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Portrait

Les débuts de deux jeunes diplômés en journalisme

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Hélène et Romain ont en commun d’avoir suivi un cursus en journalisme avec l’envie de travailler dans l’audiovisuel… et d’avoir fait leurs premières piges dans la presse quotidienne. Ils reviennent sur leur parcours depuis la sortie de l’école, en 2008.

22 ans et déjà en CDI dans un quotidien national : depuis sa sortie de l’ISCPA Paris, Romain a connu un parcours sans temps mort. Si le jeune homme aurait aimé débuter comme reporter télé, il n’a pas hésité face à l’offre d’embauche de France Soir, où il effectuait un stage.

Son bac L en poche, Romain Katchadourian intègre en 2005 l’école de journalisme de l’ISCPA à Paris. Il souhaite devenir reporter pour le petit écran. Dans le cadre de sa dernière année d’études, il choisit d’ailleurs la télévision comme spécialité avec en perspective un stage (de cinq mois) dans l’audiovisuel.

Des candidatures spontanées… d’abord sans réponse


romain journaliste"J’ai consulté le site spécialisé BALE mais aucune offre ne me correspondait. En parallèle, j’ai envoyé une dizaine de candidatures spontanées mais je n’ai reçu aucune réponse positive". Pourtant, Romain prépare minutieusement ses candidatures. "J’envoyais toutes mes demandes par courrier postal et voie électronique puis je relançais par téléphone." Son seul tort, selon lui, est de ne pas s’y être pris assez à l’avance. "On me disait que j’avais un profil intéressant mais que les places offertes aux stagiaires étaient déjà prises. J’aurais dû m’y prendre plus tôt. On pense avoir le temps, mais les agences de production ou chaînes de télévision reçoivent des tonnes de CV", regrette le jeune homme.

Se démarquer et se faire remarquer


Alors que ses espoirs d’obtenir un stage dans l’audiovisuel s’amenuisent, il tombe sur une offre du quotidien France Soir sur le site intranet de son école. "J’ai postulé aussitôt. Même si c’était en presse écrite, le temps commençait à presser".

Son atout : savoir jouer les photographes. Pour préparer au mieux sa candidature, il peaufine sa lettre de motivation. "Les CV se ressemblent tous et les responsables de rédaction sont plus enclins à vous recevoir si votre candidature se démarque des autres". En témoigne la description de sa lettre : "J’ai écrit, dans un premier temps, que j’aimais bien la nouvelle formule de France Soir. Ensuite, j’ai suggéré les rubriques dans lesquelles je souhaitais travailler. Et pour finir, j’ai inscrit que j’étais passionné par la photographie et équipé d’un appareil photo. Je pouvais donc illustrer moi-même mes articles."

Proposer sans cesse des sujets. Banco ! Romain reçoit une réponse favorable. Après un bref entretien avec le rédacteur en chef, l’étudiant est engagé en mai 2008 au service société pour un stage de cinq mois. Durant cette période, il se montre très entreprenant et motivé. "Il faut se faire remarquer par le rédacteur en chef en proposant sans cesse des sujets, même s’ils sont mauvais, assène-t-il. En clair, en demander plus qu’on n'en reçoit. Si on le fait souvent, le rédacteur en chef s'en souvient. Il a besoin d’idées."

En CDI pour 1900 € brut par mois


À la fin de son stage, France Soir lui propose d’être pigiste. Cela ne dure qu’une semaine. Romain signe en octobre 2008 un CDD d’un mois, renouvelé une fois, avant de décrocher un CDI pour 1900 € brut par mois. "J’ai été embauché car je suis jeune, donc moins coûteux qu’un journaliste expérimenté. Ma compétence en photo m’a grandement servi : désormais, les rédactions veulent que les journalistes soient polyvalents."

L’école du terrain. Après avoir obtenu sa carte de presse en mars 2009, Romain contemple son parcours avec fierté. "Je n’ai pas bénéficié de la renommée ni du réseau des écoles reconnues. Mais toutes les formations non reconnues ne se valent pas. L’ISCPA jouit d’une assez bonne réputation et propose une bonne période de stage. C’est très professionnalisant", souligne-t-il avant d’ajouter : "Je ne me sens pas moins légitime qu’un diplômé de formation reconnue. L’école, c’est juste un "pass". La plupart des choses à acquérir pour ce métier s'apprennent sur le terrain."

Demain, l’audiovisuel ? Aujourd’hui, Romain continue de travailler au service société du quotidien, ce qui lui permet de couvrir certains événements qui l’enchantent. "Je suis parti notamment en Guadeloupe trois mois après le conflit pour décrire la situation de l’île. J’ai pu interviewer le leader syndical Elie Domota. C’était très intéressant." En attendant, il n’a pas abandonné ses ambitions d’intégrer un jour le monde audiovisuel, mais "le marché de l’emploi est tellement difficile qu’il faut accepter durant les premières années de travailler dans un média pour lequel on ne se destinait pas forcément".


L’avis de Didier Pourquery, rédacteur en chef du Monde magazine
Romain fait preuve d’un pragmatisme intéressant en proposant une double compétence : texte et photos. Les rédactions recherchent de plus en plus des gens polyvalents. Par exemple, quand j’ai lancé la version française du quotidien Métro, il y a quelques années, je cherchais des jeunes journalistes pouvant écrire, monter des pages sur Xpress, faire des photos et écrire en anglais. Métro étant un groupe international, on fournissait des versions anglaises de nos reportages pour que chaque édition nationale puisse les publier. Romain a commencé dans la presse mais cela ne veut pas dire qu’il ne poursuivra pas dans l’audiovisuel. Car le développement d’Internet a permis un certain décloisonnement entre les types de médias. Par exemple, beaucoup de pigistes avec lesquels je travaille au Monde exercent en parallèle pour des sociétés de production audiovisuelle. 

Pour aller plus loin : Ce jeune journaliste a remporté le prix de l’information sociale 2015 / Reportage : 3 futurs journalistes en stage à l’AFP / Journalisme : comment bien démarrer dans le métier / Journaliste reporter d'images

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Hélène Nahory, jeune diplômée de l'IJBA