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Coupe du monde de rugby en France : 2023 apprentis vont être recrutés

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Roxana Maracineanu, ministre des Sports; Bernard Laporte président de la Fédération française de rugby; Claude Atcher directeur de la Coupe du monde de rugby France 2023; Muriel Pénicaud ministre du Travail. // © Etienne Gless
Roxana Maracineanu, ministre des Sports; Bernard Laporte président de la Fédération française de rugby; Claude Atcher directeur de la Coupe du monde de rugby France 2023; Muriel Pénicaud ministre du Travail. // © Etienne Gless

Le comité d'organisation de la Coupe du monde de rugby, qui aura lieu en 2023 en France, lance un programme pour former en alternance des administrateurs et gestionnaires de club sportifs. Les premiers apprentis devraient être recrutés au printemps 2021.

"Nous avons besoin de spécialistes de l’administration et de la gestion. Un trésorier de club doit être bien formé", explique Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby. Le monde de l’ovalie compte quelques 2.000 clubs de rugby dans l’hexagone et la France organise la prochaine coupe du monde de rugby en 2023.

Le 30 janvier 2020, les organisateurs de la prochaine Coupe du monde ont annoncé la création d'un futur diplôme d'administrateur de club et d'un centre de formation d'apprentis (CFA) qui compte former plus de 2.000 jeunes dans les quatre ans à venir. Ce futur diplôme est en cours de validation.

Le programme de formation s'appuiera en fait sur des CFA régionaux déjà implantés auprès des clubs, des ligues et des fédérations. Les futurs apprentis étudieront en alternance durant deux ans en CFA pour la partie théorique et dans les clubs, ligues et comités départementaux pour l’enseignement pratique où ils se formeront à la fois à l’administration de club et à la professionnalisation du sport.

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Professionnaliser la gestion des clubs

Les futurs apprentis- moitié garçons, moitié filles- qui seront recrutés à partir du printemps 2021, auront en effet pour mission première de professionnaliser l'administration et la gestion des clubs. "Le rugby est devenu un sport professionnel à partir de 1995, les joueurs sont de plus en plus professionnels mais au niveau des dirigeants nous avons du retard", confie Claude Atcher, directeur général de la Coupe du monde de rugby 2023 en France.

"Certains dirigeants de clubs – souvent bénévoles- ne déposent pas de dossier de demande de subventions parce qu’ils ne savent pas les remplir ! Les jeunes que nous allons former seront intégrés aux clubs pour leur permettre de se professionnaliser", poursuit-il.

Participer à la préparation de la Coupe du monde de rugby 2023

"Le programme de formation proposera aussi aux jeunes de les immerger dans la préparation de la Coupe du monde de rugby", détaille Claude Atcher. "Les apprentis passeront trois ou quatre mois d’observation sur les sites où se déroulera la compétition (dix villes en France) pour acquérir l’expérience de l’organisation d’un événement sportif".

Les apprenti(e)s seront également chargés de faire un état des lieux des besoins des clubs qui pourront accueillir après la Coupe du monde l’afflux de nouveaux licenciés : infrastructures, matériels, éducateurs et autres ressources. "En 2009 nous avons perdu des licenciés parce que tout simplement nous n’avions pas assez de ballons de rugby !", soupire Claude Atcher.

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Développer le modèle économique des clubs

Le diplôme en cours d'élaboration sera de niveau bac+3 et permettra de travailler au-delà du rugby dans d'autres clubs sportifs : "Dans la définition du contenu pédagogique du diplôme, il y a la fonction d’administrateur de club mais aussi de nouveaux sujets comme le marketing, le développement économique, la recherche de nouvelles zones de chalandise", précise Claude Atcher.

"On veut donner le maximum de formations aux jeunes pour qu’ils puissent les pratiquer dans un club de rugby mais aussi dans n’importe quel autre type de sport". Car d'autres sports ont besoin aussi de professionnels formés. "Nous avons besoin de cette fonction d'administrateur et de développeur du modèle économique associatif dans toutes les fédérations sportives", explique la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. "Les événements sportifs sont des outils de croissance pour l’économie générale : ils doivent permettre de développer le tourisme dans les territoires au-delà de l’évènement lui-même".

Pérenniser l'emploi pour transformer l'essai

Les 2.000 apprentis formés à l'occasion de la préparation de la Coupe du monde de rugby 2023 pourront pour une part d'entre eux voir leur emploi pérennisé. Les organisateurs tablent sur une prévision de 50 millions de bénéfices et comptent consacrer 15 millions à la pérennisation des emplois créés.

"Tous les bénéfices de la Coupe du monde de rugby doivent aller au financement d’actions de développement du rugby", explique Claude Atcher. "Le comité d’héritage mis en place va proposer au conseil d'administration de consacrer 20 à 30% du "boni de liquidation" [les bénéfices] à la pérennisation de ces emplois, soit entre 250 et 400 emplois qui seront laissés au sein des clubs pour continuer à les aider à se professionnaliser". Une manière de transformer l'essai !

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