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Décryptage

Comment choisir entre une école d'ingénieurs et un master d'ingénierie à l'université ?

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Entre une école d'ingénieurs ou un cursus master en ingénierie, faites le bon choix. // © sdecoret/Adobe Stock
Entre une école d'ingénieurs ou un cursus master en ingénierie, faites le bon choix. // © sdecoret/Adobe Stock

Une trentaine d’universités proposent aux étudiants un parcours pour devenir ingénieur : le cursus master en ingénierie. Cette formation présente des ressemblances avec celle proposée par les écoles d'ingénieurs. Quelles sont les différences entre les deux filières et comment choisir ?

Depuis 2012, les étudiants ont la possibilité de rejoindre une formation universitaire dans l'ingénierie en cinq années d'études avec le Cursus Master en Ingénierie (CMI). Il existe 31 universités françaises qui intègrent un CMI et il y a au total 104 CMI proposant jusqu'à 18 domaines de formation parmi les biotechnologies, l'environnement, l'informatique ou bien la mécanique. Autant dire que les choix sont variés.

Le cycle ingénieur classique est dispensé par plus de 200 écoles d'ingénieurs labellisées par la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI). Il existe des écoles spécialisées, mais la formation en école d'ingénieurs est le plus souvent généraliste. A l'issue du cycle ingénieur, ces établissements sont en capacité de délivrer le titre d'ingénieur qui confère le grade de master. Le diplôme d'ingénieur demeure particulièrement convoité par les entreprises et représente un gage de qualité lors de votre insertion professionnelle.

Le CMI peut constituer une alternative intéressante au cycle ingénieur. Comment choisir entre les deux voies ? Rappel des modalités d'admission et des avantages des deux parcours.

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Plusieurs voies d'accès aux écoles d'ingénieurs

Les écoles d'ingénieurs recrutent sur concours ce qui signifie que l'entrée reste sélective. Mais il est important de préciser qu'il existe plusieurs voies d'accès aux écoles d'ingénieurs, en fonction de votre parcours dans l'enseignement supérieur et de votre projet professionnel.

En 2019, près de 37% des étudiants en première année du cycle ingénieurs viennent d'une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) et près de 26% sont issus d'une classe préparatoire intégrée. Environ 20% des étudiants ont validé un diplôme universitaire de technologie (DUT) ou un brevet de technicien supérieur (BTS) avant de poursuivre leur parcours en école d'ingénieurs.

"L'ouverture sociale est une problématique extrêmement présente en école d'ingénieurs. Il n'existe pas de profil type parmi les élèves-ingénieurs", précise Julien Doche, le président du Bureau national des élèves-ingénieurs (BNEI). Plusieurs dispositifs sont mis en place pour permettre une plus grande diversité (taux de boursiers ou des filles par exemple) au sein des établissements.

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Une sélection tout aussi présente en CMI

Le cursus master en ingénierie gagne peu à peu en réputation depuis sa création d'autant plus que cette formation ne recrute pas sur concours. Le processus de sélection – qui a lieu en ce moment – repose sur l'évaluation d'un dossier de candidature et un entretien de motivation : le jury sera particulièrement attentif à la pertinence de votre projet de formation.

Bastien Penninckx est le président de CMI France, la fédération nationale qui regroupe les associations des étudiants du Cursus Master en Ingénierie. Il a débuté son parcours par une année de CPGE scientifique avant de se diriger vers un CMI spécialisé en physique à l'Université de Montpellier. "J'avais cette alternative pour pouvoir me rapprocher du domaine de l'ingénierie bien que j'ai quitté la classe préparatoire. L'environnement que propose l'université correspond à ma personnalité", explique le jeune homme.

Le taux de sélection est plus ou moins important en fonction de la formation souhaitée et du nombre de places disponibles. Il est possible de retrouver l'ensemble de ces informations sur la plateforme d'orientation Parcoursup. A titre d'exemple, l'université de Montpellier a un taux d'admission de 22% pour son CMI spécialisé en informatique en 2019 tandis que l'université de Bretagne-Sud a un taux d'admission de 56% pour son CMI spécialisé en sciences et technologies.

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Développer un savoir-faire dans l'ingénierie

Les écoles d'ingénieurs possèdent une excellente réputation en France mais aussi à l'international du fait de la qualité des formations. Les étudiants se retrouvent en mesure de construire leur parcours avec les majeures et les mineures : la formation permet de développer des spécialisations en fonction de ses appétences.

Depuis quelques années, elles s'engagent dans une nouvelle dynamique autour de l'approche-compétence. Une démarche qui fait partie intégrante du processus d'accréditation d'une école d'ingénieurs. Ainsi, les établissements favorisent l'apprentissage par projet.

L'université encourage aussi le développement de compétences, à commencer par la prise d'autonomie. "La formation nous accompagne et nous donne les outils pour à terme nous débrouiller tout seul. C'est un point vraiment important au fur et à mesure des années", estime le président de CMI France.

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Ouverture à l'international, vie associative…

Les conditions d'études ne sont pas identiques dans une université et une école d'ingénieurs. "La vie associative est extrêmement présente quelle que soit la taille de l'établissement. C'est vraiment un point-clé des écoles d'ingénieurs pour que chaque élève puisse avoir un sentiment d'appartenance à l'école", estime le président du BNEI.

Un séjour à l'international constitue un pré-requis afin de valider le diplôme. Trois mois minimum sont nécessaires pour les étudiants en CMI. La durée de cette expérience à l'étranger varie en fonction des écoles d'ingénieurs. Si les étudiants bénéficient généralement d'un accompagnement personnalisé dans les deux formations, les écoles d'ingénieurs disposent d'un réseau important de partenaires académiques. Sans oublier leurs réseaux d'anciens, bien souvent très actifs.

L'entrepreneuriat est une composante essentielle au sein d'un cursus d'un élève-ingénieur. "Les écoles d'ingénieurs mettent en place des incubateurs directement dans les établissements. Il existe un lien très fort avec les entreprises", soutient le président du BNEI. Les étudiant ont accès à une multitude d'outils mais aussi à un réseau et à des sources de financement. Cette composante n'est pas non plus absente à l'université. "L'entrepreneuriat est totalement en accord avec l'esprit du CMI", affirme le président de CMI France.

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Une insertion professionnelle à la clé

Rappelons que seules les écoles d'ingénieurs accréditées par la CTI ont le droit de délivrer le titre d'ingénieur. Le diplôme d'ingénieur est reconnu par le monde de l'entreprise. Néanmoins, les diplômés des cursus master en ingénierie peuvent tout à fait être embauchés à des postes d'ingénieurs.

Le président du BNEI rappelle que de nombreuses actions sont mises en place au sein des écoles d'ingénieurs pour permettre aux étudiants de trouver rapidement un stage ou un emploi. Les établissements organisent des forums pour faciliter la rencontre entre les étudiants et les entreprises et mettent à disposition le réseau des anciens élèves de l'école. Des périodes de stage sont également obligatoires en CMI. "Mon stage d'observation en licence m'a permis de me projeter dans le monde du travail", considère le président de CMI France.

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