Ils se sont réorientés en écoles d’art, deux étudiants témoignent

Par Simon Mauvieux, publié le 26 Octobre 2022
4 min

Tout plaquer pour vivre un rêve inassouvi, c’est ce qu’ont fait Antoine et Aliénor en se réorientant vers des études artistiques, après un cursus totalement différent. Plus épanouis que jamais, ils racontent à l'Etudiant leur reconversion dans le monde de l’art avec des hauts et des bas.

Une prépa scientifique avant d’entrer à l’école des Ponts, puis un double master d’architecture et d’ingénieur, Aliénor a suivi la voie royale. Elle a travaillé dix ans dans le domaine de la construction : bureau d’études, agence d’architecture, maître d’ouvrage. Son métier l’a emmenée aux quatre coins du monde. C’est pendant une année sabbatique qu’elle se pose une question cruciale : "Et si je faisais autre chose ?".

"Donner de la place à une démarche artistique"

"J’avais envie de donner de la place à une démarche de création artistique", se rappelle-t-elle. Après quelques cours du soir en dessin et en gravure, elle se lance et s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Paris. Elle intègre l’établissement à 34 ans et commence sa nouvelle vie.

Même schéma pour Antoine, qui a intégré la prestigieuse école Boulle à Paris, "avec beaucoup de chance". L’étudiant s’était pourtant destiné à une licence de géographie, un domaine qui l’intéressait de moins en moins. "Je suis arrivé à l’entretien de sélection avec une valise et un papier à l’intérieur. J’ai dit au jury que j’avais une valise vide et toute la motivation du monde pour la remplir. Ça leur a plu que j’y aille au culot." Sur liste d’attente, il est rappelé à une semaine de la rentrée pour intégrer l’établissement, en DMA (diplôme des métiers d’arts).

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La première difficulté qu’a vécue Aliénor a été d’intégrer un groupe avec des étudiants beaucoup plus jeunes qu’elle. "Je me suis retrouvée avec des étudiants de 25 ans, j’en avais 35. Ils se constituaient leurs amis d’études, moi j’avais déjà les miens et je travaillais à côté. Je ne me suis pas intégrée comme une étudiante lambda", témoigne-t-elle.

Antoine, lui, se rappelle les facilités rédactionnelles qu’il a pu avoir, grâce à sa licence. En revanche, il a dû s’adapter pour développer sa fibre artistique, un vrai défi durant sa première année.

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Une fois la phase d’adaptation passée, Antoine et Aliénor ne retiennent que du positif, avec le sentiment de s’épanouir dans un domaine qui les attirait depuis longtemps. "Ne restez pas dans des parcours qui ne vous plaisent pas", conseille Antoine, qui se désole que les métiers manuels soient si peu valorisés.

Aliénor a gardé quelques missions de son ancien emploi pour financer sa reconversion, mais elle ne regrette rien. "C’est extrêmement libérateur et épanouissant, c’est une façon d’aller vers la vie qu’on a envie de mener, qui a du sens. Je n’y croyais pas du tout au début, mais ça a fonctionné !" raconte-t-elle.

Finalement, elle se sert aujourd’hui de son ancienne expérience pour enrichir sa pratique artistique. "C’est un leurre de faire table rase du passé, et c’est même intéressant de ne pas le faire ", assure-t-elle.

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