Arts appliqués

Vous pouvez être créatif dans de nombreux domaines : le design, la mode, l'architecture intérieure, la publicité… Un passage par une école s’impose pour faire éclore vos talents.

Description

Arts appliqués

Quel est le point commun entre un professionnel qui va réaliser les affi­ches de publicité pour la campagne Vuitton, celui qui va créer le nouveau sac à damiers de la marque et celui qui concevra l’intérieur de la prochaine boutique ? Même s’il s’agit de métiers différents, ces professionnels sont tous des créatifs formés dans des écoles d’arts appliqués. Ces établissements préparent à quatre grandes familles de métiers : la communication visuelle, le stylisme, l’architecture intérieure et le design d’objet.

Les MANAA : une année obligatoire pour les bacs généraux

Les titulaires d’un bac général (hors bac STD2A) doivent suivre une année de MANAA (mise à niveau en arts appliqués) avant d’intégrer un BTS (brevet de technicien supérieur) ou un DMA (diplôme des métiers d’art).

Les élèves de terminale émettent trois vœux sur le site APB (Admission postbac) et envoient leur dossier à chacune des écoles visées. L’entrée est très sélective. Les MANAA les plus prisées sont celles des écoles supérieures d’art parisiennes.

L’objectif est de donner, à raison d’une trentaine d’heures par semaine, les bases communes aux métiers de la création artistique. La MANAA dispense ainsi, en plus des cours généraux (maths, physique, langues…), des enseignements tels que l’expression plastique ou l’histoire de l’art. La pédagogie est riche et le rythme scolaire intensif. Sur les trente-trois heures de cours hebdomadaires se rajoutent des travaux personnels.

Seuls les meilleurs candidats pourront intégrer les BTS des écoles d’art les plus cotées. Le mieux est de choisir la MANAA de l’établissement que l’on souhaite intégrer à terme.

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Les BTS, DMA et DSAA : de bac+2 à bac+4

Les BTS (brevets de techniciens supérieurs) d’arts appliqués sont nombreux : étude et réalisation d’agencement ; concepteur en art et industrie céramique ; ­design graphique (options communication et médias imprimés ou communication et médias numériques) ; design d’espace ; design de mode textile et environnement (options textile, matériaux, surface ou mode) ; design de produits ; design de communication espace et volume.

Les DMA (diplômes des métiers d'art), quant à eux, forment en deux ans des spécialistes plus pointus de la conception, par exemple en costumier réalisateur, cinéma d’animation ou en art du bijou et du joyau. La formation inclut l’élaboration d’un projet et permet à l’étudiant de se former un à deux mois en entreprise.

À la suite d’un BTS ou DMA, les étudiants peuvent poursuivre en DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués) en établissement public pendant deux ans et ainsi élever leur niveau de qualification. Quatre mentions sont aujourd’hui pro­posées pour le DSAA design : espace, graphisme, mode et produit.

Le DSAA forme des concepteurs-créateurs à même de prendre des responsabilités au sein d'un bureau de création ou d'une agence. Le diplômé sera ainsi formé pour exercer les métiers d’architecte d’intérieur, webdesigner, graphiste, styliste de mode, illustrateur, etc.

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Les écoles : l’embarras du choix

Pour effectuer ses deux premières années d’études supérieures, certaines écoles publiques sont très réputées et donc très sélectives comme l’École Boulle (ameublement et architecture intérieure), l’ENSAAMA Olivier-de-Serres (architecture intérieure), l’ESAA Duperré (mode), l’ESAIG Estienne (création graphique) à Paris, ou l’ESAAT (École supérieure des arts appliqués et du textile) à Roubaix.

Les écoles nationales supérieures d’art, telles l’ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs) et l’ENSCI-Les Ateliers (École nationale supérieure de création industrielle) préparent des diplômes à bac+4 ou bac+5. Elles sont accessibles sur concours et la sélection est rude : seuls les meilleurs dossiers sont admis parmi des centaines de candidatures.

La prestigieuse ENSAD à Paris dispense dix spécialisations. Après une année de formation générale, les étudiants choisissent leur spécialité, qu’ils étudieront durant trois ans. Enfin, la dernière année est consacrée à l’approfondissement d’un domaine. Le concours est difficile : après un oral pour présenter son dossier, les sélectionnés planchent sur une épreuve de création et passent un oral de culture générale artistique.

Toute autant sélective, l’ENSCI-Les Ateliers présélectionne les candidats sur dossier (incluant notamment des travaux personnels), avant d’organiser une journée d’entretiens et d’épreuves individuelles et collectives. Au cours de leur formation, les élèves doivent mener à bien un stage de projet professionnel et ont la possibilité de passer un semestre à l’étranger.

Il existe également de nombreuses écoles privées formant au ­design (Camondo, Strate École de design, École de ­design de Nantes-Atlantique…), au graphisme (École Intuit.lab, ECV…), au stylisme (Esmod, ECSCP, LISAA, Studio Berçot), au modélisme (AICP) et à l’architecture intérieure (Académie Charpentier, ESAG Penninghen, ESAM Design, ESAIL…).

Les études durent entre trois et cinq ans et certaines formations ont un titre certifié inscrit au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) qui permet de connaître le niveau de qualification des diplômés. Certaines écoles sont reconnues par l’État, l’École de design de Nantes-Atlantique est également membre de la CGE (Conférence des grandes écoles).

Dans ces établissements, la première année est bien souvent une année préparatoire aux concours des écoles d’art publiques ou permet de poursuivre dans l’établissement.

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Les écoles d’art du ministère de la Culture : des spécialisations

Il existe une quarantaine d’écoles d’art relevant du ministère de la Culture, qui se sont regroupées récemment. Recrutant sur concours, elles ne proposent pas toutes des formations en arts appliqués, la majorité assurant une formation très axée sur l’art contemporain.

Cependant, chacune a une coloration particulière. La Haute École des arts du Rhin de Strasbourg, par exemple, est réputée en illustration, l’École supérieure d’art et de design de Reims en design produit, l’École européenne supérieure de l’image Poitiers-Angoulême, est connue pour son cursus en bande dessinée, et l’École nationale supérieure d’art de Limoges, pour sa formation tournée vers la céramique contemporaine.

Avec des frais de scolarité re­lativement bas, ces écoles publiques ont des petites promotions et proposent un matériel suffisant.

Ondine, 21 ans, en deuxième année de DSAA à l'École Boulle, à Paris

Ce qu'elle voulait faire. Architecte d'intérieur. “J'ai toujours pris des cours d'arts plastiques. J'ai commencé à me documenter sur la MANAA [mise à niveau en arts appliqués] au lycée. Je me suis inscrite à l'École Boulle après le bac. Cela m'a permis d'aborder le graphisme, le design d'espace, de produit...”
Ce qu'elle fait aujourd'hui. Des arts appliqués. “J'ai poursuivi en BTS design d'espace, dans ce même établissement qui privilégie encore le travail de la main. Aujourd'hui, je suis en deuxième année de DSAA [diplôme supérieur d'arts appliqués] territoires habités. C'est davantage tournée vers la théorie et la recherche. Cela m'a permis de faire un stage dans une agence d'architecture à Tokyo. Je me suis intéressée à la pratique japonaise, qui est différente.”

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