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EDN : environ 1.000 étudiants en sixième année de médecine vont aux rattrapages

8.400 étudiants en sixième année de médecine ont passé les épreuves dématérialisées nationales (EDN, ex-ECN).
8.400 étudiants en sixième année de médecine ont passé les épreuves dématérialisées nationales (EDN, ex-ECN). © VectorMine / Adobe Stock
Par Pauline Bluteau, publié le 15 janvier 2024
1 min

En octobre dernier, 8.400 étudiants en sixième année de médecine ont passé les épreuves dématérialisées nationales (EDN, ex-ECN). Des épreuves décisives pour choisir leur spécialité d'internat. Mais le taux d'échec est plus élevé que prévu : environ 1.000 étudiants doivent se présenter aux rattrapages, sous peine de redoubler leur année, soit un taux d'échec de 12,4%.

Des résultats un peu moins bons que prévu mais "raisonnables", admet en substance Benoit Veber, président de la Conférence des doyens de médecine. En octobre dernier, 8.400 étudiants en sixième année de médecine passaient les toutes premières épreuves dématérialisées nationales, grandes remplaçantes des ECN (épreuves classantes nationales).

Les résultats à ces épreuves étaient très attendus par les étudiants puisque décisifs pour la suite de leurs études et de leur carrière professionnelle : après les EDN, les étudiants qui obtiennent plus de 14/20 sont admissibles aux ECOS (examens cliniques objectifs et structurés) pour, in fine, obtenir un classement qui leur permettra de choisir leur spécialité et leur affectation d'internat à la rentrée prochaine.

Or, d'après le centre national de gestion (CNG) sous tutelle du ministère de la Santé, le taux d'échec aux premières EDN s'élève à 12,4%. Le 16 et 17 janvier 2024, ce sont donc plus de 1.000 étudiants qui doivent repasser les épreuves pour espérer obtenir au minimum 14/20.

Jusqu'à 44% d'échec dans certaines universités

Les chiffres restent encore difficiles à analyser, concède Benoit Veber. Avec 12,4% d'échec annoncé, ce sont environ 1.000 étudiants qui doivent s'inscrire aux rattrapages. Or, lors des EDN test, organisés en septembre, le taux d'échec s'élevait à 8,4%.

Lors de ces épreuves d'entrainement, 7.700 candidats s'étaient présentés sur les 8.400 étudiants en sixième année. De quoi tout de même donner un bon aperçu des résultats à venir. Et pourtant, l'écart n'est finalement pas anodin. "Les épreuves ont probablement été plus difficiles en octobre", estime le président de la Conférence des doyens.

Si chaque université connait le taux de réussite de ses étudiants, les résultats ne sont pas transmis au niveau national par le CNG pour une question d'anonymat. Seules quelques indications sont transmises par les doyens. "Le taux d'échec s'élève à 12,4% selon le CNG mais on sait que dans une fac – je ne sais pas laquelle -, il s'élève à 44% et dans d'autres, il est inférieur à 10%", détaille le doyen des doyens.

Selon lui, ces différences de réussite restent une "source d'interrogation" même si cet écart peut potentiellement s'expliquer par une différence de préparation des candidats aux EDN selon les universités. "Nous allons demander au CNG des données plus précises l'année prochaine pour analyser les questions qui ont posé problème", indique-t-il.

Mais pour une première année de mise en place de la réforme, ce taux d'échec annoncé reste "raisonnable" par rapport aux prévisions. En effet, les doyens avaient estimé qu'il "ne fallait pas dépasser 20% d'échec" aux EDN même si "on aurait préféré que ce soit inférieur à 10%.", confirme Benoit Veber.

Les connaissances de bases non-acquises par les futurs internes

Selon lui, la réforme a même plutôt "fait son travail". Désormais, les EDN permettent de valider un socle de connaissances à avoir pour être admis en internat. Les candidats doivent obtenir au minimum 14/20 aux connaissances de rang A, les basiques, pour être admissibles aux ECOS. Ceux qui n'ont pas ces bases vont donc aux rattrapages.

Ce qui n'était pas le cas avec les ECN où le classement ne permettait simplement pas toujours aux étudiants d'obtenir la spécialité visée, qu'ils aient ces bases ou non. "Or, on savait déjà que les derniers étudiants classés aux ECN n'avaient pas les bases", assure-t-il.

Pour Benoit Veber, la réforme est donc "une bonne chose" pour prévenir les étudiants de leur manque de connaissances de base. "Notre priorité, c'est avant tout de former de futurs médecins", nuance le doyen.

Des étudiants, en théorie, obligés de passer les épreuves de rattrapage

Si les étudiants obtiennent plus de 14/20 lors de la deuxième session, les 16 et 17 janvier, ils pourront passer les ECOS en mai prochain. En revanche, pour le classement final, ce sont bien les résultats de la première session d'EDN, celle d'octobre, qui seront pris en compte. "Certains savent déjà que ce sera pénalisant et qu'ils n'obtiendront pas leur spécialité d'internat", remarque Benoit Veber.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup d'étudiants en sixième année de médecine affirment ne pas vouloir se rendre à la session de rattrapage pour redoubler directement leur année. "En théorie, ils sont obligés d'y aller", souligne le doyen. C'est d'ailleurs ce qu'indique la réforme : les étudiants qui ne se présentent pas pour "des raisons de force majeure, pour une raison médicale ou pour tout motif légitime" doivent fournir un justificatif.

Un arrêté du 26 décembre dernier stipule tout de même qu'un "certificat du directeur de l'UFR" fait office de justificatif. "Les doyens reprennent la main, assure Benoit Veber. Certains étudiants ne vont pas pouvoir poursuivre leur projet professionnel, or ils ont 22 ou 23 ans, c'est normal qu'ils préfèrent avoir une deuxième chance, on ne peut pas leur en vouloir."

Le taux de réussite définitif aux EDN sera connu d'ici fin janvier. Le marathon pourra alors se poursuivre pour une autre épreuve, plus redoutée donc, celle des ECOS au printemps prochain.

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