Jeunes diplômés 2012 : comment tirer profit de la crise

Par Jessica Gourdon, publié le 29 Mars 2012
5 min

Avis de tempête dans le ciel des jeunes diplômés en commerce-gestion ! Crise oblige, les offres d'emploi cadres se font plus rares et les salaires de départ moins élevés. Comment, alors, sortir son épingle du jeu sur le marché de l'emploi en 2012 ? Cibler les PME, des secteurs de niche voire partir à l'étranger pour de meilleures opportunités peuvent être de bonnes stratégies d'attente. Explications.

Certes, le marché de l’emploi reste difficile pour les jeunes diplômés 2012 en commerce-gestion. Mais certains secteurs sont moins touchés par la crise que d’autres. Ainsi, les embauches devraient continuer dans les fonctions commerciales, l’import-export, l’audit, le conseil, les systèmes d’informations, les télécommunications.

L’aéronautique et l’industrie pharmaceutique sont d’autres secteurs très dynamiques. Certaines "niches", comme le luxe, ont également des besoins très importants, notamment à l’étranger.


Des opportunités dans l’audit, la banque, la grande distribution

De même, les assurances continueront de recruter, tout comme la grande distribution. "Dans ce secteur, si les débuts comme chef de rayon ne sont pas passionnants on évolue très vite. Un jeune peut se retrouver patron d’un hypermarché au Chili à 30 ans", assure François Bonvallet, directeur de Reims Management School.

Même si les embauches seront un peu moins fortes que dans les années passées, la banque de détail continuera de recruter de gros volumes de bac+5. "Des départs importants à la retraite sont encore à prévoir - 30% du personnel ayant plus de 50 ans - et le rythme des ouvertures d’agences sur le territoire reste soutenu. La voie de recrutement privilégiée est celle de l'alternance", observe Sandy Campart, directeur de l'IUP Banque Assurance de l’IAE de Caen.


Marketing, communication en banque d’affaire à la baisse

En revanche, les postes en marketing grande consommation, communication, ressources humaines, évènementiel, et ceux qui sont spécifiques à la banque d’affaires sont particulièrement rares et difficiles d’accès.

Côté secteurs, les médias, et certaines activités industrielles comme l’automobile ou la chimie sont en repli. "Si le jeune diplômé reste fixé sur ces secteurs, il y a de forte chances pour que le temps de recherche s’allonge", prédit Benoit Anger, directeur des relations entreprises de l’EM Normandie.


Adopter des stratégies de contournement

À ceux qui ont du mal à trouver chaussure à leur pied, Manuelle Malot, directrice des carrières à l’Edhec, conseille "des stratégies de contournement". Exemples ? Si vous visez le marketing, commencez dans le commercial ou les relations clients pour basculer ensuite vers ce type de fonctions ; passez par la banque de détail pour rejoindre la filiale banque d’affaire…


Cibler les PME

Autre conseil : ne pas se focaliser sur les groupes du Cac 40, et viser les PME. "C’est là qu’il y a des emplois, avec de bonnes perspectives, surtout si l’on vise les entreprises de 200-250 salariés", assure Jean Audouard, directeur de l’ESCE.

En outre, face à cette situation, certains décideront sans doute de poursuivre 1 an leur formation (jusqu’à bac+6) avec un diplôme de type  master 2 à la fac, mastère spécialisé, ou MBA spécialisé. Une stratégie parfois coûteuse, mais qui peut être maline pour se spécialiser dans un secteur pointu et se constituer un réseau.


Partir pour trouver mieux ?

Dans ce contexte, partir à l’étranger pour trouver de meilleures opportunités peut être une bonne option. À l’Edhec, un tiers des diplômés 2011 ont d’ors et déjà fait ce choix. Idem à l’ESC Toulouse ou à l’ESC Montpellier.

Bertrand a des responsabilités bien plus importantes à Hong-Kong que celles qu'on aurait pu lui confier en France.

Bertrand, diplômée 2011 de l’ESC Rennes, est parti s’installer à Hong-Kong juste après ses diplôme. Il a trouvé un poste de développement commercial dans une PME gérée par des canadiens, qui revend des stocks d’invendus de marque de sport. Il gagne aujourd’hui 2.000 € net par mois. "J’ai des responsabilités bien plus importantes que celles qu’on aurait pu me confier en France", juge-t-il.

Signe des temps : le nombre de jeunes en poste en tant que Volontaire Internationaux (réservés aux moins de 28 ans, pour des entreprises françaises à l’étranger) atteint 7.100, soit un bond 57% entre 2006 et 2011. L’année dernière, 85.000 jeunes ont fait acte de candidature sur le site d’Ubifrance, qui gère ce type de contrats.


Raisonner en termes de qualité de vie


En outre, même si les salaires à l’étranger paraissent parfois peu élevés, il peut être intéressant de raisonner en termes de niveau de vie. Priscille, diplômée 2011 du Cesem, a trouvé un poste en marketing chez Goodyear à Shanghai, même sans parler chinois.
"Je suis payée 700 € par mois, mais mon logement et mes aller-retour vers la France sont pris en charge par l’entreprise. Avec cette somme, je vis vraiment très bien à Shanghai, bien mieux qu’en France avec 1.500 €". Ne pas se fier aux apparences ! 

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