Cinq clichés sur les études de santé à travers les films et séries

Par Pauline Bluteau, publié le 19 Octobre 2021
4 min

On ne compte plus la profusion de films et séries qui sortent chaque année pour parler médecine, hôpitaux, opérations... Mais les scénarios se rapprochent-ils vraiment de la réalité ? Les réponses de Clémence, 27 ans, interne en chirurgie viscérale et digestive à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Certains en sont addicts, d'autres, comme Clémence, beaucoup moins. Même si la jeune interne regarde assez peu les séries ou films qui dépeignent son métier, les clichés qui s'y rapportent sont bien connus. Et parfois, ce qui semble relever du mythe a bien une once de vérité…

Dans le film Première année, la PACES y est décrite comme particulièrement éprouvante alors que les efforts ne sont pas toujours récompensés. Cliché ou réalité ?

Réalité. La PACES (première année commune aux études de santé – remplacée par les PASS et L.AS) c’est horrible, il faut beaucoup travailler mais finalement ce n’est pas le pire. Les études de médecine en général sont difficiles.

Je pense qu’on arrive à survivre à la PACES parce qu’on sort du lycée et que c’est plus facile de mettre toute sa vie entre parenthèses pour travailler. Mais à la fin il y a toujours de la frustration : ceux qui réussissent choisissent parfois leur spécialité par défaut.

La série française Hippocrate dépeint le quotidien de jeunes internes chargés de lourdes responsabilités vis-à-vis de l’hôpital et de leurs patients. Cliché ou réalité ?

C’est variable selon les services car on est toujours accompagné par un senior… en théorie. Dans mon cas, le matin, avec mon co-interne, on fait les visites seuls dans nos secteurs puis on en réfère à notre chef. Dans d’autres services, le senior est toujours présent avec les co-internes lors des visites. Et à l’inverse, dans certains hôpitaux, il n’y a pas de seniors la nuit, ce n’est pas sécurisant pour les internes. Donc il faut bien choisir ses stages !

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La majorité des séries médicales comme Grey’s Anatomy mettent en avant des situations catastrophiques et dramatiques où les patients sont atteints de maladies aux noms imprononçables. Cliché ou réalité ?

Non pas du tout, on est loin de ça. On a des cas parfois atypiques mais on soigne à 90% des pathologies classiques. Les patients très graves, c’est anecdotique.

Globalement, on n’est pas non plus toujours dans des situations d’urgence. Et pour ce qui est du langage, on s’adapte au patient, on est obligé. Mais parfois, il y a des maladies qu’on ne comprend pas nous-mêmes !

Dans la série Dr House, la médecine est plus assimilée à une enquête qu’il faut résoudre pour soigner les patients. Cliché ou réalité ?

C’est vrai. Quand un patient vient à l’hôpital, il a un symptôme : on l’examine, on fait des bilans, une imagerie et on avance pour conclure à sa maladie. Peu importe la spécialité, c’est tout le temps le même processus.

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D’autres séries telles que H, plus parodiques, dépeignent le manque de conscience professionnelle des médecins mais aussi le sexisme ambiant. Cliché ou réalité ?

Pour ce qui est du manque de conscience professionnelle, je pense que nous sommes quand même tous investis dans notre travail.

Pour le sexisme, je dirais que c’est une réalité en train de se résoudre. La notion de consentement est plus présente. Avec le mouvement #MeToo, c’est en train de se tarir mais c’est encore d’actualité.

Enfin, beaucoup de films/séries abordent aussi les fêtes étudiantes, notamment en médecine. Cliché ou réalité ?

Ah non, ça n’existe pas ! (rires) Non, ce n’est pas vrai, les médecins sont bien occupés à faire la fête. Le trait est très poussé dans les séries : on est sérieux au travail mais en dehors, on décompresse.

En revanche, pendant les concours, ça se calme, on a moins de temps et puis, on est plus vieux en internat, on sort moins !

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