Confinement : les tutorats, à l’avant-poste pour soutenir les étudiants en médecine

Par Pauline Bluteau, publié le 02 Decembre 2020
6 min

La pression monte pour les étudiants en première année de PASS et de L.AS. À l’approche des examens de fin de semestre, les tutorats en santé font leur possible pour les accompagner et les aider à garder leur motivation, même à distance. À chacun sa stratégie !

Chaque année, ces associations étudiantes, appelées communément "tutorats", accompagnent des milliers d’étudiants en première année d’études de médecine. Mais entre la réforme des études de santé qui a entrainé le passage de la PACES aux PASS et L.AS, la mobilisation lors de la crise sanitaire et le confinement, ce soutien est devenu plus que nécessaire. "On voit qu’il y a un véritable besoin de la part des étudiants qui sont encore plus angoissés que d’habitude", confirme Lucine Ramaut, vice-présidente en charge du tutorat à l’ACEML (Association corporative des étudiants en médecine de Lille).

Même à distance, les étudiants en deuxième, troisième ou quatrième années de médecine prennent de leur temps pour encourager les néo-bacheliers sur le plan pédagogique mais pas seulement…

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Maintenir le lien… à distance

Les tutorats sont avant tout des relais entre l’université et les étudiants de première année. Un rôle qui s’est d’ailleurs avéré essentiel depuis l’annonce du reconfinement. "Comme ils sont à distance depuis plusieurs semaines, on se renseigne pour eux auprès de la direction et on leur transmet les infos nécessaires concernant les nouvelles modalités d’examens par exemple", raconte Alycia Layer, présidente du tutorat à l’université de Lorraine.

Pour garder le contact, les associations n’ont pas eu d’autres choix que de multiplier les canaux de diffusion : mails, réseaux sociaux, plateformes d’échange… Une stratégie payante, notamment à Lille où le tutorat estime "avoir perdu une vingtaine d’étudiants" en PASS sur les 1.500 qui sont accompagnés depuis la rentrée. "Les tutorats doivent rester présents pour les première année, explique Audrey Monnier, vice-présidente en charge du tutorat à l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). L’avantage, c’est qu’il y a eu une première vague, les associations ont donc déjà tous les outils en main."

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Réviser à distance

Pour les aider à réviser à l’approche des examens, les tutorats continuent de proposer des colles à distance. "On leur soumet des QCM et on a aussi trouvé d’autres plateformes comme Wooflash qui leur permet de réviser de manière plus ludique", détaille Alycia Layer.

"Ce qui marche aussi très bien, ce sont les BU (bibliothèques universitaires) virtuelles : ce sont des 'réunions' sur Zoom, Discord ou Google Meet où les étudiants se connectent et se voient travailler caméra et micro coupés… comme quand ils vont réviser à la BU", ajoute Audrey Monnier. Pour la vice-présidente, cet outil permet à la fois de se motiver pour travailler et d’avoir un véritable suivi des tuteurs, présents par écrans interposés.

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Un soutien moral nécessaire

Depuis le premier confinement, les tutorats ont également axé leur accompagnement sur le bien-être des étudiants. Souvent via les comptes Instagram, les associations publient chaque jour des conseils pour se motiver, des recettes de cuisine, des activités sportives, des concours… "On a compris qu’il fallait aller plus loin, il n’y a pas que le travail qui compte, estime Alycia Layer. D’ailleurs, c’est presque plus facile pendant le confinement puisqu’il n’y a pas de contraintes d’horaires comme c’est le cas quand ils vont en cours. Les étudiants peuvent participer aux activités qu’on leur propose comme ils veulent et quand ils peuvent, chacun s’organise comme il le souhaite." Et les activités ne manquent pas : soirées jeux de société, blind test, jeux vidéos et même un calendrier de l’avent !

Sur les plateformes d’échange comme Discord, les étudiants se réunissent aussi pour faire des pauses. "Certains discutent mangas, d’autres musique, d’autres encore sport… On essaie de les mettre en relation parce qu’ils arrivent tous à l’université sans se connaitre et on remarque que c’est plus facile de se lâcher derrière un écran, c’est le but !", confie la vice-présidente lilloise.

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Les trois responsables, également étudiantes en troisième ou quatrième année de médecine, le rappellent : réviser c’est bien, mais il ne faut pas oublier de s’aérer l’esprit. "Pour nous, l’enjeu est de leur faire comprendre qu’une pause ça fait du bien, il faut simplement trouver le bon équilibre", précise Lucine Ramaut. Derniers conseils pour les examens : éviter les nuits blanches, avoir une bonne hygiène de vie, prendre du temps pour soi et rester positif. "On sait que cette année demande beaucoup d’investissement mais il faut tenir pour être fiers de tout ce qui a été accompli pendant ce premier semestre", conclut la jeune femme.

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