Dossier : Les métiers de l'informatique et des télécommunications expliqués

Business Intelligence : faciliter la prise de décision managériale



Martin (Moustapha) Houballah est Consultant décisionnel chez Team Partners. Il est titulaire du diplôme d’ingénieur en Systèmes d’Information, obtenu au CNAM (1998), et d’une Maîtrise de mathématiques, obtenue à Beyrouth (1989).

Dans la traduction française de Business Intelligence – Informatique décisionnelle – la notion de « décision » est essentielle pour comprendre les enjeux de ce domaine. En effet, celui-ci a pour mission principale de collecter les données d’une entreprise réparties dans les différents applications de production du systèmes d’information, en vue de les transformer en une information pertinente qui fournira aux dirigeants de cette entreprise une visibilité sur l’ensemble de l’activité traitée et les aidera ainsi à prendre des décisions.

Aujourd’hui, les systèmes d’information des entreprises possèdent de nombreuses applications indépendantes et hétérogènes, chaque domaine (comptabilité, achats, ventes, facturation etc.) ayant son application propre. Il s’agit donc de sélectionner des données au sein de chaque application, de les nettoyer, les transformer, les analyser, les traiter et les transformer, afin d’en alimenter un DataWarehouse (entrepôt de données), cœur du système décisionnel, avec les outils ETL (Extraction Transformation Loader). Une fois les données intégrées dans le DataWarehouse, elles sont restituées dans des rapports ou des cubes.

Le métier en tant que tel

Imaginons qu’un acteur de la grande distribution présent dans toute la France souhaite savoir précisément comment se répartissent ses ventes de boissons. Pour cela, nous allons créer un DataWarehouse modélisé en fonction de besoins définis dans le cahier des charges, que nous alimenterons de données provenant des systèmes d’informations opérationnels de tous les magasins ; l’objectif étant d’élaborer un tableau de bord et d’obtenir des rapports sur le nombre de boissons vendues ou sur le chiffre d’affaires par magasin, type de boisson, mois/année. En règle générale, nous utilisons un cube, c'est-à-dire une base de données multidimensionnelle avec plusieurs axes ou dimensions. Nous pouvons ainsi déterminer combien l’entreprise a vendu de boissons dans un certain magasin (axe 1), le chiffres d’affaires pour tel type de boisson (axe 2) et les ventes durant tel mois ou telle année (axe 3).

Les projets, très variés, se font soit en régie (directement chez le client), soit en forfait (depuis notre entreprise) et peuvent durer jusqu’à deux ans, en fonction des besoins du client. On distingue une première partie consacrée à l’alimentation du DataWarehouse et une deuxième partie à la restitution des données. Le consultant décisionnel intervient en maîtrise d’œuvre et traite directement avec la maîtrise d’ouvrage chez le client, c'est-à-dire avec l’équipe chargée de définir le besoin et le cahier des charges du client.

A titre d’exemple, je suis intervenu à la Banque de France sur un projet décisionnel qui consistait à alimenter un DataWarehouse et deux DataMarts (magasins de données orientés métier ou sujet) à destination d’experts économiques rattachés aux mairies, dans le but de faciliter leurs études économiques et démographiques dans un périmètre donné. Le DataWarehouse étant déjà alimenté, je devais définir et spécifier fonctionnellement et techniquement la façon dont il fallait extraire les données des systèmes opérationnels en production. Cette mission a duré environ six mois.

Les qualités indispensables

Au-delà d’une excellente compréhension des bases de données et d’une bonne connaissance de la modélisation, le consultant décisionnel doit posséder des capacités d’analyse, de synthèse et surtout aimer ce domaine ! Les compétences rédactionnelles sont également primordiales pour évoluer car lorsque l’on accède à la fonction de consultant senior, il est nécessaire de rédiger des spécifications, des cahiers des charges etc.

Les premiers pas

La Business Intelligence étant un domaine vaste, nous laissons aux nouvelles recrues le temps de s’adapter en les mettant sur des projets en forfait, durant lesquels elles pourront être aidées par des consultants plus expérimentés. Des formations sur les outils leur sont proposées et les jeunes consultants deviennent opérationnels au bout d’environ deux ans. Toutefois, les environnements d’intervention varient énormément, aussi bien techniquement, applicativement que fonctionnellement ; il leur faudra donc rester des apprenants et fournir un effort d’adaptation tout au long de leur carrière.

En bref  
Les attraits :
Un métier passionnant et un secteur en pleine croissance, porteur pour les jeunes diplômés.
Les contraintes :
Les outils sont tellement nombreux qu’il est difficile de tous les connaître. Nécessité de s’adapter rapidement lorsqu’il y en a un nouveau.

Et aussi :
Recrutement : quand les candidats sont mis en situation
Jeunes diplômés : jusqu'où vont-ils pour trouver un job ?
10 conseils pour trouver un emploi en temps de crise
Target-Carrières, c'est aussi :
Audit, banque, finance
Conseil en management
Secteur juridique
Ingénieur
Informatique et Télécommunications

Sommaire du dossier
 

blog comments powered by Disqus



Nos guides TARGETcarrières 2014

Target Banques Finance Audit
Target IngénierieTarget Juridique






les entreprises à la une










calcul-salaire