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Portrait

Dessinateur de manga : itinéraire de Shonen, mangaka autodidacte

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Discret, le dessinateur Shonen préfère mettre en avant ses dessins plutôt que sa personne. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant
Discret, le dessinateur Shonen préfère mettre en avant ses dessins plutôt que sa personne. // © Cyril Entzmann / Divergence pour l'Etudiant

Dans un pays où la B.D franco-belge est considérée comme un art, quelle place existe-t-il pour les mangakas ? D’abord repéré par les éditions Les Humanoïdes Associés et Pika avant de signer chez Ki-oon, Shonen est l’un de ces rares dessinateurs français à s’être lancés dans le manga.

Faut-il forcément suivre un cursus artistique pour devenir dessinateur ? Non, répond sans hésiter Shonen. "Je n'ai pas étudié le dessin. J'ai un diplôme de mécanique et d'informatique". Le métier de dessinateur est arrivé un peu par hasard. C'est pendant ses études, vers 22 ans, que Shonen s'est lancé de manière autodidacte. "À cette époque, je m'y suis mis sérieusement car je voulais progresser", explique-t-il. Il n'existait alors aucune formation pour s'initier aux codes du manga. Comme au Japon, les artistes français ont souvent commencé en dessinant leurs héros préférés dans les marges de leurs cahiers.

La rencontre qui change tout

Pour s'entraîner, Shonen s'applique à réaliser des illustrations et travaille sa technique en enchaînant les crayonnés. C'est en 2006 qu'une rencontre va tout changer... "Un éditeur m'a proposé de faire du manga de création. À l'époque, je ne savais même pas encrer !" Après une légère hésitation, Shonen accepte et se forme sur le tard à la réalisation de planches. Sa capacité de travail est un atout. "Si je veux apprendre quelque chose, je me lance dedans !", déclare le dessinateur.

Son talent est alors remarqué par plusieurs éditeurs, dont Ahmed Agne des éditions Ki-oon. Il faudra cependant attendre 2015 pour que débute une collaboration entre les deux hommes. Entre-temps, il travaille pour Pika édition et produit une série, "Lords of Chaos", malheureusement interrompue après deux volumes. En tant que précurseur du "Global Manga", il est à ce jour l'un des rares auteurs francophones dont les œuvres ont été publiées par différents éditeurs.

Un métier créatif et exigeant

Shonen est catégorique : c'est par passion qu'il s'est lancé dans l'aventure. "J'aime dessiner !", explique-t-il sans lever les yeux de sa planche en court. Créer de nouveaux univers est ce qui lui plaît le plus, même si avoir sa propre série lui laisse moins de temps pour réfléchir à de nouveaux concepts. Pour le reste, le métier de dessinateur est très exigeant et demande beaucoup de temps : il faut penser le scénario, réaliser les crayonnés, encrer les planches et recommencer encore et encore. Au final, une planche peut demander entre sept et huit heures de travail. À la différence des auteurs japonais, les mangakas français ne peuvent pas compter sur des studios remplis d'assistants. Mais le rythme de rendu des planches est moins intense que celui de leurs confrères publiés dans des magazines hebdomadaires.

Gardez la tête froide...

À tous ceux qui veulent suivre ses traces, Shonen conseille d'être particulièrement courageux : "Les éditeurs commencent à peine à s'intéresser à la création. Ceux qui veulent se lancer ont intérêt à vraiment y croire." Outre posséder un talent certain pour le dessin, les courageux doivent garder la tête froide et ne pas se faire d'illusions sur leurs capacités à percer. "Il ne faut pas se lancer dans le métier en se disant forcément qu'on va réussir. C'est une décision qui doit être réfléchie." Un débutant ne peut pas, aujourd'hui, espérer vivre du manga. Il est nécessaire d'avoir, du moins au début, un autre métier à côté, au moins à mi-temps.

Le métier a de l'avenir...

Plusieurs formations spécialisées se sont ouvertes ces dernières années : c'est le cas notamment d'Eurasiam ou de la Human Academy. Attention cependant, ces écoles privées ne délivrent pas de diplôme d'État. De nombreux illustrateurs qui travaillent en France ou à l'étranger sont passés par des formations plus classiques de graphisme ou d'animation, dont certaines (telle l'école des Gobelins, à Paris) ont une excellente réputation. Reste que pour réussir, il est nécessaire d'être d'avoir du talent : seuls les meilleurs peuvent espérer décrocher un contrat d'édition.

Pour aller plus loin : Romans, BD, mangas : 10 lectures d'été pour briller à la rentrée / Salon du Livre : la fabuleuse histoire d'étudiants en master devenus éditeurs / Trendy Manga : "Erased", le chef d'œuvre qui remonte le temps

Sommaire du dossier
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