Licence, DNMADE ou école d’art : sept critères pour choisir

Par Pauline Bluteau, publié le 02 Decembre 2021
8 min

En fonction de votre projet professionnel, du secteur qui vous intéresse, de la place accordée à la pratique ou du coût financier, vous ne viserez peut-être pas tout à fait la même formation artistique. Entre licence, DNMADE ou école d'art... que le match commence !

Trois principales voies d’accès peuvent vous mener aux métiers artistiques : la licence d’art (arts, arts plastiques, arts du spectacle, musicologie), le DNMADE (avec 14 mentions différentes) et les écoles d’art qui délivrent des diplômes de bac+2 à bac+5 (écoles supérieures d’art et de design, écoles nationales supérieures d’art, écoles supérieures d’arts appliqués ou écoles spécialisées). Retour sur leurs bons (et mauvais) côtés et sur ce que vous ne savez peut-être pas encore sur elles.

Des diplômes reconnus à l’unanimité (ou presque)

Pour cette première manche, les trois formations se retrouvent quasiment sur un pied d’égalité. La licence d’art délivre un bac+3, tout comme le DNMADE qui est un diplôme de grade licence. Pour les écoles d’art, la règle est légèrement différente. La plupart des formations sont reconnues et délivrent leurs propres diplômes de grade licence ou master.

D’autres établissements sortent de ce système, leurs diplômes sont reconnus par les professionnels et le ministère du Travail (qui accorde un titre RNCP) mais pas forcément par l’État. Car lorsqu'il s'agit d'établissements privés, le ministère de l'Enseignement supérieur peut accorder un visa au diplôme délivré, cela signifie qu'il remplit des critères très précis de pédagogie. Cette reconnaissance peut être indispensable si vous souhaitez vous réorienter et bénéficier de passerelles entre différents diplômes.

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Les domaines d’études… un vaste choix en DNMADE

Avec ses 14 mentions différentes, le DNMADE est sans doute la formation qui vous offre le plus vaste choix, allant des arts du spectacle, à l’animation, en passant par le design, la mode, le patrimoine, le numérique… Mais une fois lancé, vous vous spécialiserez directement dans ce domaine. Contrairement à la licence qui reste plus généraliste et vous permet d’envisager les études d’arts dans leur ensemble. Côté écoles, tous les domaines d’études sont également couverts, dans des établissements publics ou privés. Vous commencerez par apprendre les bases et par améliorer votre technique avant de vous spécialiser au fur et à mesure de votre cursus.

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Des cursus d'art exigeants à tous les niveaux

Malgré les idées reçues, l’exigence en études d’art est bien réelle. Ces parcours nécessitent un travail constant, beaucoup d’autonomie et une grande implication.

L’investissement en temps, que ce soit pour les cours, les stages et surtout pour vos projets personnels, est assez conséquent et ne doit pas être négligé. La vie d’artiste ne s’arrête jamais ! Ceci est valable en école d'art mais aussi en DNMADE comme en licence : la rigueur reste de mise et est plus facile à instaurer car les promotions sont plutôt faibles, le suivi est donc très personnalisé.

Une forte sélection… quel que soit le parcours

Pour intégrer ces cursus, c’est surtout votre motivation et votre curiosité qui feront la différence, plus que vos aptitudes artistiques. En licence et en DNMADE, votre dossier scolaire est également scruté. Mais quoi qu’il en soit, partout, la sélection est rude. Les promotions dépassent rarement la trentaine d’étudiants alors que des centaines voire des milliers de candidats postulent chaque année. Certaines licences ont moins de demandes mais sur Parcoursup, les places sont parfois aussi chères qu’en DNMADE. En effet, même si l'université est connue pour accueillir tous les étudiants, les capacités d'accueil ne sont pas extensibles. Dans certaines licences, le niveau artistique (musique, chant, danse, théâtre…) peut donc être décisif mais cela dépend de la poursuite d'études que vous envisagez.

Quant aux écoles d'art, jusqu’en 2021, la plupart conservaient leur propre calendrier et modalités d’admission, hors Parcoursup. Parfois, seulement 1 à 2% des candidats y sont admis. L’année de prépa, facultative, n’est donc pas à tous les coups un gage de réussite, comme beaucoup l’estiment. Au contraire, les établissements attendent des profils variés et surtout curieux d’apprendre.

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Un coût financier important… sauf en licence d'art ?

Côté finances, tout va dépendre de l’établissement que vous choisissez. En licence, les frais d’inscription s’élèvent à 170 euros, auxquels il faut ajouter 92 euros de CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus). En DNMADE comme en école d’art, le coût peut varier de quelques centaines à quelques milliers d’euros (jusqu’à 10.000 euros l’année) selon si l'établissement est public ou privé.

L’apprentissage peut vous permettre de faire baisser la facture puisque la formation est à la charge de l’employeur. Comptez aussi sur les bourses du CROUS, les aides de la région ou de la ville pour vous aider. À noter qu’en plus des frais de scolarité, vous devrez aussi ajouter tout le matériel nécessaire pour réaliser vos projets personnels (peinture, crayons, instruments de musique, ordinateur et logiciels…), y compris en licence.

Mobilité internationale, pratique, stage… un atout en école d’art

Pour ce critère, tous les étudiants ne seront pas exactement logés à la même enseigne. Surtout pour ce qui est de la place de la pratique et des stages. En licence d'art, la formation est axée sur l’analyse et la théorie. Les étudiants sont davantage formés à la recherche ou à la préparation de concours, en vue d’une poursuite d’études. Les stages ne sont pas souvent obligatoires, mais restent néanmoins possibles.

Pour valider votre DNMADE, en revanche, 12 à 16 semaines de stages sont requises. Mais c’est surtout en école d’art que la pratique a tout son sens. De nombreuses heures de cours sont dédiées aux projets personnels et aussi à des conférences et rencontres avec des intervenants extérieurs.

Pour ce qui est des mobilités internationales, elles sont quasi systématiques en milieu de cursus dans les écoles d’art, moins en licence et DNMADE. Mais là encore, elles restent tout à fait possibles notamment avec le programme Erasmus+ et en fonction des partenariats de l’établissement.

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Les débouchés professionnels… tout dépend de vous

Si certains peuvent opter pour une poursuite d’études vers un master ou une école d’art, d’autres peuvent directement entrer sur le marché du travail. Notamment après un DNMADE où les diplômés peuvent travailler comme salarié ou indépendant. La formation, créée en 2018 reste encore trop jeune pour avoir un recul sur l’insertion des jeunes.

Après une licence, les possibilités sont très nombreuses, votre poursuite d’études vous permettra de vous spécialiser dans un domaine plus précis (enseignement, communication, création, spectacle, patrimoine…).

Les écoles d’art peuvent être un atout pour se constituer un réseau et réussir à développer son propre métier. Selon la Cour des comptes, 80% des diplômés des écoles supérieures d’art plastique sont en activité trois ans après la fin de leurs études. Ce qui en fait toutefois le taux le plus faible de l’enseignement supérieur.

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