Comment je suis devenu ingénieur en nanotechnologies

Par Nathalie Helal, publié le 30 Janvier 2020
7 min

Doué en sciences dès son plus jeune âge, Christophe, 25 ans, a très vite suivi la voie royale pour accéder à un métier où le recrutement bat son plein : ingénieur en nanotechnologies.

9 heures, dans la banlieue d’Annecy (74). Christophe, 25 ans, rejoint son bureau chez Allegro MicroSystems, entreprise américaine de semi-conducteurs au chiffre d’affaires annuel de plus de 700 millions de dollars.
Ici, ce sont les capteurs magnétiques pour automobiles qui occupent ce jeune ingénieur : définition des spécifications de circuits intégrés sur Datasheet, vérification de faisabilité par des simulations sur Matlab (un logiciel de calculs matriciels) et Simulink (logiciel de simulation système).

Des réunions avec la dizaine de personnes qui constituent son équipe et des interactions à distance avec des designers électroniques situés en République Tchèque ou en Amérique du Sud animent également son quotidien. "Je me déplace régulièrement à Prague ou au siège de la boîte, dans le New Hampshire aux États-Unis, afin de rencontrer les équipes marketing", précise Christophe, dont la journée prend fin vers 18 h 30.

L’univers des nanotechnologies ? "Un monde transversal où l’on rencontre tous les enjeux de la physique : électronique, mécanique, thermique, etc., mais à échelle réduite, pour atteindre de nouvelles performances, avec une précision augmentée", résume-t-il.

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La bosse des maths dès le collège et la prépa scientifique après le bac

Au collège Gustave Doré d’Hochfelden (67), son intérêt marqué pour les maths et la physique l’oriente tout naturellement vers une filière scientifique, bien qu’il n’ait pas d’idée précise de son futur métier. Excellent élève, il intègre le lycée du Haut-Barr, à Saverne (67), où il décroche son bac S option sciences de l'ingénieur avec la mention très bien.

Au cours de son année de terminale, la visite d’un intervenant venu expliquer le fonctionnement des classes prépa et les différentes options après les concours provoque chez lui un déclic : "Je me suis dit que c’était fait pour moi, et j’ai foncé en classe prépa du lycée Kléber de Strasbourg (67), filière Maths Physique".

Les Concours Communs Polytechniques en ligne de mire

Débute alors une période de deux ans "pleine de challenges, intense mais épanouissante", durant laquelle le jeune homme, qui adore le "dépassement intellectuel", se sent devenir "méticuleux". Il passe plusieurs concours, est admis quasiment partout, mais seule la voie des Concours Communs Polytechniques (CCP) l’intéresse : "Je voulais uniquement intégrer Grenoble INP-PHELMA, une école publique d’excellence dans le domaine de la physique, de l’électronique et des matériaux".

Son rêve atteint, Christophe suit avec entrain, dès la première année, des cours de physique quantique, physique, statistiques, maths, programmation en langage C, économie et anglais.

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Le master Nanotech MNIS : une formation unique en Europe

Grâce à son classement (il est dans le top 20 de sa promo, ndlr), il rejoint le master conjoint Nanotech MNIS. Ce master international, partagé par trois écoles, est unique en Europe : il permet aux étudiants issus des trois institutions partenaires (EPFL à Lausanne, INP à Grenoble et Politecnico à Turin) de suivre leur cursus tout en complétant un semestre auprès de chacune des institutions.

Durant son dernier semestre de master, à Lausanne, il développe un goût pour l’électronique et la micro-électronique : "La formation en Italie était davantage théorique, celle de Grenoble, plus axée sur le raisonnement et la résolution de problèmes, mais j’ai rencontré à Lausanne des applications concrètes", détaille Christophe.

Entre temps, il a effectué un stage de recherche de quatre mois au laboratoire de la prestigieuse université de Pennsylvanie dont son école, Grenoble-INP, est partenaire. "C’est du même niveau que le MIT ! J’étais entouré de docteurs et de doctorants, je travaillais sur des études de polymères destinés aux batteries lithium, et je vivais sur le campus, une expérience inoubliable !"

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Un début de carrière réussi dans l’univers des nanotechnologies

Fraîchement diplômé, il prend la route de Sophia Antipolis (06), où l’entreprise Thales Underwater Systems l’a recruté pour son stage de fin d’études obligatoire, qu’il a trouvé très enrichissant. Six mois plus tard, il aborde le marché du travail avec un CV en ligne posé sur IC Resources, plate-forme dédiée aux métiers de l’électronique.

Immédiatement repéré par une boîte anglaise de chasseurs de tête, il décroche son premier CDI moins d’un mois après, chez Allegro MicroSystems, où il exerce depuis bientôt trois ans.
"Nous sommes une cinquantaine d’ingénieurs en micro et nanotechnologies au total, dans une entreprise qui compte 4.500 collaborateurs à travers le monde. Je suis fier d’en faire partie, et je la remercie de m’avoir aussi fortement responsabilisé".

Polyvalence, rigueur et compréhension globale de domaines diversifiés sont, selon lui, les meilleurs atouts du "bon" ingénieur de sa branche. "Je sais que si je voulais me reconvertir demain dans l’ingénierie mécanique, cela serait à ma portée, alors que l’inverse n’est pas vrai", conclut Christophe, qui envisage un statut de manager d’équipe pour la suite. De l’infiniment "petit" à l’infiniment "grand".

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