1. Avant Parcoursup, comment s'inscrivait-on dans l'enseignement supérieur ?
Témoignage

Avant Parcoursup, comment s'inscrivait-on dans l'enseignement supérieur ?

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Entre 1987 et 2008, les candidats enregistraient leurs vœux sur Minitel via le 3614 RAVEL. // © REA/Jean Claude THUILLIER
Entre 1987 et 2008, les candidats enregistraient leurs vœux sur Minitel via le 3614 RAVEL. // © REA/Jean Claude THUILLIER

La fameuse plate-forme d’admission post-bac, telle que nous la connaissons aujourd’hui, fêtera ses trois ans en 2020. Pourtant, l’inscription dans l’enseignement supérieur n’a rien de neuf. Des millions de lycéens sont déjà passés par là. APB, Ravel, le Minitel ou les dossiers papiers… Retour sur les dispositifs qui existaient avant Parcoursup.

Les années passent et… se ressemblent. C’est ce qui pourrait résumer les différents processus mis en place pour permettre aux lycéens de s’inscrire dans l’enseignement supérieur. Inutile de remonter jusqu’aux années 1800 ou 1900 pour observer ces évolutions, alors même que les étudiants sont huit fois plus nombreux ne serait-ce que depuis les années 1960. En 2020, ce sont plus de 2.5 millions d’étudiants qui effectueront leur cursus dans un établissement du supérieur.

Mais avant d’en arriver là, il faut déjà pouvoir s’inscrire. Depuis 2018, c’est Parcoursup qui fait vivre des montagnes russes aux candidats. Alors, c’était vraiment mieux avant ?

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Des dispositifs qui ne semblent pas avoir marqué les esprits

"Ravel… Ce dont je me souviens, c’est qu’il fallait se lever à 2 heures du mat’ pour espérer accéder au service", raconte Stéphanie. Les souvenirs sont flous mais certaines anecdotes, qui datent de 1989, parviennent à refaire surface pour cette ancienne juriste reconvertie. Entre 1987 et 2008, c’est par le biais du Minitel que les candidats enregistraient leurs vœux. Certaines régions comme l’Île-de-France avaient même mis en place leur propre dispositif de pré-inscriptions via le 3614 RAVEL (recensement automatisé des vœux des élèves).

"C’était assez simple, on avait rendez-vous chacun notre tour dans le bureau de la CPE et c’est elle qui enregistrait nos vœux sur le Minitel, se souvient Aurélie, candidate en 2003. Je voulais faire une licence d’allemand, j’avais donc choisi trois universités à Paris et Nanterre. Mais certains camarades de classe se décidaient 5 minutes avant d’entrer dans le bureau de la CPE !"

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Une galère pour intégrer les études supérieures

En 2002, l’algorithme APB (Admission Post Bac) a pris le relai. Au début, le système concernait uniquement le recrutement en classe prépa et quelques écoles d’ingénieurs. Le dispositif s’est généralisé au niveau national de 2009 à 2017. Les candidats avaient la possibilité de choisir 24 formations, dont une non-sélective, contre 18 (15 formations sélectives et trois universités maximum) sur RAVEL.

"J’avais fait six vœux en DUT techniques de commercialisation et un vœu en licence d’économie, comme l’exigeait APB, explique Baptiste, en terminale ES en 2016. Fin juin, mon deuxième vœu a été validé [les vœux étaient hiérarchisés, ndlr], et quelques semaines plus tard, j’apprenais que mon premier vœu était rejeté. Ça a été la douche froide pour moi, je ne m’y attendais pas du tout car mon dossier était plutôt bon. J’avais travaillé toute l’année pour ça et je venais d’obtenir la mention bien au bac, c’était dur à encaisser." Pour Baptiste, le manque d’informations sur les critères d’admission des candidats faisait partie des principaux dysfonctionnements d’APB, tout comme le fait de rester sans réponse plusieurs semaines pour un même vœu sans savoir où se situer sur la liste d’attente.

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Pour les générations précédentes, les résultats du bac, début juillet, marquaient aussi le début de la galère. Car l’inscription sur le Minitel ne permettait pas de garantir une place dans les établissements visés. "On devait faire la queue pendant des heures pour pouvoir déposer notre collante (relevé de notes du bac) dans l’établissement que l’on souhaitait intégrer, raconte Sonia, candidate en 1988, aujourd’hui professeur de français à Paris. C’était interminable, surtout que je voulais m’inscrire à la fois en prépa et à l’université pour m’assurer une place quelque part. Ma mère a dû faire la queue pour moi. Je me souviens que je voulais postuler à une autre école parisienne, le CELSA, mais j’en avais tellement marre que j’ai abandonné l’idée." "Il fallait se relayer pour ne pas perdre sa place, c’était la logique du premier arrivé, premier servi", confirme Stéphanie.

La page d'accueil d'Admission Post Bac, dispositif utilisé entre 2002 et 2017. // © Internet Archive wayback machine
La page d'accueil d'Admission Post Bac, dispositif utilisé entre 2002 et 2017. // © Internet Archive wayback machine

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Quand le bac était plus important que l’orientation

Même si Parcoursup a essuyé de nombreuses critiques dès son arrivée en 2018, tous s’accordent à dire que les anciens systèmes étaient loin d’être au point. Néanmoins, la pression sur l’orientation était aussi beaucoup moins importante qu’aujourd’hui. "Ce serait horrible de faire machine arrière, assure Sonia. Bien sûr qu’il y avait déjà des étudiants qui n’avaient pas la formation qu’ils voulaient. C’était d’autant plus compliqué pour ceux qui allaient aux rattrapages qu'il ne restait plus beaucoup de places dans les établissements mi-juillet. Mais ce qui nous angoissait était plutôt l’obtention du bac que l’orientation."

Frédéric, lycéen en 1993, devenu professeur d’histoire au collège, assume avoir choisi sa formation en fonction de ses copains. "Je travaillais pour mon bac, mais je ne me posais pas du tout la question de savoir où j’allais aller après le lycée. Il n’y avait pas de portes ouvertes ou de salons et les profs ne nous aidaient pas pour notre orientation. Je crois que ce qui nous faisait le plus peur, c’était de quitter nos parents et de devoir trouver un logement !"

Lancé en 2018, Parcoursup a remplacé APB. // © parcoursup.fr
Lancé en 2018, Parcoursup a remplacé APB. // © parcoursup.fr

Même APB, pourtant vivement critiqué pour sa méthode de sélection par tirage au sort, n’a pas réussi à inquiéter tous les lycéens. C’est le cas de Killian qui a obtenu son entrée en BTS sans difficulté en 2014 : "Je ne suis pas quelqu’un de stressé, encore moins pour mes études, alors je me disais que tant que j’étais pris quelque part, c’était le principal." Un sujet à méditer donc, pour les futurs candidats qui passeront, tous ou presque, par Parcoursup en 2020.

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