1. Cyril, 25 ans, des origines du mouvement monastique... au service commercial d’Axa.
Interview

Cyril, 25 ans, des origines du mouvement monastique... au service commercial d’Axa.

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Cyril Schlider fait partie de la première "Promotion Phénix", recrutée en 2007. Alors étudiant en master 2 d’histoire médiévale à Marne-la-Vallée, il est aujourd’hui attaché commercial chez AXA.

A-t-il été difficile de renoncer à la matière que vous étudiez pour entrer dans le monde de l’entreprise et prendre un travail qui n’a aucun lien avec votre sujet d’études ?
  

L’histoire est une passion à laquelle je n’ai pas renoncé mais j’ai fini par réaliser que je ne souhaitais pas devenir enseignant, et que je n’étais sans doute pas assez brillant pour faire de la recherche. Aujourd’hui, je n'ai pas l’impression d’avoir renoncé à ma passion. Je continue de participer à des forums, je vais à des débats, des conférences, je lis des livres sur le sujet… Lors des premiers rendez-vous avec les initiateurs de l’Opération Phénix, 95 % des postes qui étaient proposées ne m’intéressaient pas vraiment, ou ne me disaient rien. Mais j’ai tenté ma chance, en envoyant mon dossier à Axa, Price et Renault, et en réalité, c’est lors de l’entretien que tout s’est joué.

 

Qu’avez-vous fait pour convaincre le recruteur qui vous a reçu ?
 

Je ne connaissais pas grand chose au monde de l’entreprise, pour moi c’était "Caméra Café" ! J’ai décidé d’être très honnête avec le recruteur, très "cash", et je crois que c’est ce qui a fonctionné. J’ai mis en avant tout ce que je savais faire, j’ai aussi parlé de toutes mes expériences de jobs, dans l’animation, dans la grande distribution... Et je n’ai pas hésité à dire ce que je ne savais pas faire et ce que je pensais devoir apprendre pour occuper le poste proposé. Visiblement, ça a marché !

 

Comment s’est passée votre intégration dans l’entreprise ?
  

Avec tous les autres Phénix recrutés en même temps que moi, j’ai d’abord suivi une formation de 3 mois, d’octobre à décembre. Il y avait un côté "retour au lycée", c’était un peu déroutant d’étudier des matières très variées alors que depuis 2 ans mon seul sujet d’intérêt était les origines du mouvement monastique à la fin du IVème siècle ! Les cours portaient sur les ressources humaines, le marketing, le droit... Honnêtement, ces cours ne me servent pas vraiment aujourd’hui, mais je crois que c’était avant tout un sas pour réussir notre transition entre l’univers de la fac et celui de l’entreprise. J’ai pris mon poste en janvier 2008 : il y avait au tout début un mélange de scepticisme et de curiosité, qui a vite été remplacé par beaucoup de bienveillance. J’ai appris mon métier sur le tas, comme le font aussi les jeunes diplômés d’écoles de commerce. Ma fonction est de fidéliser et de développer des partenariats avec des clients que nous avons déjà : c’est beaucoup de relationnel, et je réalise que des compétences acquises à la fac comme l’aptitude à prendre du recul, à écouter, à réfléchir, à rédiger me sont aujourd’hui très utiles.


N’avez-vous pas l’impression de vous être "vendu" à l’entreprise ?
  

Le monde de l’université et celui de l’entreprise sont effectivement très éloignés : l’objet de l’université, c’est la recherche de savoir – celui de l’entreprise est la recherche de profit. Pour autant je n’ai jamais eu l’impression de m’être vendu ! En revanche, j’ai découvert qu’on pouvait s’épanouir dans l’entreprise, ce qui est mon cas. Je ne suis pas dupe, je sais que pour les entreprises qui participent à cette opération, c’est aussi une bonne opération de communication, mais c’est loin de n’être que ça. Car pour tous les Phénix de ma promotion – je suis resté en contact avec la majorité d’entre eux – l’expérience est très positive. Nous nous sommes tous sentis très vite à notre place dans l’entreprise.

La légende de Phénix
La légende de ce Phénix des temps modernes rapporte qu'à l'origine de sa création, il y a le mouvement des étudiants contre le CPE en 2006. Bernard Deforge, professeur émérite des universités, aujourd'hui associé chez Pricewaterhouse et responsable de l'opération Phénix raconte : "A l'époque, le PDG France de PricewaterhouseCoopers, Serge Villepelet, était interpellé par le fait que tous les jeunes embauchés chez Price avaient tous le même profil et les mêmes diplômes de grandes écoles. Il était aussi préoccupé par la vision de tous ces jeunes gens titulaires de diplômes universitaires de grande valeur mais "perdus" pour l'entreprise. Il s'est demandé que faire pour éviter ce gâchis. Ainsi est née l'idée d'un partenariat entre des universités et des entreprises pour favoriser l'embauche de jeunes ayant une formation de qualité mais peut-être pas suffisamment de débouchés professionnels intéressants.
"Et pourquoi "Phénix" ? Pour la petite histoire, on relèvera que le Phénix est dans la mythologie grecque l'oiseau qui renaît de ses cendres. Or Bernard Deforge, est un ancien professeur de littérature grecque ancienne, mais aussi l'ancien doyen de l'université de Caen dont le symbole est... le Phénix !

Sommaire du dossier
Retour au dossier Opération Phénix : ce qu’il faut savoir avant de postuler Opération Phénix : comment se passent les entretiens Cyril, 25 ans, des origines du mouvement monastique... au service commercial d’Axa. Opération Phénix, que sont-ils devenus ? Trois anciens racontent Vidéo : Opération phénix, quand les jeunes diplômés rencontrent les entreprises