Service civique : une expérience unique pour les volontaires

Par Jeanne Seignol, publié le 29 Juin 2015
6 min

Le service civique fête ses 5 ans ! Depuis sa création, 85.000 jeunes, de 16 à 25 ans, ont effectué une mission d'intérêt général pendant plusieurs mois. Retour sur cette expérience humaine, véritable révélation pour Peggy, Alice, Tiphaine et Carole.

“Mon service civique a été un déclic pour moi, j'en suis sortie grandie et avec des nouveaux projets en tête”, avance Peggy, qui a exercé son service civique en tant que tutrice d'éducation à Limoges (87). En parallèle de sa formation d'avocate, elle a donné chaque soir quelques heures de son temps à plusieurs jeunes en difficulté. Son engagement de quelques mois l'a bouleversée, beaucoup plus qu'elle ne le pensait.

Aujourd'hui, grâce à l'ISC (Institut du service civique), elle a postulé à Sciences po en master relations internationales et a été admise. Récemment, le service civique et Sciences po Paris ont en effet signé une convention afin que les lauréats de l'ISC, titulaires d'un diplôme de premier cycle, déclarés éligibles à l'issue de l'examen de leur dossier de candidature, passent directement un oral d'admission pour intégrer un programme de master.

“Mon service civique a suscité une vocation”

“Sans l'Institut du service civique, je n'aurais jamais postulé à Sciences po”, avoue Peggy. “Ces jeunes en service civique ont besoin d'être poussés. Sans l'Institut, ils ne feraient jamais certaines rencontres”, expliquait Martin Hirsch, président de l'ISC, lors du gala des investisseurs pour la croissance en mai dernier. “Si les lauréats qui souhaitent entrer dans des grandes écoles passent par le concours classique, ils échouent. Pourtant, si vous leur donnez une chance d'entrer par une autre voie, ils décrocheront leur diplôme.”

Et Peggy de confier : “Mon service civique a suscité une vocation : j'aime toujours le droit mais je veux lui donner une autre dimension. Grâce à ces quelques mois de volontariat et aux échanges avec ma tutrice de l'Institut, je souhaite aujourd'hui être médiatrice à l'ONU. J'ai mis de côté le droit des entreprises pour me consacrer à la médiation humanitaire.”

“Il a confirmé mon projet professionnel”

Pour Alice, c'est un peu différent. “Le service civique ne m'a pas fait changer de voie. Mais une chose est sûre, il a confirmé mon projet professionnel.”

Après un DUT carrières sociales, Alice s'inscrit au service civique et effectue sa mission au service pénitentiaire d'insertion et de probation de l'Eure. “Mes missions couvraient 3 volets : organisation et animation d'activités socio-culturelles, gestion de la bibliothèque et gestion du point d'accès aux droits (Caisse primaire d'assurance maladie, impôts...)”, explique-t-elle. Elle reste convaincue que cet engagement fut décisif pour intégrer sa licence professionnelle coordination des projets sociaux et culturels à l'université Michel-de-Montaigne (Bordeaux 3) : “Mon service civique m'a permis d'acquérir des compétences supplémentaires dans le milieu de la coordination et dans le monde carcéral.”

Le service civique permet également à certains jeunes sortis trop tôt du système scolaire d'y retourner quelques années plus tard. Tiphaine a 22 ans lorsqu'elle est contrainte de mettre un terme à ses études. Après un BTS design de mode à l'école Duperré, la jeune femme part aux Pays-Bas pour la Design Academy Eindhoven. Elle est alors obligée d'arrêter en cours de route à cause de problèmes financiers.

“J'ai décidé de revenir à Nantes, ma ville natale, et de faire mon service civique. J'avais envie de me lancer professionnellement. J'ai alors rejoint le programme Rêve et Réalise chez Unis Cité, l'association pionnière du service civique”, raconte Tiphaine. Elle se souvient très bien de cette période : “J'ai réalisé des projets culturels, j'ai adoré les organiser. Je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup l'événementiel, autant que la création.”

En juin 2013, la Nantaise postule à l'Institut du service civique. “Lors de mon entretien, j'ai évoqué vouloir reprendre mes études mais, faute d'argent, cela me paraissait impossible. À la rentrée suivante, l'ISC finançait ma formation au CNAM, à distance et en cours du soir, en licence pro chef de projet culturel.”

“L'année la plus riche de mon existence”

Après son bac, Valentine veut, quant à elle, prendre son temps avant de s'engager dans des études supérieures. Elle postule donc pour le service civique : “Je voulais faire quelque chose d'utile, qui ait du sens”, explique-t-elle. Après de nombreuses candidatures, Valentine effectue sa mission à l'AFEV, un réseau étudiant solidaire intervenant dans les quartiers populaires.

Sa meilleure amie et elle quittent leur Bretagne natale pour s'installer 9 mois à Perpignan : “Je suis ravie de l'avoir fait là-bas. Ça a été l'année la plus riche de ma courte existence. J'ai accompagné une famille lors de ma mission et c'est certainement l'une des plus belles rencontres que j'ai pu faire.” Et de conclure : “Je suis fière du chemin que j'ai parcouru.”

Carole aussi partage ce sentiment : “En deuxième année à Sciences po, j'avais l'impression que les 5 années à venir étaient déjà toutes tracées, mais j'avais envie de faire un choix plus personnel, de prendre le temps de retrouver mes vraies motivations.” Elle se tourne donc vers le service civique et effectue une mission de médiatrice culturelle à la Mairie de Paris où elle participe à l'organisation du festival artistique étudiant “Ici & Demain”.

“Cela a été un vrai moteur tout au long de l'année”

Carole met alors la barre très haut : en plus de faire un service civique, elle décide de se lancer dans une licence à distance (Rennes 2) en histoire : À Sciences po, j'avais opté pour une spécialité histoire et ça m'avait beaucoup intéressée, j'ai voulu en apprendre plus. Du coup, je me suis lancée, comme ça, juste pour essayer, en me disant que si je n'y arrivais pas, ce n'était pas grave.”

Et finalement, elle décroche sa première année en licence à distance avec brio. “Ça a été une année très épanouissante, j'ai adoré faire mon service civique, il m'a donné envie de m'investir encore plus dans mes études et inversement. Ça a été un vrai moteur tout au long de l'année.”

Aujourd'hui, Carole a beaucoup plus confiance en elle. “Ça m'a prouvé que j'étais capable de faire plusieurs choses en même temps. Je suis fière d'avoir réussi et je veux maintenant continuer mon cursus. Je me suis même inscrite dans une seconde licence en études européennes à la Sorbonne nouvelle !”

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