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L'année de césure : comment ça marche ?

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Pour leur année de césure, la majorité des étudiants opte pour des stages en entreprise, de préférence à l'étranger. // © Fotolia
Pour leur année de césure, la majorité des étudiants opte pour des stages en entreprise, de préférence à l'étranger. // © Fotolia

François Hollande l'avait promis en mai 2015. Le 22 juillet 2015, une circulaire ministérielle précise officiellement les modalités de déroulement d'une année de césure. Cette formule permet d’interrompre ses études pendant un an pour effectuer un stage en entreprise, partir à l’étranger ou mener à bien un projet plus personnel. Comment et pourquoi partir ? Quels bénéfices en tirer ? Quels sont les pièges à éviter ? On fait le point.

Année sabbatique, année de mobilité internationale, stage hors cursus... l'année de césure peut porter différentes appellations. Tout comme elle peut prendre des formes multiples : un ou plusieurs stages en entreprise en France ou à l'étranger, un séjour à l'étranger ou un projet humanitaire. Selon une étude publiée en mai 2015 par le réseau des associations Animafac, ce dispositif attire les jeunes : plus d'un sur deux, âgés de 18 à 24 ans, souhaiteraient sauter le pas.

Dans les faits, la plupart du temps, les étudiants optent pour des stages en entreprise, de préférence à l'étranger. À côté des expériences de 9 à 12 mois, la formule "2 stages de 6 mois" a tendance à se développer.

Un "break" surtout proposé en écoles de commerce

La très grande majorité des écoles de commerce et quelques écoles d'ingénieurs proposent ce "break" avant la dernière année d'études. Certains, comme Audencia Nantes, ont même rendu cette césure obligatoire. "Cette année d'internat professionnel en management est totalement intégrée dans notre schéma pédagogique, explique Philippe Dépincé, directeur du programme grandes écoles. Elle se situe en milieu de cursus, entre les 3 semestres fondamentaux et les 3 semestres de spécialisation. Elle a ainsi un rôle essentiel : confirmer ou infirmer les choix de l'étudiant." Lire à ce sujet “Pourquoi se lancer dans une année de césure ?”

Le dispositif est moins répandu dans les écoles d'ingénieurs, sous la pression de la CTI (Commission des titres d'ingénieur). Cette instance, qui donne aux établissements le droit de délivrer le titre d'ingénieur, "estime que la pratique de l'année de césure doit demeurer marginale" car, "globalement, l'allongement de la durée des études d'un an est préjudiciable à l'intérêt des diplômés." Le BNEI (Bureau national des élèves ingénieurs) constate même que "depuis peu, certains établissements dissuadent leurs étudiants de prendre une année de césure."

Passer la barrière de la sélection

À partir du moment où votre école propose une année de césure, vous pouvez postuler, mais sans garantie d'une réponse positive, car bien souvent les places sont comptées.

L'École centrale de Lille a ainsi un quota de 50 césures par promotion de 250 étudiants. La directrice des études, Véronique Le Courtois, dresse une typologie des étudiants qui candidatent : "Il y a tout d'abord ceux qui se cherchent et n'ont pas encore trouvé leur voie. Ceux qui ont un projet plus défini en tête et veulent acquérir une expérience significative dans leur domaine. Ceux, enfin, qui souhaitent profiter de cette année pour donner de leur temps sur un projet qui leur tient à cœur. La composante internationale est de plus en plus une motivation supplémentaire."

Et d'ajouter : "Attention, cette expérience ne convient pas à tout le monde. Il faut tout de même avoir une certaine maturité (lire à ce sujet “Comment préparer son année de césure ?”). Si un étudiant vient nous voir en n'étant pas sur d'avoir suffisamment d'expérience, il en discute avec son référent."

À chaque école son calendrier

Chaque établissement possède sa procédure et son calendrier pour accepter ou non les candidats à la césure (lire à ce sujet “Année de césure, les pièges à éviter”). Impossible d'en profiter sans avoir l'aval de votre établissement d'origine, qui s'engage en contrepartie à vous réintégrer à votre retour. À Centrale Lille ajouter lien, les étudiants intéressés doivent déposer avant le 31 mars un dossier dans lequel ils expliquent leur projet et leur motivation. "Nos refus se fondent la plupart du temps sur des critères académiques, précise Véronique Le Courtois. Il est préférable qu'un étudiant qui doit passer des rattrapages ne parte pas." C'est donc une question de motivation... et de timing.

Sommaire du dossier
Pourquoi se lancer dans une année de césure ? Comment préparer son année de césure ? Année de césure : les pièges à éviter