Cinq choses à savoir sur les études d’architecture

Par Pauline Bluteau, publié le 10 Novembre 2021
6 min

Bien malin celui qui pourrait parfaitement décrire le métier d’architecte… et des études pour s’y préparer. Déroulement du cursus, place accordée à la pratique, profil des étudiants, qualités indispensables, débouchés possibles… On fait le point.

Un peu à part des formations artistiques, les études d’architecture sont finalement assez peu ou mal connues. Pourtant, chaque année, près de 20.000 étudiants poussent les portes des 23 écoles d’architecture, pour la plupart publiques (20 ENSA -écoles nationales supérieures d’architecture-, l’INSA Strasbourg, l’École de Chaillot) et, côté privé, l’École spéciale d’architecture de Paris. Avant d’intégrer l’une de ces formations, toutes extrêmement sélectives, voici ce que vous devez savoir.

1. Des études qui conviennent aux profils scientifiques et créatifs

"Depuis longtemps je cherchais un métier qui touchait à la fois à la sphère créative et à l’esprit scientifique, plus terre-à-terre. L’architecture correspond à mes envies", confesse Eloïse*, en première année à l’ENSA Montpellier. L’art d’un côté et les sciences de l’autre, des mots qui reviennent souvent chez les étudiants en architecture, à la recherche d’un cursus pluridisciplinaire.

Tous les profils ont leurs cartes à jouer, les néobacheliers comme les étudiants en réorientation. "L'architecture est accessible à tous puisqu’on apprend les bases en première année, explique Anaëlle, étudiante en troisième année à l’ENSA Versailles. Moi, par exemple, j’ai obtenu un bac S option sciences de l’ingénieur mais j’ai appris à dessiner à l’école. Cette diversité fait la force de ces études."

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2. Cinq ans d’études minimum pour devenir architecte

Les formations en architecture sont accessibles dès le bac. Le premier cycle dure trois ans et permet d’obtenir un diplôme d’études en architecture (DEEA), comme une licence. Les étudiants se spécialisent les deux années suivantes en vue de décrocher un diplôme d’Etat d’architecte (DEA), de grade master.

"Les premières années, on apprend à observer et on fait beaucoup de dessins techniques puis on passe sur les logiciels et au fur et à mesure, on crée un projet architectural", indique Noémie*, en troisième année à l’ENSAP de Bordeaux. "On entre dans le dur en troisième année. Puis, en master on commence à se préparer à la vie professionnelle", complète Anaëlle.

Après les cinq années d’études, il est possible d’opter pour une sixième année afin d’obtenir l’habilitation à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre (HMONP) qui permet de s’inscrire à l’ordre des architectes.

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3. L’architecture : une multitude de spécialités et de vocations

Mais d'autres spécialisations existent et vous permettent de toucher à une variété de sujets et de métiers. D’abord, la recherche : le doctorat est accessible en trois ans (bac+8), après le DEA.

Deux autres diplômes en un ou deux ans peuvent aussi valoriser votre cursus post-bac+5 : les diplômes de spécialisation et d’approfondissement en architecture (DSA) avec quatre mentions (projet urbain, maîtrise d'ouvrage, risques majeurs, patrimoine) ou les diplômes propres aux écoles d’architecture (DPEA) pour se spécialiser en design, scénographie, construction parasismique, architecture navale ou architecture et philosophie.

Enfin, des double-cursus, en sept ans minimum, permettent d’obtenir à la fois un diplôme d’architecte et d’ingénieur. Dans certaines écoles, il est aussi envisageable de suivre un cursus d’architecte-manager ou de s’orienter vers des études de paysagiste.

À Versailles, Anaëlle a choisi l’option cinéma, photographie et littérature en sciences humaines qui lui permet d’avoir "un autre regard sur les bâtiments, à travers les films". "Les stages nous aident aussi à choisir ce qu’on a envie de faire car ces études sont vraiment très larges, cela peut prendre du temps de se décider", estime l’étudiante en troisième année.

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4. L’autonomie, au cœur des études d’architecture

S’il y a des cours théoriques autour de la construction, de l’histoire, de la sociologie, des cours d’anglais… le cursus d'architecte est surtout axé sur le projet, décisif pour valider son année. Les étudiants doivent réaliser des projets en quelques jours ou plusieurs mois. Leur emploi du temps s’accorde tout à fait avec cette autonomie.

Souvent, les étudiants ont donc un ou deux jours de "libre" où ils peuvent se consacrer à leur projet. "Parfois on est tout seul, en binôme, à 4, 6 voire 15. On travaille beaucoup en groupe, car un architecte ne travaille finalement jamais seul", détaille Anaëlle. "Cette autonomie peut être déroutante, on doit apprendre à gérer notre liberté et tout le travail qui va avec. Un travail qui reste passionnant", poursuit Eloïse.

5. Une remise en question constante sur son travail

Chaque semaine, les étudiants présentent leur travail au reste de la classe et aux enseignants, souvent eux-mêmes professionnels. "Pour réussir en école d’architecture, il faut être prêt à travailler, être ouvert au monde et savoir se remettre en question", prévient Noémie. "Il faut rester motiver car le plus difficile dans ces études, c’est l’oral, savoir s’exprimer, accepter la critique, l’assimiler et retravailler", assure Anaëlle.

Toutes les étudiantes parlent d’un enrichissement intellectuel et d’études-passion où l’investissement personnel est très important. En première année, la remise en question est parfois dure à appréhender avant de devenir une habitude. "Il faut essayer de ne pas prendre les choses trop à cœur et mettre de la distance parce qu’on peut avoir vite tendance à s’oublier dans ces études", conseille Anaëlle.

*Les prénoms ont été modifiés.

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