1. Rebondir après un job alimentaire
Témoignage

Rebondir après un job alimentaire

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Depuis le début de la crise, les jeunes diplômés rencontrent de plus en plus de difficultés pour trouver un emploi en phase avec leur niveau de qualification et leurs attentes. Et le recours aux emplois alimentaires ou déqualifiés se multiplie. Comment faire en sorte que cette parenthèse dure le moins longtemps possible ? Comment valoriser cette expérience auprès des recruteurs ? Conseils et témoignages.

Depuis votre sortie de l'école, vous êtes à la recherche du job de vos rêves, mais sans succès ? Vous n'êtes pas le seul : selon une enquête menée par l’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) en avril 2011, 57 % des jeunes ayant décroché leur diplôme en 2010 étaient sans emploi, et sur les 43 % en poste, plus de la moitié occupait un "emploi d’attente".

D’après Christian Darantière, directeur délégué de l’association, "les jeunes ont intégré le fait qu’ils ne trouveront pas d’emploi rapidement et n’hésitent pas à recourir aux petits boulots. Actuellement, il est moins facile pour les bac + 4/5 de s’insérer professionnellement que pour les titulaires d’un BTS [brevet de technicien supérieur] ou d’une licence professionnelle. En effet, les entreprises préfèrent recruter des cadres expérimentés qui sont directement opérationnels et productifs plutôt que des jeunes diplômés sans expérience."

Fixez-vous une limite quant à la durée de ce job


Si vous aussi vous décidez de prendre un petit boulot d’attente, un conseil : que ce soit pour un job purement alimentaire ou pour un emploi déclassé (dont le niveau de formation requis est inférieur au vôtre), mieux vaut faire un choix réfléchi en attendant de trouver le bon poste.

Mais le principal défi est de ne pas rester trop longtemps dans cette situation. La durée acceptable de l’emploi d’attente dépend de la façon dont il pourra être valorisé par la suite, mais sachez que prolonger l'expérience vous expose à vous éloigner de votre projet professionnel.

"Il est moins risqué de prendre un emploi alimentaire pendant quelques mois que d’accepter un déclassement de longue durée", conseille Christian Darantière. Certes, occuper un job dans son secteur pour lequel on est surqualifié permet de tisser un réseau, mais il peut être difficile à justifier auprès de certains recruteurs. Si vous hésitez, le plus simple est de choisir un petit boulot à temps partiel, laissant la possibilité de poursuivre vos recherches dans la journée et de vous rendre aux entretiens.

Restez connecté avec votre domaine d'études


Pour Muriel Causse-Molinari, responsable du service recrutement à la direction de l'emploi et des compétences chez EDF, "il est important que le jeune, contraint d’exercer un emploi d’attente, soit capable de démontrer qu'il a tenté de rester connecté avec son domaine d'études, par ses lectures ou ses connaissance de l'actualité." Un recruteur est tout à fait en mesure de comprendre que vous êtes touché par la crise, et il est essentiel d’en parler sans honte, en montrant que vous avez su prendre du recul par rapport à cette expérience.

Parlez-en sans tabou dans vos entretiens d'embauche


Le simple fait d’être en poste vous garantit une position favorable. Muriel Causse-Molinari est convaincue qu’une entreprise préfèrera toujours un jeune qui a su se prendre en main, plutôt qu'un candidat qui est resté inactif. C'est la preuve qu’il est responsable, autonome et courageux. Ce que confirme Rémy, 24 ans, qui a occupé un job de vendeur en attendant de devenir responsable adjoint de magasin, emploi plus en adéquation avec sa licence pro en management de points de vente : "J’ai été honnête lors de mes entretiens, et mon futur employeur a compris ma situation."

"Chaque expérience, aussi modeste soit-elle, permet de développer des compétences transverses, ce dont le jeune n'a pas toujours conscience", ajoute Muriel Causse-Molinari. Pensez à mettre en avant les qualités comportementales que vous avez pu développer dans un emploi alimentaire : le sens de l'équipe, la capacité à gérer des situations conflictuelles…

Mentionnez-le dans votre CV


Il est normal que vous hésitiez à intégrer un petit boulot contrastant avec le reste de votre parcours dans votre CV. Or, affirme Christian Darantière, "cette expérience sera beaucoup plus appréciée qu’un trou inexpliqué. Une ligne suffira si vous avez travaillé en restauration rapide, mais si vous avez fait des interventions de formation dans un domaine proche de celui dans lequel vous souhaitez évoluer, il importe de les mettre en valeur."
Sommaire du dossier
Job alimentaire – Témoignage – Sophie : "J’étais résolue à ne faire les cantines que pendant 6 mois" Job alimentaire – Témoignage – Franck : "J'en ai profité pour monter ma propre société"