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Enquête

5 raisons de viser un métier de l’agriculture

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40% des salariés des exploitations agricoles sont des salariées. // © ©Robert KLUBA/REA
40% des salariés des exploitations agricoles sont des salariées. // © ©Robert KLUBA/REA

Le Salon international de l’agriculture ouvre ses portes samedi 22 février à Paris jusqu’au 1er mars. Malgré les attaques dont elle fait l’objet et face aux défis qui l’attendent (transition écologique, nouvelles technologies…) l’agriculture reste un secteur d’avenir et évolue : nous aurons toujours besoin de nous nourrir ! Et le secteur propose des métiers et de l’emploi à tous les niveaux de formations.


1. L'agriculture recrute 50.000 salariés permanents !

Plus d’1,1 million de personnes travaillent dans l’agriculture (1.136.000 précisément en 2018, selon la Mutualité sociale agricole), dont 477.000 non-salariés et 659.000 salariés. L’agriculture fournit aussi du travail à quelques 800.000 travailleurs occasionnels embauchés en contrat saisonnier le temps de la taille, de la récolte ou des vendanges.

Les 448.500 chefs d'exploitation que compte encore la France recrutent bon an mal an 50.000 salariés permanents pour des postes de plus en plus qualifiés : CAP agricole au minimum (CAPA), bac pro et de plus en plus BTS agricole (BTSA), nécessaire aussi pour devenir exploitant agricole. Ainsi, le secteur des grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux…) requiert des connaissances techniques et économiques de plus en plus pointues. "Dans ce secteur, les formations supérieures sont les plus demandées, en particulier les titulaires d'un bac+2, qui concernent 62% des offres d'emploi", constate l'Apecita, l'équivalent de Pôle emploi dans l'agriculture.

2. Tractoriste ou maraîcher, des métiers en pointe

"10.000 emplois restent non pourvus dans le secteur de la production agricole", déplore Mickaël Jacquemin, agriculteur et président de l’ANEFA, l’association nationale pour l’emploi et la formation de l’agriculture. "Quelle que soit la filière, nous manquons de tractoristes qualifiés". Pour conduire le tracteur ou tout engin agricole, le CAP agricole (CAPA) suffit de moins en moins et le bac pro, voire le BTS agricole (BTSA), sont de plus en plus exigés. "Tout le monde sait tenir un volant mais nous avons aussi besoin de conducteurs d’engins capables de maîtriser la gestion de chantier et toute la technologie embarquée sur les machines", explique Mickaël Jacquemin.

Le secteur de l’agriculture par exemple peine à pourvoir les postes d'agents viticoles et de tractoristes. De même le maraîchage connait des difficultés de recrutement. Un tiers des offres ne trouvent pas preneurs, principalement les postes d'agents de cultures légumières ou fruitières et les chefs de culture. D'après les recruteurs, ces filières attirent peu les jeunes diplômés. L'élevage d'animaux de troupeaux (bovins et porcins surtout) souffre lui aussi d'un manque d'attractivité.

Les exploitants recherchent des profils qualifiés maîtrisant les gestes techniques du métier mais possédant aussi les connaissances sur des sujets connexes : contraintes environnementales, qualité et traçabilité des produits, bien-être des animaux…

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3. Horticulture et paysage : des filières porteuses d’emplois

Fleurs, fruits et arbustes vous bottent ? Vous tombez bien : pépinières et entreprises horticoles recrutent. Le secteur horticole est l'un des secteurs agricoles qui emploie le plus de main d'œuvre salariée. Ses 3.800 entreprises emploient plus de 10.000 salariés permanents (hors saisonniers). Alors que l'immense majorité de la population vit en ville, le besoin est fort de garder le contact avec la nature : compositions florales, espaces verts, murs végétalisés… Production fruitière, cultures légumières ou ornementale, les secteurs de l'horticulture recrutent d’abord à des postes de production.

Autre secteur florissant : celui des travaux paysagers (paysages, jardins, espaces verts). Les 29.100 entreprises de travaux paysagers emploient 70.300 salariés et recrutent très majoritairement en CDI (plus 84,5%). Elles recrutent à tous les niveaux de formation, du CAP à bac+6 : élagueur, ouvrier paysagiste, chef d'équipe… Mais d'après le site d'offre d'emplois de l'Apecita, les niveaux de formation les plus demandés sont le bac et le BTS.

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4. L'agriculture se féminise

Bienvenue aux filles ! 40% des salariés des exploitations agricoles sont désormais des salari-é-e-s. Des métiers jugés autrefois trop physiques sont rendus accessibles grâce aux nouvelles technologies et à la mécanisation. "Je mesure 1m57, je pèse 50 kilos et je m'en sors très bien", sourit Noémie, 23 ans, agent d'élevage laitier en Loire-Atlantique, qui doit nourrir, soigner et traire 70 vaches dans une ferme.

De même, les chefs d’exploitation agricole sont pour un quart des cheffes (24% en 2018). Mieux : les femmes comptent pour 40% des nouvelles installations avec 5.700 exploitantes. Ainsi Magali, ancienne factrice à La Poste, a effectué une reconversion professionnelle en 2016 pour devenir aujourd'hui éleveuse de chèvres à Morsain, dans l'Aisne. Quant à Anaïs, 33 ans, si elle exerce à titre principal le métier de commerciale, elle est aussi agricultrice à titre secondaire. "Je suis éleveuse de chevaux percherons et de vaches charolaises dans la Nièvre comme l'étaient mes grands-parents. J'ai grandi entourée de chevaux et de vaches pendant les vacances", confie la jeune femme passionnée par les animaux.

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5. L'agriculture propose de nombreuses voies de formation

190.000 jeunes choisissent chaque année de se former à l'enseignement agricole. Vous pouvez les rejoindre et vous préparer aux métiers de l'agriculture dans le secteur public comme dans le privé. Le ministère de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt exerce la tutelle de l'enseignement public agricole. Sur le site educagri.fr, vous trouverez l'ensemble des établissements de formations publics, soit environ 1.200.

Pour l'enseignement agricole privé, trois fédérations d'établissements existent. Les 430 maisons familiales rurales forment chaque année 95.000 jeunes. De son côté, le Conseil national de l'enseignement agricole privé (CNEAP) regroupe 379 établissements et forme 56.000 jeunes (dont 6.000 apprentis) de la 4ème à l’ingénieur. Enfin, l’UNREP regroupe une centaine d'établissements et de centres de formation.

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