1. Être embauché chez Google : pour “happy few” seulement
Décryptage

Être embauché chez Google : pour “happy few” seulement

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Google // © Google Inc
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Google, Canal+, Veolia, LVMH, EADS… Comment entre-t-on dans ces entreprises stars où rêvent de travailler les étudiants des écoles de commerce et d’ingénieurs ? Quels profils privilégient-elles ? Comment se faire repérer par leurs recruteurs ? Zoom sur ce qui marche pour être pris dans 7 sociétés classées aux premières places du Top 100 Universum des “employeurs idéaux”.

“Vous aimez relever des défis et vous amuser ? Vous avez envie de changer le monde ? Si oui, vous avez frappé à la bonne porte.” Voilà l’entrée en matière alléchante du site emploi de Google ! Pas étonnant que l’entreprise, propulsée dès son apparition en 2007 dans le trio de tête du classement Universum des employeurs idéaux, fasse rêver les étudiants. Mais du rêve à la réalité, la marche est colossale. Voici nos pistes pour faire partie des heureux élus.


Google, la nouvelle religion des geeks

En entrant au siège de Google France (250 salariés), on retrouve aussitôt l’ambiance du film “The Social Network” : open space, couleurs pétantes, gros ballons et look casual chic. Dans les kitchenettes en libre-service (oui, tout est gratuit !) disséminées sur les 2 étages du site parisien, on croise quelques Googlers (personnes travaillant chez Google) en train de “débriefer” leur soirée. Un peu plus loin, après une sculpture d’ours géant aux couleurs de Google, le clou de la visite : la “game room”. Un espace de détente avec baby-foot, écran plat, consoles de jeux, fauteuils massants et jeux de fléchettes. Non, vous ne rêvez pas ! C’est bien là que les Googlers se retrouvent pour partager un verre tous les vendredis soi, à l’occasion du “Thank Google It’s Friday” (“Merci Google, c’est vendredi”)… tout droit tiré de l’expression américaine “Thank God It’s Friday” (“Merci Dieu, c’est vendredi”).


1 million de CV par an

Le site emploi de Google France propose moins de 50 offres d’emploi (en juin 2011). Une broutille au regard du nombre de candidatures adressées au géant du Web. “Dans le monde, Google reçoit 1 million de CV par an”, déclare Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, porte-parole de Google France. Un chiffre stupéfiant, sur lequel aucun détail ne sera donné.
Google est l’une des entreprises préférées des jeunes. Nous recevons donc beaucoup de CV, et le recrutement fait l’objet d’une très forte attention”, résume la porte-parole. Logique ! Quitte à avoir l’embarras du choix, autant sélectionner la crème de la crème.


Bac+5 minimum

“Les 2 fondateurs de Google sont diplômés d’un Ph.D [l’équivalent d’un doctorat] de Standford [l’une des meilleures universités américaines, NDLR], et nous encourageons les candidats à atteindre le maximum de leur potentiel, c’est notre philosophie”, expose la porte-parole. Autrement dit, à moins de bac+5, il est inutile de postuler.

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Au siège de Google France, la nourriture est en libre-service dans les kitchenettes pour les 250 salariés. // © Google Inc


En outre, Google recrute dans les meilleurs établissements. “Nous participons aux forums des Parisiennes, comme HEC, l’ESSEC et l’ESCP Europe”, continue Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce. Des dérogations sont accordées aux Parisiennes “élargies” : l’EM Lyon, l’EDHEC et Audencia. Ainsi qu’à d’autres types de diplômes, sous réserve de sérieux atouts.
Attention, un diplôme prestigieux ne suffit pas ! Pour entrer chez Google, il est impératif d’avoir l’esprit Google, la “Googliness”. De penser et vivre “Googly”. Selon la porte-parole de Google, cela signifie pêle-mêle, “avoir un intérêt pour les nouvelles technologies, être multiculturel, être très engagé dans l’entreprise, la vie associative, ne pas se prendre au sérieux, réussir à évoluer dans une organisation matricielle avec une hiérarchie plate, être un bon team-player et avoir la culture du débat”.


Un recrutement participatif

Pauline Peyronnet, rich media sales specialist chez Google, est diplômée de l’EM Lyon et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires de Paris-Assas. “À force d’entendre les Googlers que je connaissais me dire que les stages étaient très intéressants, qu’on pouvait gérer des projets de A à Z, j’ai décidé de postuler chez Google pour mon stage de fin d’études.” Grâce à son réseau, la jeune femme décroche un entretien. Dans l’entreprise, la cooptation est encouragée (prime à la clé pour les salariés coopteurs). “Nous partons du principe que nos éléments brillants connaissent forcément des gens brillants, justifie Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce. Autant qu’ils nous les recommandent.”

Pauline commerciale google

Pauline, commerciale chez Google, est diplômée de l’EM Lyon et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires de Paris-Assas. // © Google Inc

“Le réseau peut aider à ouvrir une première porte mais il ne fait pas tout”, prévient Pauline. En effet, le candidat est convoqué à une série d’entretiens auxquels participent des membres de toutes les équipes. Chacun donne son avis sur le candidat et l’embauche se fait par consensus. Conséquence : “Connaître un Googler ne suffit pas, il faut aussi convaincre les autres !”
Le stage de Pauline se termine en pleine crise économique, les embauches sont alors gelées. Mais un an et demi plus tard, une opportunité se représente : “Le fait que j’aie été stagiaire n’a rien changé. J’ai suivi le processus habituel, en passant mes entretiens avec des personnes avec lesquelles je n’avais jamais travaillé.” La sauce prend tout de suite, elle a la “Googliness”.


Des questions inattendues

Si vous décrochez un entretien, attendez-vous à des questions insolites. Exemple : combien y a-t-il de fleuristes en France ? “Ce n’est pas la réponse qui compte, mais la créativité et la capacité du candidat à raisonner dans un temps très court”, souligne Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce. Nous voilà rassurés. En revanche, ne vous attendez pas à des questions classiques, du type “Citez vos 5 qualités et vos 5 défauts”.
Ce mode de recrutement participatif, mêlant formel et informel, a été défini par les créateurs de Google, et vise à conserver un esprit start-up dans l’entreprise. Il est appliqué à la lettre dans tous les pays.

Avis aux ingénieurs : des opportunités à saisir chez Google France !
Jusqu’à présent, Google France (250 salariés) était un pôle commercial, et les ingénieurs étaient boudés. La donne va changer fin 2011, avec l’ouverture d’un centre de R&D à Paris. Google projette de doubler les équipes en 2 ans, en commençant par recruter 60 ingénieurs.
Pas de quoi crier victoire pour autant, car le recrutement va d’abord s’effectuer en interne. Les candidats devront être armés de compétences solides : dans l’idéal, un diplôme d’ingénieur (du top 10 des grandes écoles) et un doctorat.

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