Les métiers des "premiers de corvée" : Manon, 26 ans, a organisé la collecte des déchets durant le confinement

Par Etienne Gless, publié le 30 Juin 2020

VIDÉO. L'Etudiant a décidé de donner un coup de projecteur sur ces métiers de l'ombre, assumés par ces "premiers de corvée", qui ont été en première ligne au plus fort de l'épidémie de Covid-19. Les éboueurs et les entreprises de la propreté ont été fortement exposés pendant la période de confinement. Manon, 26 ans, est assistante d'exploitation chez Sepur. Elle et ses équipes ont travaillé durant le confinement à organiser la collecte de nos ordures... Témoignage.

Manon est une héroïne du quotidien. Au plus fort de l'épidémie de Covid-19 elle était sur le pont. À 26 ans, la jeune femme travaille en CDI depuis le mois de septembre 2019 chez Sépur, une entreprise de propreté qui collecte les déchets des entreprises et les ordures ménagères dans de nombreuses communes de la région parisienne.

Adjointe d'exploitation chez Sépur : le métier au quotidien

Son poste est basé à Neuilly-sur-Marne (93), d'où partent pour 40 tournées quotidiennes des dizaines de camions bennes. 120 à 150 salariés de Sépur y travaillent chaque jour. "Je suis adjointe d'exploitation. Nous avons ici un unique client, Grand Paris-Grand Est, qui est une communauté d'agglomération regroupant plusieurs communes de l'est de Paris", indique la jeune femme.

Le job de Manon au quotidien ? "Je gère le planning, l'organisation des moyens matériels et des ressources humaines. Je suis du coup l'interface entre mon responsable et les équipes et je suis en contact quotidien avec le client pour satisfaire à ses demandes", explique la jeune professionnelle qui constate, mi-amusée mi-attristée, que "les gens se relâchent." Depuis plusieurs semaines, elle et ses équipes retrouvent en effet de plus en plus de masques de protection jetés par terre.

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Sécuriser le travail des éboueurs pendant l'épidémie

L'irruption du Covid-19 a mis des pans entiers d'activités économiques à l'arrêt ou au ralenti. Beaucoup de salariés se sont retrouvés en situation de télétravail ou de chômage partiel. Pas Manon, qui a continué de se rendre sur son lieu de travail pendant la période de 55 jours de confinement. "Nous n'avons pas eu au global un surcroît d'activité car les entreprises ne nous confiaient presque plus de déchets. Par contre, nous avons connu une forte augmentation des ordures ménagères, la population étant confinée à la maison", se souvient-t-elle.

Des protocoles de sécurité sanitaire ont immédiatement été mis en place pour protéger les travailleurs, principalement les éboueurs, que l'on appelle aussi 'ripeurs', chargés de ramasser poubelles, sacs et bacs roulants. "L'entreprise a veillé à la sécurité des employés au travail. Nous avons tout de suite mis en place le respect des gestes barrières, distribué tous les jours à nos salariés des gants, des masques et du gel hydroalcoolique et pour éviter les attroupements nous avons organisé des départs de tournée différés. Enfin, tous les jours nous désinfectons nos camions et nos bureaux".

5 ans d'études supérieures

Après son bac économique et social (ES) obtenu en 2012, Manon s'octroie une année à Londres comme serveuse pour maîtriser l'anglais avant de préparer un BTS commerce international. "C'est là où j'ai découvert le monde du transport. Je me suis alors spécialisée dans ce secteur en faisant une licence professionnelle transport et logistique spécialité responsable d'exploitation."

C'est à l'occasion de son stage que Manon découvre l'entreprise qui allait l'embaucher, Sepur. Elle y effectuera également un contrat à durée déterminée durant un an, puis son apprentissage durant deux ans pour y préparer un master Transport, territoire et environnement en alternance avec ses cours à l'université de Cergy Pontoise (95). À l'issue de son apprentissage, la jeune femme est directement embauchée en CDI par l'entreprise qui l'a formée.

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Des métiers revalorisés depuis la crise du Covid-19

La crise sanitaire et la période de confinement ont mis en avant les métiers exposés, utiles et souvent très peu ou mal rémunérés, mais qui ont pourtant permis à la population confinée de se nourrir ou se soigner. Comme les métiers de soignants, ceux de de la propreté et de la collecte des déchets ont bénéficié d'un véritable élan de sympathie de la part de la population.

"L'image de ces métiers a changé grâce à l'épidémie de Covid-19. Nous avons été soutenus par les clients. Beaucoup de personnes nous ont écrits des mots de remerciement sur les conteneurs ou encore par mail mais il y a encore du chemin à faire. On manque de candidates dans ces métiers", avoue Manon, seule femme parmi près de 150 salariés sur son lieu de travail !

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