De l’artisanat au digital : quels métiers se cachent derrière le secteur du luxe ?

Par Cécile Marchand-Ménard, publié le 20 Janvier 2021
5 min

Vous rêvez de transmettre un patrimoine artisanal ou historique ? Les marques Dior, Louis Vuitton ou Chanel vous fascinent ? Les métiers du luxe pourraient bien vous intéresser. D’autant que le secteur, résiliant et innovant, recrute dans des branches parfois insoupçonnées.

LVMH, Kering, Hermès, L’Oréal … Les grandes maisons hexagonales à la renommée internationale font de la France le leader mondial sur le marché du luxe. Selon Bénédicte Epinay, déléguée générale du Comité Colbert, engagé dans la promotion du luxe français, le secteur représenterait près d’un million d’emplois directs et indirects sur le territoire : "Malgré la crise sanitaire, dix de nos maisons ont des projets de nouveaux sites en France. Le secteur reste fortement employeur".

Du luxe expérientiel (hôtellerie, restauration, tourisme) au luxe personnel (prêt-à-porter, joaillerie, maroquinerie), une panoplie de métiers, parfois méconnus, compose ce pan de l’économie. Delphine Laffitte, consultante dans le secteur "retail" et luxe auprès de maisons prestigieuses confirme : "Il y a du luxe dans tous les domaines : des équipements d’équitation, au vin, en passant par l’hôtellerie. Cela va du savoir-faire artisanal, à la vente. Le luxe ne se limite pas au développement produit".

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Artisans du luxe : des métiers d’excellence et de patrimoine

Si vous êtes attiré par les métiers manuels de précision, vous pourriez être tenté par l’artisanat de luxe. Modiste-chapelier, orfèvre ou maître-tailleur perpétuent un héritage précieux. "Le luxe est une industrie de temps long, articulée autour de la transmission d’un savoir-faire", confie Bénédicte Epinay. "Habileté, sens du détail, envie de se dépasser, goût de l’excellence, mais avant tout la passion" sont de mises, confirme Florence Rambaud, directrice partenariats et prospective des métiers d’excellence LVMH" .

Des qualités souvent récompensées par de belles perspectives d’évolution au sein d’une maison de luxe. Bénédicte Epinay explique : "Les artisans recrutés après un CAP ou parfois sans diplôme peuvent gravir les échelons jusqu’à devenir chefs d’équipes et même être décorés des arts et lettres !". Exercés dans des cuisines prestigieuses, de petits ou grands ateliers, les métiers d’artisanat de luxe recrutent, insiste Bénedicte Epinay : "Le luxe engage à peu près dix mille personnes chaque année dans les métiers de la main".

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Covid-19, digitalisation : les métiers du luxe se réinventent

Si le marketing ou la communication vous attirent davantage, vous pourriez également trouver votre place dans le luxe. Chef de produit, responsable marketing ou …community manager. Depuis quelques années, le métier -qui consiste à assurer la présence d’une marque sur les réseaux sociaux- s’impose dans toutes les grandes maisons de luxe françaises. "Les community managers retranscrivent la qualité et le prestige de marques parfois centenaires auprès des plus jeunes. Il y a une manière de vendre associée à un produit de qualité supérieur, avec une histoire", détaille Alexandre Ferragu, intervenant à l’ESG Luxe.

Le métier, rémunéré en moyenne 2.000 euros bruts mensuels dans le secteur du luxe, est d’autant plus sollicité que la pandémie de Covid-19 accélère le passage au e-commerce. Delphine Laffitte constate : "Les marques de luxe, peu digitalisées, ont été impactées par le confinement. Le digital est désormais au cœur des priorités. Les entreprises de luxe ouvrent des e-shops, sont très présentes sur les réseaux sociaux".

Le confinement a également mis en exergue les spécificités du métier de conseiller de vente en boutique de luxe. "Nos maisons ont confié à leurs vendeurs en magasin des portefeuilles de clients dont ils prennent soin. Le luxe est dans les détails", précise Bénédicte Epinay. Cette disponibilité, le soin apporté à la relation client ainsi que la connaissance parfaite de produits d’exception s’accompagnent bien souvent de salaires supérieurs à ceux d’un conseiller de vente travaillant hors du secteur du luxe. Comptez jusqu’à 2.500 euros bruts en début de carrière contre 2.000 euros dans la vente classique. Alexandre Ferragu détaille : "On peut atteindre des salaires très élevés, notamment en horlogerie en fonction des commissionnements et des résultats des points de vente".

Dernière mutation en date dans le secteur du luxe : une volonté de soutenabilité. Les métiers de responsable développement durable ou expert climatique trouvent de plus en plus leur place, afin d’assurer la conformité d’une marque avec des normes éthiques et environnementales. "Toutes nos maisons développent une sensibilité écologique et éthique", insiste Bénedicte Epinay. De quoi ouvrir le secteur du luxe à de nouveaux profils.

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