1. Ces élèves ingénieurs mesurent la qualité de l’air avec une plante
Reportage

Ces élèves ingénieurs mesurent la qualité de l’air avec une plante

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Mickaël, Thomas, William et Alexis ont remporté  en mars 2015 le prix Challenge Citoyen de la CGI, dans la catégorie Environnement. // © Delphine Dauvergne
Mickaël, Thomas, William et Alexis ont remporté en mars 2015 le prix Challenge Citoyen de la CGI, dans la catégorie Environnement. // © Delphine Dauvergne

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR ! Déjà lauréats du prix Challenge citoyen CGI (Conseillers en gestion et informatique), dans la catégorie Environnement, en mars 2015, l’équipe du projet Ganymède ne compte pas en rester là. Ces quatre futurs ingénieurs entendent bien recouvrir l’Île-de-France de petites plantes vertes connectées, pour analyser et communiquer en temps réel la qualité de l’air.

Quatre étudiants en première année de l'école d'ingénieurs ESIEA ont créé une plante connectée qui permet d'afficher en temps réel la qualité de l'air de la zone étudiée. Après avoir été primés lors de deux hackathons (concours de développement) à l'automne 2014, l'un organisé par Intel, l'autre par la Société générale, Alexis Soto, Thomas Thous, Mickaël Mayeur et William Daoust ont pris conscience que leur projet étudiant avait un potentiel...

"Il y avait une réelle attente, nous avons quand même séduit une banque avec de l'écologie !", se félicite Thomas, 21 ans. Les quatre jeunes hommes désirent désormais monter leur propre start-up et ont remporté en mars 2015 le prix Challenge citoyen de la CGI, dans la catégorie Environnement.

Sensibiliser pour avoir un impact local

"Nous cherchions un projet en rapport avec les thématiques à la mode. Nous avons pensé aux pics de pollution à Paris", se souvient Alexis, 21 ans. Le quatuor invente alors un objet permettant d'analyser la qualité de l'air. William, 23 ans, estime que l'invention est "un bon moyen de sensibiliser, car si chacun se rend compte de l'émission de CO2 dans son quartier, il agira à son échelle, individuellement, pour que les choses changent."

"À Paris, nous manquons aussi de plantes, de vert. La forme qu'on a donnée à notre objet n'est pas un hasard..." reconnaît Thomas. Chaque plante, équipée de capteurs, permet de collecter des informations comme la température, la pression, l'humidité ou le taux de particules dans l'air.

Un projet qui a assez d'oxygène

Les quatre futurs ingénieurs tiennent chacun un rôle spécifique dans l'équipe. Alexis est le "chef". Il s'occupe aussi de la partie design et du développement de l'appli mobile du projet. "Je suis obligé de rappeler à tout le monde le travail à accomplir. En tant que designer, je m'assure que la plante réponde aux contraintes du milieu urbain, tout en s'intégrant à la ville de manière assez esthétique", explique-t-il. Mickaël, 20 ans, gère le "stockage de toutes les données" et Thomas du système embarqué, c'est-à-dire des capteurs, l'électronique présente dans la plante. Quant à William, il assiste Mickaël et Alexis dans leurs tâches, tout en se chargeant de la communication du projet.

Pour avoir le temps de poursuivre leur entreprise, l'ESIEA a intégré ces étudiants dans son dispositif "espoir entreprendre", qui leur permet à la fois de suivre leurs cours et d'être encadrés pour développer leur projet de création de start-up. Ils bénéficient d'horaires aménagés et de cours spécifiques avec des intervenants qui viennent témoigner de leurs expériences. Côté financements, les trois prix gagnés leur ont permis de récolter 7.500 €. La réalisation de chaque prototype a couté entre 100 et 300 €. À terme, l'équipe souhaite vendre ses prototypes moins de 200 €.

Objectif : faire le buzz pour la Cop21

Aujourd'hui, ils mettent l'accent aussi bien sur le côté technologique que sur la dimension commerciale de leur projet. "Le deuxième prototype a été créé. Nous démarchons déjà des municipalités pour l'expérimenter", détaille Thomas. Ganymède s'est engagée à fournir la ville d'Ivry-sur-Seine (94), où se situe leur école, pour en faire une ville-test juste avant le début de la Cop21, le 30 novembre 2015.

"Cela représente une quinzaine de plantes et idéalement on aimerait agrandir ce test en incluant Paris. Notre objectif est de finaliser notre produit d'ici l'événement afin de pouvoir le vendre", ambitionne Thomas. Les plantes Ganymède devraient fleurir à la fin de l'automne.

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