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Décryptage

Les étudiants en chirurgie dentaire grincent des dents contre la Sécu

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Les étudiants en chirurgie dentaire de Reims ont posté sur les réseaux sociaux une vidéo virale pour exprimer leurs revendications. // © Capture d'écran
Les étudiants en chirurgie dentaire de Reims ont posté sur les réseaux sociaux une vidéo virale pour exprimer leurs revendications. // © Capture d'écran

Presque tous les étudiants en chirurgie dentaire rempilent pour une 4e semaine de grève. Avec les négociations en cours entre les dentistes et la Sécurité sociale, ils craignent pour leurs futures conditions d'exercice. Et le font savoir sur les réseaux sociaux.

Les étudiants en chirurgie bucco-dentaire ne décolèrent pas. Voilà quatre semaines qu'ils sont en grève. Chapeautés par l'Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), leurs actions coup de poing éclatent partout dans l'Hexagone : périph barré à Lille, tramway bloqué à Reims, portes de l'Assurance maladie murées à Nancy.

Grève ? A partir de leurs 4e année d'étude, les futurs chirurgiens-dentistes assurent en effet une grande partie des soins dans les CHU. Ils y multiplient les actionsUne contestation d'envergure nationale, qui ne faiblit ni dans les services hospitaliers, ni sur les réseaux sociaux. Extrêmement actifs sur Twitter, les futurs manieurs de fraises et de bistouris se sont regroupés autour d'un mot-dièse (hashtag), qui n'a pu naître que dans l'esprit d'un futur chirurgien dentaire : #DENTger.

Il y a danger, clament-ils, pour leurs futures conditions d'exercice et pour les futurs remboursements de soins, en particulier pour les plus pauvres. Selon les chiffres avancés par l'UNECD, la mobilisation est on ne peut plus massive : 95 % des étudiants de chirurgie dentaire, dans chacune des 16 facultés d'odontologie, seraient grévistes. Soit 6.500 étudiants en tout.

Les étudiants contre le plafonnement des tarifs

À l'origine de ce tumulte ? Non pas leurs conditions d'études, mais des négociations entre l'Assurance maladie et les syndicats dentaires qui ont capoté. Depuis septembre 2016, la Sécurité sociale (dont dépend l'Assurance maladie) et les dentistes discutaient de la tarification des soins dentaires : prothèses, implants... La Sécu s'est engagée à améliorer l'accès aux soins dentaires en plafonnant le prix des actes pour les prothèses. Des actes qui représentent la moitié des revenus des dentistes. En contrepartie, elle s'engageait à réhausser les tarifs des soins de base (caries, détartrages...). Insatisfaits par l'offre mise sur la table, les syndicats ont suspendu leur participation, et l'UNECD s'est alignée sur leur position.

Lire aussi : Quels débouchés en chirurgie dentaire ? 

À la faculté dentaire de Reims, les étudiants ont résumé leurs points de désaccord via une vidéo virale, en musique :

L'accord ayant échoué, le ministère de la Santé, piloté par Marisol Touraine, a désigné un arbitre qui décidera ce que contiendra la nouvelle convention. Une intervention qui fait grincer des dents l'UNECD. Sur Twitter, les détournements mettant en scène la ministre vont bon train :

Des méthodes de soins apprises à la faculté, non remboursées

Autre problème, arguent les étudiants, les techniques de soins qu'ils apprennent à la faculté ne seraient pas applicables, puisque la Sécurité sociale ne les rembourse pas. "Les soins de gencives par exemple, ne sont pas pris en charge, alors les gens y renoncent. On apprend aussi à la faculté à faire des onlays, qui sont de minuscules prothèses, pour une petite réparation de la dent, mais le remboursement n'est que de 40 €. Les patients préfèrent passer par une solution traumatique pour la dent, c'est-à-dire de poser une couronne, qui elle, est remboursée", abonde Jérémy Glomet, président de l'UNECD. 

À leurs yeux, le véritable problème est le remboursement des soins par la Sécu. Ces derniers n'ont pas augmenté d'un iota depuis 1988, contrairement au coût des matériaux employés par les dentistes.

Il reste un mois avant que l'arbitre ne rende sa décision. Les étudiants de l'UNECD ont bien l'intention de peser. Mais entre la Sécu et les dentistes, pas sûr que l'abcès soit crevé de sitôt.

Pour aller plus loin : À Toulouse, le stress de la PACES soigné par la sophrologie et l’hypnose