaux, ces derniers sont créés sur des territoires inhabités. Il existe 52 parcs naturels régionaux en France. Ils emploient des agents titulaires ou contractuels de la fonction publique territoriale.

Animateur(trice) en écotourisme

Ce professionnel sensibilise les touristes à la protection et au respect de la faune, de la flore et du patrimoine culturel local. Concernant les qualités requises : il doit connaître le territoire, avoir une aisance à l’oral et le sens du relationnel.

Côté formations, un BTS (brevet de technicien supérieur) tourisme ou un BTSA (BTS agricole) gestion et protection de la nature option animation nature sont les portes d’entrée à bac+2. Ceux qui le voudront pourront poursuivre en licence professionnelle concepteur et accompagnateur en écotourisme, puis en master tourisme spécialité management du tourisme durable.

Chargé(e) de mission écoconstruction

Quel matériau serait le meilleur pour une construction donnée ? À quel coût ? Quel impact environnemental aura-t-il ? À un ingénieur de le déterminer ! Dans un parc naturel régional, ce professionnel est indépendant, il n’a pas de fonction commerciale. Pour exercer ce métier, au-delà des compétences scientifiques, il faut être pédagogue et rigoureux car "tous les détails sont importants", assure Sébastien.

Lire aussi : Aménagement du paysage : quels métiers recrutent en alternance ?

Pour se former, direction l’université en master (par exemple master écoconception) ou une école d’ingénieurs (ENSAM, ESILV, Mines ParisTech…). Le parcours non linéaire de Sébastien montre toutefois qu’il est toujours possible de changer de voie grâce à des formations professionnelles. Côté rémunération, il a réussi à négocier un salaire à 2.100 € net par mois. Il nous confie que "c’est plutôt 1.700 € ou 1.800 € d’habitude" pour le même poste.

Paysagiste

Le paysagiste tel qu’on l’entend la plupart du temps est l’architecte des espaces verts. Il conçoit les paysages en milieu urbain ou rural : du dessin au projet réalisé, il organise les travaux, contacte les clients et assiste le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. Au parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, Mélanie est rattachée au service biodiversité et paysages. "Mais dans d’autres parcs, les paysagistes font souvent partie du service urbanisme", prévient-elle. Pour arriver à ce niveau des responsabilités, il faudra suivre cinq ans d’études après le bac. À la clé : un diplôme d’État de paysagiste ou d’ingénieur paysagiste (comme celui de Mélanie, passé à Agrocampus Ouest).

Chargé(e) de mission Natura 2000

Le dispositif Natura 2000 est un réseau européen de sites naturels reconnus pour les espèces qui y vivent et les habitats naturels qu’on y trouve. Le ou la chargé(e) de mission en parc régional anime et coordonne les actions relatives à la préservation, la gestion et la valorisation de ce patrimoine. Un métier polyvalent qui mêle administration, analyse statistique, communication, animation… Pour y parvenir, il faudra viser des études longues (bac+5) tel un diplôme d’ingénieur spécialisé en environnement, un master en écologie, en aménagement du territoire.