Assistante éditoriale : un pont entre le Japon et la France

Par Baptiste Legout, publié le 02 Août 2016
4 min

Passionnée de lecture, Aurélie Lopez Mora, 31 ans, a fait le choix de rejoindre une prépa littéraire après son bac S. Son parcours d’études lui a permis de décrocher un poste d’assistante éditoriale chez Ki-oon, où elle gère l’adaptation des œuvres japonaises au marché français.

Après son bac scientifique, Aurélie Lopez Mora décide de laisser de côté les maths et la physique pour se consacrer à des études littéraires. "Le bac S ouvre de nombreuses portes, explique-t-elle. J'ai pu faire ensuite une hypokhâgne et une khâgne." À l'issue de trois années d'études – elle a redoublé sa deuxième année de prépa –, l'étudiante poursuit son cursus en licence de lettres modernes à la fac, puis en master lettres appliquées aux techniques éditoriales et à la rédaction professionnelle. "Un diplôme qui mène aux métiers de la rédaction et de l'édition", détaille Aurélie.

Un crochet par la licence de japonais

Une fois son master en poche, Aurélie décide de travailler dans les secteurs de la jeunesse ou du manga, un domaine qui la passionne. "J'en lisais beaucoup depuis mes 18 ans", indique-t-elle. Mais plutôt que de chercher immédiatement un poste, elle préfère se lancer dans une année de licence de japonais. "Je me disais qu'il serait intéressant de parler la langue pour ensuite intervenir en français." Son cursus et sa motivation retiennent l'attention des éditions Tonkam, qui lui proposent un stage. "Le reste en a découlé", s'amuse-t-elle, même si avant de rejoindre Ki-oon, elle découvre le monde professionnel dans des maisons d'éditions spécialisées dans le roman et les livres scolaires.

Aurélie passe 80 % de ses journées sur ordinateur. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant
Aurélie passe 80 % de ses journées sur ordinateur. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant

Dynamiseur de dialogues

Le métier d'Aurélie est multifacettes. "Je m'occupe aussi bien de la coordination, de la rédaction que de la correction", détaille-t-elle. À partir d'un rétro-planning, elle passe commande aux traducteurs des ouvrages. Une fois les fichiers textes reçus, la jeune femme fait la chasse aux fautes et s'assure que l'intention de l'auteur est respectée. "Je reprends la traduction et je la réécris pour que les dialogues correspondent bien à l'esprit du manga et passent bien en français", précise-t-elle. La tâche nécessite un certain recul et un niveau élevé de langue. "Je passe 80 % de mes journées sur ordinateur, ajoute Aurélie. Ne vous attendez pas à sortir tous les deux jours !". Pour autant, le métier d'assistante éditoriale permet de vraiment s'amuser, surtout dans sa partie rédactionnelle. "J'aime beaucoup améliorer le texte et dynamiser les dialogues !"

L'atout Photoshop

Faut-il réaliser un stage dans le milieu du manga pour y travailler ensuite ? À cette question, Aurélie se montre hésitante. "Passer par Tonkam m'a peut-être ouvert des portes, mais si je suis rentrée chez Ki-oon, c'est surtout grâce à ce que j'ai appris ailleurs." Partir dans une voie n'empêche pas d'en changer avec le temps. "Beaucoup de choses qu'on peut voir hors manga, comme la rigueur typographique, servent dans le domaine du manga". Autre point essentiel pour devenir assistant éditorial : la maîtrise des logiciels. "Il faut s'y intéresser !, insiste Aurélie. Dans certaines formations, il n'y a pas de cours sur Photoshop ou InDesign. Il faut être soi-même curieux !"

Ses mangas préférés

"Barakamon" de Satsuki Yoshino et les shōnens en général.

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