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BAFA : comment s’adapter aux ados ?

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Vous avez votre BAFA, et vous vous lancez dans vos premiers jobs d’animateur. Comment appréhender les enfants ou ados que vous allez encadrer ? Que faut-il préparer ? Voici une série de conseils extraits du livre "BAFA, Mode d’emploi" d’Olivier Monod, publié aux éditions L’Étudiant.

Comment animer de grandes gigues molles et blasées à peine plus jeunes que soi ? En s’adaptant à eux, bien sûr ! Les ados réclament plus de réflexion de la part de l’animateur – comme de la part de leurs parents d’ailleurs –, qui doit trouver le bon équilibre entre indépendance et autorité. Fabien n’a d’ailleurs pas que des bons souvenirs avec cette tranche d’âge. "Il est difficile de définir leurs besoins. Il y a un équilibre à trouver. Il ne faut pas trop être derrière eux, mais un peu quand même."

Ados : ne pas tout préparer

Il faut se souvenir de sa propre attitude à cet âge-là. On aime ne rien faire et tout ce qui nous est imposé nous semble nul. L’animateur doit donc s’adapter, lâcher parfois un peu la bride et savoir impliquer les ados dans l’organisation.


La glande

Voilà certainement la principale caractéristique des ados. Le besoin de glander, de ne rien faire, de "rouiller" entre potes. Cela peut être frustrant pour l’animateur, mais ces temps de paresse sont nécessaires. "Si tu arrives avec ton ballon sur la plage, ils te rient au nez, explique Claire. Il faut leur laisser des temps creux, entre eux. C’est bête, mais les ados ont besoin de squatter leur chambre ensemble. Si tout est prévu à l’avance et que tu leur imposes un programme, cela ne marche pas." Et la colo peut tourner au cauchemar ! L’animateur se retrouve alors avec une bande de jeunes démotivés et traînant des pieds dès qu’il s’agit de faire quelque chose… C’est le combat constant !


Animation participative

Ne rien faire ennuie, même les ados. C’est alors qu’ils vont se tourner vers l’animateur en quête d’activité. Il s’agit de ne pas les décevoir. Les adolescents en structure d’accueil fréquentent ce genre d’endroit depuis leur enfance en règle générale. Ils connaissent donc les ficelles du métier. Cela met une pression supplémentaire sur l’animateur qui doit chiader ses animations. Il faut être convaincant face à un public averti. D’un autre côté, cette connaissance de l’animation des ados peut être salutaire.

"Il faut les faire participer à l’organisation, affirme Claire. Les ados aiment être acteurs de leurs activités. On peut même imaginer des grands jeux délirants avec eux, à condition qu’ils soient impliqués dès la préparation." Après tout, pourquoi pas ? Parfois animateurs et animés ont sensiblement le même âge et la même expérience. Prendre en compte les avis des ados et s’appuyer sur leur énergie pour organiser les jeux permet de les occuper tout en s’assurant qu’ils feront ce qu’ils ont envie de faire ! L’animateur se trouve là dans la posture d’un chef d’équipe, qui fait travailler tout le monde ensemble, plutôt que dans celle d’un chef tout court qui impose ses visées.

Ados : l’âge des questions

L’âge des "pourquoi" est certes révolu, mais ça n’empêche pas les ados d’être en questionnement permanent. Souvent en difficulté vis-à-vis de leur place dans un groupe, ils remettent en question le monde qui les entoure, à commencer par les figures d’autorité.


L’autorité

Claire résume en une phrase la difficulté d’imposer ses vues à un groupe de jeunes de 14-18 ans : "Tu n’as pas d’autorité, de compétence sur eux. Ils savent comment se passe une colo, ils savent prendre soin d’eux-mêmes et ils ont souvent quasiment ton âge !" Dans ces conditions, il n’est pas facile pour un animateur d’asseoir son autorité. C’est pourtant nécessaire sous peine de perdre le contrôle de son groupe. "Il faut être sûr de son autorité", commente Claire.

La moindre faiblesse peut être exploitée. Comme expliqué au paragraphe précédent, prendre en compte les envies des jeunes et les inclure (un peu) dans l’organisation permet d’établir son autorité sur une base de dialogues bénéfiques. Attention toutefois à ne pas céder sur les choses non négociables. Avec les ados, l’animateur doit faire face aux problèmes d’alcool, de tabac ou encore de sexe. Un minimum d’autorité est nécessaire pour limiter les conduites à risque !


Le sens de la vie

Il faut contraindre donc, mais là encore dans le dialogue. Échanger avec des adolescents entre 14 et 18 ans peut, assez rapidement, mener vers des questions existentielles ou intimes. "Face à des adolescents, il faut aimer discuter et débattre. On est moins dans la folie et le déguisement qu’avec les enfants, mais on peut avoir des échanges assez riches et profonds. Ce n’est pas exactement la même approche de l’animation", explique Nicolas, animateur depuis 10 ans. Le mal-être, le sentiment d’incompréhension ou encore les interrogations sur le sens de la vie, autant de thèmes qu’il faut être prêt à aborder avec eux lors de veillées ou de temps calmes, à l’initiative de certains jeunes. Encore une fois, imposer ce genre de discussions serait malvenu, mais savoir les suivre est un plus considérable.

Préados, l’entre-deux

Plus vraiment des enfants mais pas encore tout à fait des ados, les 11-14 ans, sont une classe d’âge très particulière qui demande à l’animateur un numéro d’équilibriste intéressant. Claire, notre experte en animation, vient à notre secours : "Avec eux, si tu arrives déguisée en fée, ils se moquent de toi ! Il ne faut pas trop d’imaginaire pour ne pas les faire passer pour des gosses, mais tu ne peux pas non plus les traiter comme des potes. Ils ont besoin de se prouver qu’ils ne sont plus des bébés mais ils ont quand même besoin de toi…" Ça semble compliqué !

Pourtant, cette classe d’âge est souvent citée comme la préférée des animateurs. "C’est vrai, ils cachent leur côté enfant mais ils sont plein d’énergie. Si tu les amènes à se lâcher, ça devient génial", s’enthousiasme Fabien. Attachants et épuisants à la fois, les préados, sont un défi quotidien pour l’animateur mais aussi un formidable moteur !
Sommaire du dossier
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