Permis de conduire : la réforme en route

publié le 13 Janvier 2009
5 min

Moins long, moins cher et surtout plus sûr. Mardi 13 janvier 2009, François Fillon, le Premier ministre, a levé le voile sur le nouveau permis de conduire. La réforme du papier rose s’organise autour de six grands thèmes.

Sachant qu’un candidat sur deux échoue à son premier passage à l’examen du permis de conduire. Sachant qu’il faut en moyenne de quatre à six mois (en région parisienne) pour se représenter à la pratique. Si on compte une heure de conduite par semaine à 40 € pour ne pas perdre la main, on obtient une facture de 1.000 à 1.500 €. Un vrai problème pour le gouvernement qui a choisi de revoir tout cela. Objectifs : "fluidifier" le dispositif, obtenir un taux de réussite de 65 % et du coup baisser le coût du papier rose. La réforme prévue initialement pour octobre 2008, déjà repoussée à la fin de l’année, vient finalement d’être lancée avec deux semaines de retard. Compte-rendu en six thèmes et quinze points.

Les coups de pouce financiers
Le permis de conduire coûte cher aux candidats. Des mesures d’aide au financement ont déjà été mises en place, mais celles-ci ont des limites. "Le permis à un euro souffrait d'un handicap: ceux qui en avaient le plus besoin ne pouvaient pas l'obtenir parce qu'il fallait une caution bancaire pour obtenir le prêt", a reconnu François Fillon. Une caution publique (fournie par l’Etat) va donc être mise en place. Le gouvernement compte ainsi toucher 20.000 jeunes. Par ailleurs, 15 millions d'euros seront dédiés aux bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) "qui ont besoin du permis pour accéder à un emploi". Cette mesure devrait concerner 15.000 personnes.

Plus de places à l’examen et des candidats prioritaires
Le but est de permettre aux candidats de passer ou repasser le permis plus rapidement, en trois mois maxi, de l'inscription à l'épreuve pratique. Pour cela, 370.000 places d’examen devraient donc être créées sur trois ans. Mais dès 2009, François Fillon en a promis 120.000. Le chef du gouvernement a également annoncé l’embauche de cinquante-cinq inspecteurs. Par ailleurs, dans les départements où les centres d’examen sont très encombrés, des places seront réservées aux candidats ayant une promesse d'embauche.

Des tâches administratifs simplifiées
Les candidats pourront commencer leurs leçons de conduite avant que leur dossier d’inscription ne soit enregistré à la préfecture. Le délai réglementaire d'un mois entre l'enregistrement du dossier du candidat et la présentation à l'épreuve de code sera supprimé en avril 2009.

Des épreuves modernisées
Les questions du code seront totalement revues et l’épreuve se passera sur ordinateur individuel d’ici à deux ans. La conduite prendra plus des allures de "bilan de compétences" plutôt que de "relevé des erreurs". Les examinateurs devraient prendre davantage en compte le comportement du candidat, moins ses fautes. Un stop "glissé" ou un créneau raté ne seraient donc plus éliminatoires, au grand dam des associations de prévention routière qui parlent de permis "bradé".

Plus de conduite accompagnée
La conduite accompagnée sera "encouragée". Aujourd’hui, 30 % des candidats passent par elle. Le gouvernement aimerait atteindre les 50 % d’ici à 2012. Les conducteurs "précoces" obtiennent en effet un taux de réussite de 70 % contre 55 % en moyenne. Ainsi, dès la fin du premier semestre 2009, l’âge minimum de l’accompagnateur – 28 ans aujourd’hui – sera abaissé et celui-ci ne fera plus nécessairement partie de la famille. Par ailleurs, après 20 heures de cours de conduite ou après un échec à l’examen, un candidat de plus de 18 ans pourra pratiquer la conduite accompagnée pendant trois mois minimum en parcourant au moins 1.000 km. Cette mesure devrait être effective dès juin 2009.

Un rendez-vous post-permis
Un rendez-vous obligatoire, six mois après l’examen, devait permettre de contrôler que les jeunes conducteurs ne s’affranchissaient pas des règles de conduite une fois le papier rose en poche. Ce point n’a pas été acté et doit encore être discuté avec les compagnies d’assurance et les auto-écoles. François Fillon a jugé que la mesure n’avait "de sens que si elle était obligatoire" mais ne veut pas qu’elle soit exclusivement financée par l’Etat. Le chef du gouvernement a rappelé que les "18/24 ans étaient la seule catégorie à ne pas avoir profité de la baisse de la mortalité routière en 2008, avec + 1,7 % de tués".


Privés de permis

Nouvelle formule ou pas, certains vont être privés de permis. En effet, le gouvernement a indiqué que les personnes reconnues coupables d’avoir incendié des voitures seront interdites de conduite et ne pourront pas passer le permis de conduire. "Cette interdiction pourra, le cas échéant, être levée s'il est établi qu'elles ont entièrement remboursé la victime", a indiqué le Premier ministre.


Virginie Bertereau
13.01.2009



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