1. Interdiction des stages hors cursus : des exceptions qui font débat
Décryptage

Interdiction des stages hors cursus : des exceptions qui font débat

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Il fait l'unanimité contre lui. Présenté pour la première fois en mai, rejeté massivement en juin par les représentants des étudiants et des établissements d'enseignements supérieur, le décret destiné à interdire les stages hors cursus a finalement été appliqué le 1er septembre 2010. Ce texte, jugé « trop permissif », continue à diviser.

Le décret gouvernemental mettant fin à la possibilité d'effectuer un stage hors cursus a été rendu public le 25 août 2010 et appliqué le 1er septembre 2010. Il avait pourtant été rejeté par le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), qui regroupe des représentants des étudiants, des établissements et des personnels de l’enseignement, et par le collectif de stagiaires Génération précaire.

Un décret toujours jugé « trop permissif »


Claire Guichet, la présidente de la FAGE (fédération des associations générales étudiantes), qui siège au CNESER, est déçue de constater que le texte n’a pas beaucoup évolué depuis le mois de juin. « Son contenu va même totalement à l’encontre de l’avis du CNESER », déplore-t-elle.
Ophélie Latil, membre du collectif Génération Précaire, est du même avis. « Nous avons participé, depuis le début de l’année, à la rédaction de ce décret, qui devait servir de grille et empêcher les abus. Malheureusement, le ministère a refusé d’appliquer un texte contraignant pour les entreprises. »

Trois exceptions « aberrantes »


Sur le décret figure la liste vivement critiquée des trois exceptions à la règle d’interdiction : les stages de réorientation, les stages se déroulant pendant une année de césure, et les stages complémentaires de fin de formation, réalisés dans le cadre d’un diplôme d’université (DU) professionnalisant, dont la FAGE craint que la création « serve uniquement à distribuer des conventions de stage ».
Ces exceptions sont supposées satisfaire deux conditions : avoir « une finalité et des modalités définies dans l’organisation de la formation », et « faire l’objet d’une restitution de la part de l’étudiant donnant lieu à évaluation de la part de l’établissement ».

Comment vérifier la bonne application du décret ?


Difficile à dire. D’après Claire Guichet, le ministère fait confiance aux établissements, « qui devront s’organiser eux-mêmes pour faire les vérifications ». Certains joueront le jeu. Comme par exemple l’INALCO (institut nationale des langues et civilisation orientales), qui n’a pas attendu l’application du décret pour agir, et où il faut attendre d’être inscrit en licence 2 pour pouvoir obtenir une convention de stage. « C’est une excellente façon de lutter contre les inscriptions blanches », soutient Ophélie Latil.

Et maintenant ?


« Il faut laisser passer une année, faire une évaluation du décret et mesurer ses effets sur les stages hors cursus. Si rien n’a changé, ce que je crains, nous espérons que le ministère nous écoutera et prendra alors des mesures plus contraignantes », déclare la présidente de la FAGE. Affaire à suivre donc.
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