"Ma vie en école d’art" : des projets conduits en autonomie et du travail encadré

Par Mersiha Nezic, publié le 08 Octobre 2020
4 min

Si vous optez pour une école d’art, vous devrez faire preuve d’autonomie, savoir gérer votre liberté et vous engager à fond. Comment cela se traduit au quotidien ? Trois étudiantes racontent à quoi ressemblent les cours, le rythme d'apprentissage et comment s'articule la conduite des projets entre séances en ateliers et travail à la maison.

Vous rêvez d’intégrer une école d’art et vous vous demandez à quoi ressemblera votre nouvelle vie ? Vous aurez forcément des surprises car ces formations sont très différentes du lycée.

Beaucoup de pratique et des cours en ateliers

Vous allez fabriquer des objets en art et en design, monter des vidéos de performances, présenter des photos, des travaux d’écriture, de dessin, des peintures, des gravures… En toute logique, beaucoup de travail au sein d’ateliers, souvent en autonomie, et peu de cours magistraux sont au programme. "Dans mon école, en 3e ou en 5e année, un projet encadré par l’équipe pédagogique mais conçu personnellement par l’étudiant est évalué. On est très loin de l’apprentissage de cours par cœur à réciter ensuite", explique Téa Laurent, étudiante en design à l’École supérieure d’art et de design (ESAD) de Valenciennes (59).

"Nous sommes formés à être des praticiens avant tout, même si, dans mon école, les cours sont équilibrés entre la pratique et la théorie", explique Éloïse, étudiante en communication à la Haute école des arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg (67). Vous progresserez en travaillant sur des projets. Par exemple, reprend Eloise, "faire de la sérigraphie sur le verre demande une technicité, des encres particulières. Quand on se lance, les questions techniques suivent. Il ne s’agit pas d’apprendre la technique d’un côté et de réaliser nos projets de l’autre".

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Des études qui "font grandir"

"Cela m’a apporté beaucoup. Mon projet est le résultat d’une longue introspection de mes racines et de l’acceptation de celles-ci, raconte Téa. Ce n’est qu’à l’entrée en 3e année, que je me suis rendu compte du potentiel de mon vécu et de ce que cela pouvait m’amener à créer. Je peux dire que le projet personnel nécessite de la maturité et du recul." L’étudiante estime que les beaux-arts "nous font grandir, nous font changer et nous font nous découvrir pour mieux affirmer notre singularité".

L’engagement et l’assiduité sont essentiels. Beaucoup de travail personnel vous attend. Mélissa Ledoux, tout juste diplômée du master Design graphique à l’ECV de Lille (59), travaillait une vingtaine d’heures en plus de la trentaine d’heures de cours hebdomadaire. "J'y ai passé des soirées, des week-ends, mais sans vivre le travail personnel comme une contrainte. L’envie et la passion font la différence pour réussir, plus qu’au lycée."

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Des professionnels transmettent leur savoirs

Attendez-vous à être plus libre, à vous exprimer à travers vos créations. "Si les étudiants ne réagissent qu’à des sollicitations des équipes pédagogiques, comment vont-ils faire à la sortie de l’école ? Devenir artiste, c’est être seul et se poser la question de savoir ce qu’on a envie de dire ou de faire", explique Loïc Horellou, professeur à la HEAR et co-président de l’Association nationale des écoles supérieures d’art et design publiques (Andea).

Vous serez en contact avec des professionnels qui vont vous encadrer et vous proposer un point de vue expert. Un lien fort peut se créer. "On est réunis autour d’une passion commune", poursuit Mélissa. Il ne faudra pas vous laisser déstabiliser, mais être capable d’exposer votre travail aux critiques des spécialistes. Ils nourriront votre formation en vous faisant des retours sur vos travaux. Le bon tuyau pour vous préparer ? Rencontrez d’anciens élèves, regardez leurs travaux, allez aux portes ouvertes…

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