Ces entreprises qui misent sur la génération Y

Par Emmanuel Vaillant, publié le 03 Mars 2010
5 min

Vous êtes nés entre la fin des années 70 et le milieu des années 90 ? Alors vous faites partie de la génération Y. Moins riches mais plus diplômés, vous êtes aussi moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins intéressés par les partis politiques mais plus mus par le désir d’être utiles socialement… Portrait de votre génération qui ne manque pas d’atouts pour affronter la crise.

Incompréhension et méfiance : tels sont les termes le plus souvent utilisés pour qualifier les relations qui existent entre l’entreprise et vous. Pourtant, des sociétés misent sur les atouts de votre génération, comme une évidence. La preuve par ces deux exemples.

"À Visuamobile, on recrute surtout à la sortie des écoles"


Installée à Paris, Visuamobile est une start-up spécialisée dans les contenus pour smartphones. "Je recrute surtout à la sortie des écoles, en multimédia et en informatique, car lorsqu’on touche aux nouvelles technologies, on fait forcément appel à des jeunes", explique Jérémie Engel, 36 ans, fondateur et P-DG de cette entreprise qui emploie une trentaine de salariés, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 25 ans. "Ce qui m’importe, c’est que les gens se sentent bien, qu’ils ne soient pas tentés d’aller voir ailleurs et qu’ils soient autonomes dans leur travail. À partir du moment où ce qui est demandé est bien fait, chacun s’organise comme il veut", précise ce patron.

"Chacun est autonome dans son domaine"


Message reçu. "On me donne un planning, un brief client, on checke de temps en temps, mais je suis assez libre, avec une bonne part de créativité", mentionne Alexandra, une graphiste de 23 ans, engagée depuis 6 mois. "Même si l’on rapporte régulièrement à la hiérarchie, chacun est évidemment autonome dans son domaine", note à son tour Jean-Baptiste, 25 ans, ingénieur développeur.

"Aucun contrôle des horaires de travail"


Certes, ce mode de management – "plutôt très cool", lâche un salarié – impose parfois quelques ajustements… "Il n’y a aucun contrôle des horaires de travail, rappelle Jérémy. Mais il faut que les uns et les autres puissent se retrouver ensemble pour travailler et échanger. Si l’un arrive à midi pour repartir à minuit, cela devient difficile." Ou encore, même si l’organigramme est précis, chacun a tendance à choisir ses interlocuteurs. Ce qui peut amener à ce qu’un salarié se "trompe de chef"…
Quoi qu’il en soit, la fluidité des relations sociales est ici le gage d’un dynamisme. "Cette génération a compris que le plus important n’est pas de détenir l’information, mais de savoir où elle est", estime Jérémie Engel, dont l’entreprise affiche une croissance à deux chiffres et a vu ses effectifs tripler en l’espace de 3 ans.

"La règle à Voyages.sncf.com : expliquer aux collaborateurs le sens de ce qu’ils font"


Changement d’échelle. Nous sommes en banlieue parisienne, à Levallois-Perret (92), chez Voyages.sncf.com (dite VSC), filiale de la SNCF. Premier site marchand français et première agence de voyages en ligne, VSC emploie 330 salariés. Moyenne d’âge : 29 ans.
"La règle ici est que l’on ne fait pas travailler les collaborateurs sans leur expliquer le sens de ce qu’ils font, explique Geoffroy Fourgeaud, le directeur des ressources humaines de VSC, ancien DRH chez Jean Paul Gaultier. C’est un principe de management qui traverse les générations mais qui, sans doute, fait plus particulièrement écho chez les jeunes", poursuit-il.

"On tient compte de mon avis"


De la technique au marketing en passant par la régie pub, les salariés se répartissent en open spaces, occupant des bureaux collectifs – des benchs – qui ne laissent pas vraiment place à l’intimité. Pas grave, l’échange est un mode de fonctionnement obligé. "Avec mon responsable, il n’y a pas de distance hiérarchique. C’est un collègue.", affirme Adama, 24 ans, en charge de l’administration des réseaux et du système. "Non seulement je peux donner mon avis, mais en plus, on me le demande et on le prend en considération", indique Sébastien, un ingénieur développeur de 23 ans.

"Une volonté de faire adhérer les salariés"


Un séminaire et deux soirées par an, une fête pour chaque nouvel arrivant, des petits déjeuners improvisés : ici, l’ambiance se cultive. "C’est festif et sincère, apprécie Olivia, 26 ans, chargée de la politique de responsabilité sociale. Comme je le fais par exemple pour sensibiliser sur des questions d’écologie et de retraitement de déchets, il y a ici une vraie volonté de faire adhérer les salariés."
Reste à fidéliser ces jeunes recrues. "C’est important de savoir faire évoluer les salariés, même jeunes, vers des postes de management, au risque de se tromper parfois… Mais il faut essayer et toujours faire confiance", conclut le DRH de l’entreprise.

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