1. Opération Phénix, que sont-ils devenus ? Trois anciens racontent
Témoignage

Opération Phénix, que sont-ils devenus ? Trois anciens racontent

Envoyer cet article à un ami

En master 2 Lettres ou Sciences humaines, vous craignez ne pas avoir le profil pour réussir en entreprise ? Comme vous, les anciens de l’opération Phénix appréhendaient sans doute l’entrée dans la vie active. Quelques années après, où en sont-ils ? Trois d'entre eux témoignent.

Thibault est un auditeur confirmé chez PwC. Il a intégré l'entreprise le 1er octobre 2007 par la voie royale, un CDI. Anthony, chef de secteur night life prestige France chez Coca-Cola Entreprise, n'en revient toujours pas, lui non plus, d'avoir décroché un emploi stable dans l'une des compagnies favorites des jeunes, dès son diplôme en poche.

Nadège - phénix ©L'Oreal Paris

Quant à Nadège, aujourd'hui responsable merchandising d'enseigne chez l'Oréal France, elle reste perchée sur son petit nuage depuis qu'elle a intégré son entreprise préférée il y a deux ans, alors que tant de jeunes diplômés d'écoles de commerce galèrent à trouver un job, même en CDD.

Des universitaires au pays des commerciaux

Le point commun entre Thibault titulaire d'un M2 de philosophe et d'histoire à Paris IV, Anthony, diplômé d'un M2 de sciences humaines, culture et société, spécialité culture sportive à l'université Paris-Est Marne la Vallée et Nadège, elle aussi titulaire d'un M2 mais en histoire économique contemporaine à Paris I ? Tous les trois ont participé à l'opération Phénix, lancée en 2007.

Depuis huit ans, ce dispositif crée un pont d'or entre les entreprises et le monde de l'université, en proposant aux étudiants en master 2 Lettres, Sciences humaines et, depuis l'édition 2014, sciences, des postes en CDI normalement dévolus aux profils issus d'écoles de commerce ou d'ingénieurs. Désormais ouvert à toutes les universités, ce dispositif a permis à 18O diplômés d'intégrer une des onze grandes entreprises participantes - Axa, Bred, Coca-Cola Entreprise, Danone, Helpline, HSBC, Leroy Merlin, L'Oréal, Marine Nationale, PwC et Vinci - à la recherche de profils 100 % atypiques.

Des qualités adaptées au monde de l'entreprise

Une idée farfelue ? Loin de là puisque l'objectif est clairement de diversifier les recrutements composés essentiellement d'écoles de commerce, d'ingénieurs et d'universités comme Paris-Dauphine. Un sang neuf pour les entreprises et une belle opportunité pour les jeunes diplômés conscients de leurs atouts. "Les matières littéraires dispensées dans un cadre universitaire permettent de développer des qualités adaptées au monde de l'entreprise et apportant un regard nouveau sur le développement du business", lance Nadège, convaincue.

Thibault - phénix ©PwC Et elle sait de quoi elle parle. Pendant son année de formation en alternance, elle a pu découvrir bon nombre de métiers de la cosmétique chez Garnier, puis elle s'est vue confier durant un mois la mission de manager adjoint de la boutique Essie au centre commercial de Vélizy avant de rejoindre son poste au Category Management. Une expérience qui lui a permis de travailler la communication autour des diverses marques du leader mondial du secteur, mais aussi d'apprendre à gérer les stocks et les ventes et bien sûr à manager le personnel. Thibault saisit la balle au bond : "Notre force est cette capacité que nous avons, nous littéraires, à présenter de façon claire et synthétique des sujets parfois très complexes". Quant à Anthony, il est formel : "Mon cursus universitaire est un atout que Coca Cola Entreprise a su valoriser. Preuve chaque année, on m'a confié de nouvelles responsabilités : commercial, délégué commercial et maintenant chef de secteur, mon évolution professionnelle a été fulgurante. Elle n'aurait pas été aussi riche si j'avais suivi un cursus d'école de commerce."

Et tous les trois sont unanimes sur le fait que leur culture générale leur permet d'établir des relations de grande qualité avec leurs clients, ce qui permet de les fidéliser. "Mais dommage que ce mouvement reste encore minoritaire", se désole Thibault. En effet, le mélange culturel n'est pas encore inscrit dans l'ADN de toutes entreprises. D'autant que la crise est un frein puissant, les entreprises se montrant encore plus prudentes dans leurs profils de recrutement.

Sommaire du dossier
Retour au dossier Opération Phénix : ce qu’il faut savoir avant de postuler Opération Phénix : comment se passent les entretiens Cyril, 25 ans, des origines du mouvement monastique... au service commercial d’Axa. Opération Phénix, que sont-ils devenus ? Trois anciens racontent Vidéo : Opération phénix, quand les jeunes diplômés rencontrent les entreprises