Concours de la PACES : comment les épreuves s'organisent en pleine urgence sanitaire ?

Par Séverine Maestri, publié le 12 Juin 2020
5 min

Tandis que les rassemblements de plus de 10 personnes ne sont toujours pas autorisés et que l’urgence sanitaire a été prolongée jusqu’au 10 juillet 2020, faire passer le concours du semestre 2 de la PACES à près de 60.000 candidats en France est un vrai pari risqué. La quarantaine d’UFR de médecine a dû répondre à l’inquiétude des candidats, d’un côté, et aux recommandations strictes du ministère de l’Enseignement supérieur de l’autre.

Faire respecter avant, pendant et après les épreuves de la PACES le protocole sanitaire imposé par le ministère plonge les facultés de médecine dans une situation inédite. La plupart d’entre elles ont raccourci certaines épreuves et les ont étalées sur plusieurs demi-journées. Les candidats doivent plancher à partir de la 3e semaine de juin.

À Marseille, Nice ou Toulouse, l’épreuve de l’UE 7 SSH (Santé, Société et Humanité) sous forme rédactionnelle, a même été remplacée par des QCM. À Paris-Saclay l’oral de projet professionnel a été supprimé.

Lire aussi

Des règles strictes pour protéger les candidats

Emmanuel Durand, président de jury PACES à la faculté de médecine de Paris-Saclay, étudie depuis plus d’un mois et demi les modalités de déroulement des épreuves.

Entre réunions au ministère et visites des locaux d’examens, il a élaboré de savants calculs pour respecter les espacements d’un mètre entre chaque table et d’1,75 m entre deux étudiants. Même préoccupation à Nice où Isabelle Calléa, directrice administrative, et le doyen, le professeur Patrick Baqué, ont travaillé en coordination avec la préfecture et le ministère pour que tout soit prêt le jour J.

Les étudiants ont été convoqués par groupes à 20 minutes d’intervalle à Nice (une demi-heure à Paris-Saclay) pour limiter les risques d’attroupements en dehors des salles d’examens. "À Nice, 1.414 étudiants passent le concours. 1.371 plancheront au palais des expositions de la ville et 43 à la fac de médecine", énonce Isabelle Calléa.

Sur le site de Paris-Saclay, Emmanuel Durand explique : "Les années précédentes, nous avons accueilli jusqu’à 1.100 candidats dans un seul lieu, cette année nous avons prévu un gymnase en plus des salles habituelles pour recevoir les 854 étudiants".

Lire aussi

Dans la plupart des facultés, les points d’entrée et de sortie ont été multipliés et permettront aux étudiants de se déplacer sans se croiser. "Pour les faire entrer dans une salle, nous avons choisi de remplir d’abord le fond, puis le milieu et enfin le devant en dernier", dévoile Emmanuel Durand, tandis qu’à Nice ils sortiront en file indienne.

Des "salles Covid" pour les candidats présentant des signes

Les personnes à risque ou de santé fragile seront regroupées dans des salles dédiées. À Nice comme à Paris-Saclay, les étudiants concernés ont été invités dès le mois d’avril, en coordination avec la médecine préventive, à se faire connaître. Des "salles Covid" seront à disposition de ceux qui présenteraient des signes le jour de l’épreuve mais seraient néanmoins en état de concourir. Les textes prévoient qu’un étudiant pris de toux pendant l’épreuve soit isolé dans une autre pièce où il terminera l’épreuve.

Parmi les autres protocoles à respecter, citons le port du masque et la mise à disposition de gel hydroalcoolique, la nécessité pour chaque candidat de se munir de son propre stylo avant de signer les listes de présence, l’obligation de placer son sac sous sa chaise et de déposer en fin d’épreuve sa copie dans une bannette pour que les surveillants n’aient pas à la manipuler.

Lire aussi

Une dernière édition de la PACES plus historique que prévue

Qui dit augmentation du nombre de salles dit aussi renforcement du nombre de surveillants, d’agents de nettoyage et de sécurité. Au palais des expositions de Nice, "deux agents logistiques seront mobilisés devant chacune des six entrées, équipés de gants, de masques et de visières. L’un sera chargé de vérifier les convocations pendant que l’autre fournira gel hydroalcoolique et masques", conclut Isabelle Calléa.

Cette dernière édition du concours de la PACES, est historique à plus d'un titre : outre la mobilisation humaine inédite pour respecter le protocole sanitaire, elle représente un surcoût financier faramineux ("50.000 € supplémentaires", confie le doyen de l’université de Nice) et met les nerfs des organisateurs et des candidats à rude épreuve.

Lire aussi

Articles les plus lus

A la Une Médecine Santé

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !