1. Étudiants en arts appliqués : comment ont-ils choisi leur école ?
Décryptage

Étudiants en arts appliqués : comment ont-ils choisi leur école ?

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L'ENSAAMA-Olivier-de-Serres, avec ses formations allant de la MANAA au master, demeure l'une des grandes références de l'enseignement des arts appliqués, toutes disciplines confondues. // © Elisabeth Schneider
L'ENSAAMA-Olivier-de-Serres, avec ses formations allant de la MANAA au master, demeure l'une des grandes références de l'enseignement des arts appliqués, toutes disciplines confondues. // © Elisabeth Schneider

En France, il existe plus de 300 formations supérieures en architecture intérieure, en design produit ou en graphisme. Difficile de s’y retrouver ? Pour vous aider, des étudiants expliquent les critères sur lesquels ils se sont basés pour se décider.

"En terminale, je ne savais pas vers quoi m'orienter parmi toutes les formations artistiques", admet Malek, 22 ans, enseconde année de BTS (brevet de technicien supérieur) design graphique aux Gobelins. "J'ai alors réfléchi à la manière dont je voulais exprimer ma créativité artistique. J'avais envie d'avoir une démarche commerciale et marketing. C'est comme ça que le choix du graphisme c'est fait", raconte l'étudiant. Pour lui, "il est primordial de comprendre vers quoi vont déboucher ses études, surtout si l'on se spécialiser dès le début".

Se rendre compte de l'ambiance

Pour choisir son école, tous les étudiants en écoles d'art sont unanimes : il faut assister le plus possible à des journées portes ouvertes et à des salons, pour rencontrer les étudiants et les enseignants. "Je suis originaire de l'île Maurice. Je voulais être sûre de me sentir bien dans l'endroit où j'étudierais pendant 4 ans, donc j'ai visité beaucoup d'écoles. Se contenter d'Internet ne suffit pas, car il faut se rendre compte de l'ambiance de travail sur place. C'est très important pour une école d'art, car nous passons beaucoup de temps dans l'établissement à construire nos projets, échanger avec les autres élèves et les professeurs", assure Manon, 23 ans, étudiante en quatrième année d'architecture intérieure et design d'environnement à LISAA, à Paris. Et elle ne regrette pas son choix."Je me sens tellement bien à l'école que j'y reste même lorsque je n'y ai pas de cours ! L'ambiance est très familiale."

Manon est étudiante en quatrième année d'architecture intérieure et design d'environnement à LISAA, à Rennes.

Manon est étudiante en quatrième année d'architecture intérieure et design d'environnement à LISAA, à Paris. // © Photo fournie par le témoin

Plus ou moins de concurrence

Jessica, elle aussi, a eu besoin de se rendre aux portes ouvertes pour choisir son école. "Ce qui m'a marquée, c'est l'entraide entre les élèves, les liens très forts avec les professeurs. J'ai constaté ensuite, en parlant avec d'autres étudiants, qu'il y avait moins de concurrence entre les élèves à l'École bleue qu'ailleurs", rapporte l'élève de 27 ans en dernière année de design global dans cet établissement.

C'est également l'occasion de vous renseigner sur le type de projets menés dans l'école, car les étudiants exposent parfois leurs œuvres. Vous pouvez également en consulter des exemples sur les sites Internet des établissements. Ainsi, on voit du premier coup d'œil que Strate est spécialisée dans les transports.

Parcours généraliste ou personnalisé ?

Chacun doit trouver l'école qui lui correspond en termes de formation. L'école de Jessica lui convenait "car elle formait dans un même cursus aux 3 disciplines [qu'elle aimait] : l'architecture d'intérieur, le design d'objet et la communication visuelle". L'idéal si on hésite dans le choix de sa spécialité.

À l'ENSCI-Les Ateliers, c'est un tout autre mode de fonctionnement. "Le parcours est individualisé, avec un large choix de matières. L'école ne fonctionne pas avec des 'classes'. Tous les étudiants sont mélangés et il existe 4 sessions dans l'année pour être diplômé", décrit Coline, 25 ans, étudiante en dernière année. "Cette école est professionnalisante et orientée sur le 'faire', avec les ateliers dont elle porte le nom", souligne-t-elle. Il n'y a d'ailleurs pas de limite d'âge pour l'intégrer.

Un peu, beaucoup, pas du tout encadré

Le nombre d'élèves peut aussi être l'un de vos critères. Les promotions peuvent varier d'une dizaine à une cinquantaine d'étudiants. C'est à vous de décider si vous serez plus à l'aise dans une grande promotion ou si vous préférez une petite classe avec un encadrement plus resserré. Avant d'intégrer l'ENSCI-Les Ateliers, Coline est passée par une année de MANAA (mise à niveau en arts appliqués) à l'école Estienne et le BTS (brevet de technicien supérieur) design de produits à l'école Boulle. "J'étais encore jeune. Pour mes premières années, j'avais besoin d'une structure rassurante, avec un cadre scolaire, qui peut paraître restrictif pour d'autres personnes", analyse-t-elle.

Ce qui se cache derrière "l'art"

Pour choisir votre formation, regardez bien le détail de son programme, car le mot "art" peut regrouper bien des domaines... Derrière le "design de l'espace", on peut trouver de l'architecture intérieure, tandis que la "communication visuelle" s'apparente plus à du graphisme. Et les mêmes termes sont parfois utilisés pour des contenus différents... 

Les outils à disposition

"L'une des questions à poser est aussi celle du matériel, très importante pour savoir quels types de projets on pourra créer et à quelles techniques on pourra se former", indique Camille, 23 ans, en première année de DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués) design produit au lycée Jean-Perrin à Marseille. Logiciels, imprimante 3D, atelier de typographie, machine pour découper au laser, atelier de reliure... La liste peut être longue.

Un critère important : le porte-monnaie

De son côté, Malek a choisi de suivre sa formation en graphisme aux Gobelins, notamment car elle se déroule en alternance. C'est encore rare mais cela se développe. Qu'est-ce que cela peut vous apporter ? "Un avantage pour mieux s'inscrire dans le milieu professionnel mais aussi un intérêt financier."

Malek suit une formation en alternance aux Gobelins.

En effet, les écoles d'art sont réputées pour leurs frais de scolarité élevés, avec toutefois des variations. Si une école peut faire grimper ses frais jusqu'à 8.000 € par an, il existe des formations gratuites (par exemple, les écoles des beaux-arts). "Je paie 7.400 € par an. Mes parents me soutiennent financièrement et j'ai dû souscrire un prêt étudiant", reconnaît Jessica. Pour financer ses études, elle a également dû prendre un job étudiant. "Mais en dernière année, je n'avais plus le temps de continuer", avoue-t-elle. Les études d'art sont en effet intensives, avec des horaires souvent non fixes, ce qui ne facilite pas le travail à côté.

Privé ou public ?

Joséphine a opté pour le public. "S'orienter vers les écoles d'art publiques, c'est être certain que le diplôme sera reconnu par l'État et, souvent, ce statut permet d'avoir des partenariats avec d'autres institutions", justifie cette étudiante en seconde année de DMA (diplôme des métiers d'arts) illustration à Estienne. Les écoles peuvent ainsi avoir des échanges avec les structures culturelles de la ville (galeries, musées, centres dramatiques...). Un gage de qualité et de reconnaissance dans le milieu.

Jessica, élève en design global à l'Ecole bleue.

Du côté du privé, certaines écoles sont reconnues par le ministère de la Culture (Camondo, Émile-Cohl...) ou par l'État (ESAIL – École supérieure d'architecture intérieure de Lyon...). Dans ce dernier cas, les étudiants peuvent bénéficier d'une bourse de l'enseignement supérieur.

Des partenaires particuliers

L'une des raisons pour lesquelles Quentin, 20 ans, a choisi la formation de Bachelor designer concepteur à l'ESD Troyes, c'est son rattachement à l'École de commerce de Troyes. "Cela permet de suivre aussi des cours en management, en économie internationale ou encore en géopolitique. Cela avait un côté rassurant, notamment pour mes parents", admet-il.

Mais pas besoin d'être dans un grand groupe pour multiplier les partenariats. "Le lycée Jean-Perrin à Marseille est un établissement qui propose beaucoup de BTS industriels, dont les étudiants travaillent avec nous sur des projets. Ce sont des corps de métiers (plasturgiens, chaudronniers...) avec qui nous serons amenés à travailler plus tard", explique Camille.

Pensez également à vous renseigner sur les partenaires industriels de votre école, pour voir dans quels domaines vous obtiendrez facilement des stages.

Enfin, si vous comptez profiter de vos études pour faire un échange académique à l'étranger, regardez les partenariats que les écoles visées ont noué à l'international. Si l'établissement est signataire de la charte Erasmus+, c'est un signe que des échanges sont possibles. Certaines écoles organisent aussi des voyages d'études à certains moments du cursus. Un séjour à l'étranger vous permet d'enrichir vos connaissances artistiques et votre créativité. Et cela reste tout à fait compatible avec votre formation.

Lire aussi notre Classement 2016 des écoles d'arts appliqués.