1. Stages à rallonge : même après une Business school !
Enquête

Stages à rallonge : même après une Business school !

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Ils ont fait une (très) bonne école de commerce et pourtant… ils prolongent leur stage de fin d’études. Une démarche souvent pragmatique sur un marché de l’emploi qui ne répond pas à leurs attentes et une tendance qu’accompagnent, faute de mieux, les établissements.

Sacha, promotion 2009 de l’EDHEC Lille, n’a pas eu de chance. Avec pourtant déjà plus de 16 mois de stages au compteur, il fait chou blanc sur le marché du travail. 5 mois après son diplôme de l’une des meilleures écoles de management françaises, il a dû se résigner à reprendre le chemin des stages. Les portes se sont alors ouvertes bien plus facilement.

"Ne pas rester inactif trop longtemps"


Stagiaire depuis début octobre à la direction des relations sociales au Crédit du Nord, il s’occupe de l’organisation des élections d’entreprise, pour un salaire de 1250 € (brut). Loin des 40.000 € annuels prévus à la sortie de l’école renommée mais, pour Sacha, il n’y avait pas d’alternative. Il ne pouvait même pas prétendre à l’indemnité chômage.

"Cela ne me plaisait pas de refaire un stage mais je ne voulais pas rester inactif plus de 6 mois. Et c’est un bon moyen de me faire connaître dans l’entreprise", explique-t-il. Il a d’ailleurs accepté ce stage même s’il savait dès le départ qu’il ne menait pas directement à une embauche. "Il s’agit d’une grande entreprise qui recrute. J’espère que ce sera un stage de pré-embauche pour un autre poste", indique le jeune homme de 24 ans.

"Un stage de moins de 6 mois ne vaut pas grand-chose"


Il est d’ailleurs loin d’être le seul à avoir eu cette stratégie. Largement délaissé depuis plusieurs années par les étudiants de l’EDHEC, le stage de fin d’études, facultatif, a récemment repris toute sa place puisque 70 % des étudiants de la promo 2009 ont choisi cette option.

Parmi eux également, Anne-Laure, en stage chez Vallourec depuis avril. Pour valider son diplôme, 5 mois de stages suffisaient pour atteindre les 12 mois obligatoires. Elle a pourtant choisi d’en faire 9. "J’avais le droit d’avoir une convention de stage de l’école jusqu’en décembre, explique-t-elle. Je voulais utiliser au maximum cette option parce que je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Et pour un niveau bac + 5, un stage qui dure moins de 6 mois ne vaut pas grand-chose." Pour l’avenir, elle est déjà rassurée : la jeune parisienne a réussi à décrocher un CDI pour la fin 2009 chez Ernst & Young comme auditeur financier, avec un salaire de 36.000 € (brut).

Et si elle n’avait pas décroché cet emploi, aurait-elle rempilé pour un stage ? "A priori, non. J’arrive maintenant à plus d’un an de stages ! Mais si je n’avais pas obtenu ce job, ma réponse aurait peut-être été différente. C’est vrai qu’en septembre, j’avais quand même commencé à regarder un peu les offres de stages en parallèle de ma recherche d’emploi car je ne trouvais rien…", avoue-t-elle.

"S’il faut en passer par là…"


Diplômée de Rouen Business School en juillet 2009, Anaïs recherche quant à elle un emploi depuis plus d’un mois et demi dans le domaine de la création d’entreprise. Accepterait-elle un stage ? "Etant donné la crise aujourd’hui sur le marché du travail, s’il faut en passer par là, je le ferais, reconnaît-elle, mais à condition qu’il s’agisse d’un stage de pré-embauche, avec un budget prévu pour un poste après." Une garantie rarement offerte par les entreprises…

Sommaire du dossier
Les écoles parfois contraintes de prolonger les conventions de stage Les recruteurs peu critiques vis-à-vis des stagiaires à rallonge