Dossier : Des jeunes diplômés d’écoles de mode témoignent

Travailler dans la mode, vous en rêvez ? Eux l’ont fait ! Leur diplôme à peine en poche, la carrière des jeunes pro que nous avons interrogés est déjà bien lancée. Mais quelle a été leur formation ? Comment ont-ils trouvé leur emploi ? Ils racontent.

Mode - Vincent Schoepfer, 29 ans, créateur de sa propre marque

Ce jeune créateur originaire d’Avignon a les faveurs des magazines de mode, où ses vestes et ses chemises pour homme apparaissent régulièrement. Des publications que Ouarda, son attachée de presse, lui montre avec plaisir. Installé aujourd’hui à Paris, Vincent Schoepfer occupe un atelier rue d’Enghien, à la périphérie du célèbre quartier du Sentier. Ses costumes, ses chemises et ses vestes sont essentiellement vendus dans des boutiques de luxe. Car une chemise "Vincent Schoepfer" est vendue entre 150 et 200 €.

Vincent mode À Esmod, il apprend la technique et la gestion d’une marque
Après un bac scientifique décroché à l’institut Saint-Joseph à Avignon, il s’inscrit à Esmod, d’abord à Lyon, puis à Paris. "J’ai choisi cette école, car on y apprend vraiment la technique." D’autres matières l’ont marqué : "J’ai beaucoup aimé les cours de marketing et de communication, tout ce qui concerne la gestion d’une marque, le choix des visuels par exemple." Si on lui demande quelle est la particularité d’Esmod, il répond : "Ils nous poussent vraiment à nous lancer, car ils sont très pragmatiques, et savent que c’est aussi une façon de pallier un manque éventuel d’opportunités."

Au départ, il vend ses créations aux passants
Après ses études, il se jette dans le grand bain. Pendant le festival de théâtre d’Avignon, il ouvre un garage avec une amie et vend ses créations aux passants. "On cousait la journée, et on vendait le soir, raconte-t-il. Cela nous permettait de payer nos dépenses courantes." Ensuite, après quelques mois passés dans un bureau de tendances, il devient styliste free-lance et créé sa société. "Mon père est chef d’entreprise et ma mère est médecin, je n’ai pas l’exemple du salariat autour de moi", explique-t-il. Et d’ajouter : "D’ailleurs, mon père a pris des parts dans la société, pour rassurer les banquiers."

Également styliste pour des pubs
En 2006, il décroche le prestigieux Prix de la création de la Ville de Paris, doté d’un chèque de 4.500 €. "Mais sans aucun suivi", regrette-t-il. Finalement, il se sépare de son associée, et crée une nouvelle société, seul cette fois, en 2009. Il a aussi de la chance. Le bureau de mode Von Engelswacht le prend sous son aile et lui procure une aide à la logistique. Pour compléter cette activité (qui ne suffit pas encore pour le faire vivre), il est aussi styliste pour des campagnes publicitaires.
"J’en profite souvent pour placer mes vêtements !" avoue-t-il. Et dans le futur ? Il n’exclut pas l’idée de rejoindre un grand groupe : "Plusieurs marques m’ont déjà contacté pour passer des entretiens." Vincent est un garçon plein d’avenir.

> Son conseil : "Il faut se former également à la gestion."

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Sophie de Tarlé

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