En cinéma d'animation comme en jeu vidéo, le savoir-faire français vaut de l'or

Par Séverine Mermilliod, publié le 04 Novembre 2022
5 min

En matière de jeu vidéo comme de cinéma d’animation, la France est reconnue à l’international pour la qualité de ses formations et de ses productions. Un atout pour les étudiants et jeunes diplômés du secteur, qui peuvent travailler pour ou à l’étranger.

Les savoir-faire français en matière de jeu vidéo et de cinéma d’animation sont demandés. La France est le troisième producteur d’animation au monde derrière les États-Unis et le Japon. Ubisoft, entreprise française, est connue dans le monde entier pour ses jeux vidéo.

"Il existe en France une vieille tradition des arts graphiques. Le cinéma d’animation y a existé tôt, avec de la production locale et l’implantation de grands studios étrangers”, souligne Julien Meesters, vice-président et responsable créatif de Mikros Animation, une marque de Technicolor Creative Studios. Côté jeu vidéo, "studios et éditeurs français sont reconnus pour leur savoir-faire" dès les années 80, comme le rappelle le site gouvernemental Vie Publique.

De nombreuses productions et studios

Le contexte financier est aussi favorable. "Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) finance beaucoup de productions, de films ou de séries", précise Stéphane André, directeur général de l’école Rubika, qui forme à l’animation 2D, 3D et au jeu vidéo.

Pour Camille, diplômée de l’école Emile Cohl, qui comme Les Gobelins ou Rubika, est l’une des plus réputées de France en matière d’animation, cette multitude de productions permet aux animateurs de se faire "plus rapidement de l’expérience" que dans d’autres pays. "En Italie par exemple, il y a peu d’écoles et de productions alors les artistes sont autodidactes ; ils viennent très vite en France", raconte-t-elle.

De son côté, François, 27 ans, a remporté en mars avec 11 camarades de Rubika le prix du meilleur jeu vidéo étudiant à la Game Developers Conference de San Francisco, pour Live Adventure. Selon lui, les jeux vidéo français intriguent. "On a des studios qui font la renommée du pays : Arkane, Ubisoft, des indépendants… " Selon une étude du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs, le jeu vidéo "représente 5,65 milliards d’euros en France en 2021".

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À ce tissu industriel s’ajoutent des formations reconnues et anciennes. "Contrairement aux Asiatiques et Américains qui forment en trois ans des étudiants très spécialisés (en lumière par exemple), nous faisons plutôt des généralistes avec une ou deux spécialités, en cinq ans", avance Stéphane André.

En animation, selon Julien Meesters, ce "bassin de talents" nourrit une diversité de savoir-faire, avec "une capacité d’adaptation à des styles variés". "C’est intéressant pour les clients qui peuvent faire beaucoup de choses avec nous."

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La possibilité de travailler pour ou à l’étranger

À leur sortie d’études, les jeunes artistes peuvent donc travailler à l’étranger, ou dans des studios français sur des productions étrangères. Mikros Animation travaille actuellement sur The Tiger's Apprentice pour Paramount, Charlie et la Chocolaterie avec Netflix… Des projets qui "viennent principalement des États-Unis, de France et d’Angleterre", relate Julien Meesters.

L’insertion professionnelle dépend toutefois des écoles et des profils. En jeu vidéo, "certains sont très recherchés comme les 'technical artists', d’autres moins, car en design il y a énormément de monde", souligne François. Camille, qui rappelle que l’accès à l’emploi n’est pas simple, travaille désormais en 2D au studio Cartoon Saloon en Irlande, surtout sur des séries. "En cinéma d’animation, presque la moitié de nos diplômés part au Canada, en Angleterre, et un peu aux États-Unis", conclut le directeur de Rubika. "En jeu vidéo, environ 40%, surtout au Canada".

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