DOSSIER : LES STAGES FACE À LA CRISE : RÉPONSES À SEPT QUESTIONS CLÉS
- Avec la crise, y a–t-il moins de stages dans les entreprises françaises?
- En période de crise, les stages mènent-ils encore à des embauches ?
- Avec la crise, les procédures de sélection des stagiaires sont-elles plus drastiques ?
- Quel type de stages faut-il privilégier ?
- Comment repérer les bons stages et les mauvais plans ?
- Stage : les nouvelles dispositions (convention, gratification, stages hors cursus)
- Que faire en cas de litige lors de son stage ?
Des étudiants d’écoles d’ingénieurs qui voient leur indemnisation de stage réduite de moitié par leur entreprise d’accueil, un géant de l’industrie ; une jeune rédactrice en chef d’un célèbre magazine féminin remerciée alors qu’elle était sous convention de stage… la tempête financière touche aussi les stagiaires ! Le point sur l’impact de la crise sur les stages, avec l’expertise de recruteurs et de chargés des relations entreprises d’écoles et d’universités.
En période de crise, les stages mènent-ils encore à des embauches ?
Une tendance se dessine. Avant de recruter, les entreprises prennent leur temps. La durée des missions s’allonge (ou se prolonge). Et le stage fait parfois office de période d’essai. "Une longue expérience permet aux directions des ressources humaines d’observer les étudiants et de mieux cerner les contours de leur personnalité, indique Caroline Cabiro, responsable des stages à Bordeaux Management School (BeM). Elles sont plus prudentes et se placent clairement dans une logique d’anticipation et de pré-embauche." Un peu plus de 57 % des diplômés de l’établissement en 2008 ont signé un CDI avant la fin de leur scolarité contre 47 % en 2007.Un indice : le taux d’intégration des stagiaires
En 2009, le cabinet Ernest & Young a engagé près de 450 stagiaires, dont 80 % vont rester six mois. "Les stages longs sont le meilleur moyen de comprendre les métiers de l’audit ou de conseil et d’être soumis à des challenges plus variés, estime Frédéric Lachmann, associé responsable du recrutement. On leur confie des tâches équivalentes à celles des juniors qui viennent juste de nous rejoindre. Ils sont admis dans les mêmes équipes et suivent les mêmes formations de trois semaines que les assistants débutants." Cet investissement n’est pas anodin : le taux d’intégration de stagiaires signant un contrat (CDD ou CDI) est compris entre 40 et 50 %. "Il est beaucoup plus facile d’incorporer un jeune qui a passé un semestre dans l’un de nos services plutôt que quelqu’un dont on ne connaît pas les motivations."
La logique du gagnant-gagnant
Ce discours, tous les professionnels le répètent à l’envi. "Un stage, c’est du gagnant-gagnant. Les étudiants deviennent opérationnels, découvrent nos valeurs et les possibilités d’évolution. S’ils sont intéressés par notre mode de fonctionnement et si leur profil nous convient, une démarche d’intégration sera lancée. On les considère comme des collaborateurs disponibles, mais toujours dans une logique de formation, explique Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement du groupe Crédit Agricole S.A. Chez LCL, tous les jeunes diplômés qui intègrent la banque de détail sont d’anciens stagiaires ou des personnes ayant accompli un parcours en alternance." En tout, le géant bancaire propose plus de 7 000 stages.
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Mai 2009













