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Enquête

Les accompagnants d'élèves en situation de handicap mobilisés pendant le confinement

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Au lycée Nature et Services des Apprentis d’Auteuil à Sannois, les enseignants en horticulture ont conservé un lien régulier avec les élèves pendant le confinement. // © Les Apprentis d'Auteuil
Au lycée Nature et Services des Apprentis d’Auteuil à Sannois, les enseignants en horticulture ont conservé un lien régulier avec les élèves pendant le confinement. // © Les Apprentis d'Auteuil

Le confinement et la fermeture des établissements scolaires ont constitué une situation particulièrement stressante pour les élèves en situation de handicap. Plus sensibles au changement, ils ont eu besoin d’un suivi pédagogique individualisé.

Poussés du jour au lendemain à un enseignement à distance, professeurs, accompagnants, familles et surtout élèves en situation de handicap ont dû parfois improviser pour assurer un suivi pédagogique… mais surtout humain. Avec une nécessité : conserver le lien malgré les difficultés rencontrées, les élèves en situation de handicap manquant parfois d’autonomie pour se connecter aux outils.

Des équipes mobilisées à tous les niveaux

L’ensemble des parties prenantes s’est mobilisé en s'adaptant parfois au cas par cas. "Je suis restée en contact avec les élèves tout au long du confinement, notamment via les comptes Facebook et Messenger des parents", explique Marie, coordinatrice ULIS en collège et qui suit 12 élèves en situation de handicap.

"Nous avons également communiqué par téléphone ou par courrier avec certaines familles non connectées avec l’aide du centre social qui imprimait et distribuait les documents. Les parents étaient vraiment impliqués. Une maman a ainsi recopié à la main les devoirs qu’on lui envoyait… par SMS."

Au lycée Nature et Services des Apprentis d’Auteuils à Sannois (95), enseignants, AESH (accompagnants d’élève en situation de handicap) et direction ont eux aussi eu recours au système D. "Nous nous sommes adaptés à chaque élève, explique Fabienne Batista, enseignante en productions horticoles. Avant de poursuivre l’accompagnement pédagogique, la priorité était surtout de conserver un lien régulier avec les élèves. Les enfants handicapés ont besoin de rituels, tout changement entraîne un stress. J’ai créé une clé USB 'spéciale confinement' sur laquelle j’ai tout enregistré par matière et par élève pour les suivre au mieux."

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Un suivi pédagogique compliqué mais réel

Un accompagnement quotidien mis en œuvre par tous les moyens par Pauline Quersonnier, AESH. "Tous les moyens de communication étaient bons : Zoom, WhatsApp, SMS… Mais certains n’avaient même pas d’ordinateur, de connexion web ou de réseaux sociaux. Donc on leur imprimait les cours pour leur envoyer par courrier à nos frais ou leur expliquer comment installer les applications de visioconférence. Certains élèves faisaient leurs devoirs sur papier, m’envoyaient la photo que je recopiais sous Word avant de la transmettre au professeur pour correction. Ensuite, nous prenions le temps de tout vérifier et de tout classer."

Le tout avec le plein soutien de la directrice adjointe, Céline Pierre. "Mon travail a consisté à accompagner au mieux les enseignants et AESH car certains ont dû réinventer leurs métiers." L’établissement remboursera également les frais engagés par ses équipes.

Leur plus grande fierté ? Aucun élève n’a décroché, certains ont même progressé pendant le confinement, les AESH pouvant être à distance dans un suivi individuel et non collectif, comme en cours sur place. Depuis le déconfinement, le retour en classe se fait progressivement. Une reprise importante et nécessaire, mais qui peut se révéler anxiogène pour certains. Là aussi, les jeunes en situation de handicap peuvent compter sur les équipes pédagogiques pour les accompagner au mieux.

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