Le "service civique européen", un volontariat déjà possible en France

Par Séverine Mermilliod, publié le 28 Février 2022
5 min

L'annonce par Emmanuel Macron d'un futur "service civique européen" en décembre dernier l'aurait presque éclipsé, et pourtant, en France, le programme existe déjà. Des missions de volontariat en Europe et à l'international sont proposées aux 16-25 ans désireux de mobilité.

Partir de six à douze mois pour effectuer une mission d'intérêt général dans des organismes agréés, c'est ce que propose le service civique, en échange d'une indemnité. Une expérience possible en France mais aussi à l'étranger.

Lire aussi

Un service civique à l'international

On ne le sait pas forcément, mais le service civique, ce n'est pas qu'en France. Entre 2010 et 2020, plus d’un demi-million de jeunes ont effectué une mission de service civique. Et parmi eux, "plus de 8.000 volontaires l'ont effectué à l’international", précise l'Agence du service civique, qui gère le dispositif.

Rien qu'en 2020, "717 jeunes sont partis hors de France effectuer une mission à l’étranger", souligne-t-elle. On compte ainsi 200 volontaires partis en Allemagne, 52 en Espagne et 33 en Belgique, les trois destinations les plus prisées.

Car même si la plupart des missions s'effectuent dans l'Hexagone, on trouve sur le site du service civique des volontariats sur tous les continents : Canada, Pérou, Afrique du Sud, Nouvelle-Calédonie… vous avez le choix !

Lire aussi

Qui peut effectuer une mission à l'étranger ?

Comme pour les volontariats en France, tous les jeunes de 16 à 25 ans sont éligibles au service civique international (30 ans pour les jeunes en situation de handicap), qu'ils soient Français ou ressortissants de l’espace économique européen. Il n'y a aucune condition de diplôme, "car seule compte la motivation", précise l'Agence du service civique.

Selon les missions, on vous demandera parfois d'être majeur et le nombre d'heures (minimum 24) effectuées par semaine pourra varier. Là encore, les structures pour effectuer votre service civique à l'étranger sont les mêmes qu'en France : dans un organisme à but non lucratif, une collectivité, des organisations internationales ou des entreprises solidaires d’utilité sociale… En revanche, il n'est pas possible de l'effectuer dans des associations religieuses, politiques ou dans un comité d'entreprise.

Lire aussi

Quels avantages par rapport à d'autres programmes internationaux ?

Contrairement au VIE (volontariat international en entreprise), on peut effectuer certains services civiques dès 16 ans ou avec un casier judiciaire. Vous pouvez aussi être salarié en même temps, dans la limite légale d'heures de travail hebdomadaires.

Les volontaires passent le PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1), "reçoivent une formation civique et citoyenne", précise l'Agence du service civique et "bénéficient d’un accompagnement dans la définition de leur projet d’avenir".

Le service civique européen est également différent du Corps européen de solidarité, qui propose aux jeunes de 18 à 30 ans des projets de solidarité en Europe. D'ailleurs, le "service civique européen" souhaité par Emmanuel Macron devrait justement créer "des parcours entre le service civique existant en France et le Corps européen de solidarité", expliquait en décembre Béatrice Angrand, présidente de l'Agence du service civique sur France Info.

Un service civique qui pourrait être généralisé partout en Europe car de nombreux pays ne proposent pas encore ce programme. Cela pourrait aussi faciliter les mobilités d'un pays à l'autre et peut-être aboutir à un cadre législatif commun à l'Union européenne, avec plus de moyens financiers et donc plus de départs et de volontaires.

Lire aussi

Des missions en lien avec la citoyenneté européenne

Sur le site du service civique, vous pouvez chercher une mission parmi dix thématiques (santé, éducation pour tous, sport, environnement…) et déposer votre candidature. Lorsque vous effectuez un service civique en France, vous bénéficiez d'une protection sociale et d'une indemnité de 580 euros net quelle que soit la mission, payée par l'État et l'organisme d'accueil.

Pour partir à l'étranger, il faudra signer une convention entre vous, l'organisme d'envoi et celui d'accueil, précisant "la répartition des dépenses liées au transport ou à l’hébergement et les modalités de la protection sociale". Votre organisme d’envoi devra souscrire une assurance car vous ne serez plus couvert par la sécurité sociale au-delà de trois mois.

Et pour ceux qui ne souhaitent pas forcément partir à l'étranger mais qui sont intéressés par l'Europe, sachez qu'il existe des missions autour de la citoyenneté européenne, qui favorisent tout de même les mobilités mais qui peuvent aussi se dérouler depuis la France.

Lire aussi

Articles les plus lus

A la Une engagement et vie associative

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !