Les lycéens découvrent Parcoursup avec une pointe d’incertitude

Par Thibaut Cojean, publié le 29 Janvier 2021
5 min

Une fois n’est pas coutume, le choix de leurs vœux sur Parcoursup n’est pas le premier facteur de stress pour les lycéens. Après deux années sans épreuves à suivre un enseignement hybride, ils craignent de ne pas être au point pour le supérieur.

Alors que le monde de l’enseignement avance à pas feutrés, la planète Parcoursup, elle, continue de tourner. Depuis une dizaine de jours, les élèves de terminale peuvent s’inscrire sur la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Et pas question de perdre du temps : le calendrier d’orientation n’attendra pas les retardataires !

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Inscription dans le cadre du lycée

"On a fait notre inscription en cours, avec notre prof principale, témoignage Tess, en terminale générale au lycée Auguste Renoir d’Asnières-sur-Seine (92). On a commencé à rédiger nos CV et à faire quelques vœux." La jeune fille a déjà listé trois facs de droit et va "réfléchir à une stratégie en découvrant la plateforme".

Son travail de recherche a déjà commencé : "Grâce à la carte interactive, j’ai trouvé d’autres pistes, et les fiches des formations ont des éléments intéressants, comme les taux d’admission." Cela l’a notamment menée vers une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) qu’elle juge utile pour "rattraper le retard pris à cause du Covid", et qui lui permettra aussi de "partir à l’étranger en 2e année".

Tess, en terminale générale au lycée Auguste Renoir d’Asnières-sur-Seine.
Tess, en terminale générale au lycée Auguste Renoir d’Asnières-sur-Seine. // © Photo fourni par le témoin

Son lycée n’est pas le seul à accompagner ses élèves dans la procédure. Clara, scolarisée à Henri IV, à Paris, s’est inscrite vendredi dernier, mais "les profs ont vérifié dès lundi qu’on était bien inscrits et qu’on n’avait pas eu de problème". Petit coup de pression supplémentaire : "Ils veulent qu’on termine nos vœux avant les vacances de février, pour éviter les problèmes de dernière minute."

Se laisser le temps de réfléchir

Heureusement, Clara s’était renseignée en amont et a les idées assez claires : elle postulera dans plusieurs instituts d'études politiques (IEP) et licences de droit. Lui reste à explorer d'autres possibilités. "Je m’intéresse aussi à la prépa ECG (prépa économique et commerciale voie générale, NDLR), mais c’est beaucoup de travail, admet-elle. Et mes parents veulent que je demande une formation non sélective, au cas où."

Confiante, Léa, élève à l’Institution du Sacré Cœur de La Ville-du-Bois (91), compte pour l’instant se contenter de vœux sélectifs, en BUT info-com ou technique de commercialisation et en BTS commerce international. Elle n’a pas de projets de carrière précis en tête, mais souhaite "travailler à l’étranger" et étudier dans des formations offrant un cadre plus strict que l’université.

Elle prend tout de même le temps de la réflexion : en plus de parcourir les fiches formations, elle participe à des journées portes ouvertes virtuelles pour poser des questions aux profs et étudiants.

Léa, élève à l’Institution du Sacré Cœur de La Ville-du-Bois.
Léa, élève à l’Institution du Sacré Cœur de La Ville-du-Bois. // © Photo fournie par le témoin

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Soulagées mais stressées par l’annulation des épreuves de spécialités

Les lycéennes ne confondent donc pas vitesse et précipitation, et laissent à plus tard les derniers détails, comme la finalisation de leurs dossiers. Elles pourront profiter des prochaines semaines, déchargées d’une intense période de révisions, après l’annulation des épreuves de spécialité de mars.

Pour ces élèves qui ne fréquentent leur lycée qu’à mi-temps, cette annulation a été vécue comme un soulagement. "On aurait dû terminer deux chapitres par semaine, souffle Léa. On va pouvoir ralentir la cadence." Clara abonde : "Certains profs sont allés le plus vite possible en prévision des épreuves de mars."

Pour autant, elle aurait préféré que les épreuves soient simplement reportées. Tess est du même avis : "Au moins, on aura le temps de finir les programmes, mais préparer des épreuves nous aurait aidés à faire des dissertations, développer nos idées."

D’une manière générale, elles craignent de ne pas être à la hauteur l'année prochaine, après deux années marquées par la crise sanitaire. "Les partiels m’inquiètent, confesse Clara. J’espère que les universités vont s’adapter à nous." En guise de compensation, plusieurs bacs blancs maintiendront la pression et l’implication, avec l’objectif de décrocher une mention grâce au contrôle continu.

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