Les internes en médecine font leur rentrée, entre excitation et appréhension

Par Pauline Bluteau, publié le 02 Novembre 2021
7 min

Ce mardi 2 novembre, Jeanne, Julien et Yannis font leur rentrée. Pour ces trois jeunes médecins, une nouvelle aventure commence à l’hôpital. Quelques mois après avoir passé les ECN et choisi leur spécialité, tous sont impatients, mais aussi un peu stressés, de débuter leur internat.

C’est un peu le premier jour du reste de leur vie… Pour Jeanne, interne en oncologie à Paris (75), Julien, interne en neurologie à Besançon (25) et Yannis, interne en chirurgie pédiatrique à Montpellier (34), l’heure de la rentrée des classes a sonné. Ce mardi 2 novembre, les trois étudiants s’apprêtent à débuter leur internat à l’hôpital. Une expérience de jeunes médecins qu’ils vont pouvoir acquérir ces quatre, cinq voire six prochaines années, selon leur spécialité. L’Etudiant, qui les avait déjà suivis après la fin des ECN (épreuves classantes nationales) en juin dernier, leur a retendu le micro juste avant le jour J.

"L’excitation prend le dessus sur le stress"

C’est unanime : les premiers mots qui viennent à l’esprit des internes à l’approche de la rentrée sont "excitation" et "stress". "Mardi, partout en France et quelle que soit la spécialité, on sera tous un peu perdu !", s’exclame Julien. Le jeune médecin de 26 ans a choisi la neurologie, une spécialité qui le passionne depuis le collège. "Je suis vraiment content de commencer, l’excitation prend le dessus sur le stress parce que je sais que c’est ce que je veux faire." Pourtant, différentes questions se sont un peu mélangées ces dernières semaines : est-ce qu’il faut réviser, préparer quelque chose, est-ce qu’on est au niveau… ?

À Montpellier, Yannis a lui aussi traversé cette période d’incertitude. "Depuis début octobre, ça n’arrête pas, commente l’interne en chirurgie pédiatrique. J’ai emménagé il y a tout juste une semaine, j’essaie déjà de prendre mes marques dans cette nouvelle ville. Et puis, entre la fac et l’hôpital, il y a beaucoup de papiers à envoyer, il faut prendre des assurances, des prévoyances…Ce n’est pas la partie la plus intéressante…"

Après les ECN, les deux étudiants ont tout de même su profiter de leurs vacances. À l’image de Jeanne, qui a décidé de rentrer à Paris samedi, deux jours avant le début de son internat. "Je suis un peu stressée, je me dis que je vais avoir de vrais patients en face de moi mais… on verra bien, je suis encore dans mes vacances", assume l’interne en oncologie qui regrette tout de même d’avoir jeté tous ses cahiers en juin dernier.

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Pour tous les trois, c’est un nouveau statut qu’il faut désormais appréhender et ce, dès la rentrée. Les anciens externes qui passaient leur vie, il y a encore quelques mois, entre les stages à l’hôpital et les cours à l’université seront désormais complètement intégrés à leur service hospitalier. "Pour l’instant, j’ai encore du mal à me définir comme jeune médecin, dans ma tête je suis encore externe. D’un côté, j’ai hâte de sortir de cette peau et de l’autre je me dis que c’est aussi plus de responsabilités, c’est paradoxal", estime Yannis.

Pour l’aider à s’intégrer, le jeune homme a eu droit à trois jours de pré-rentrée. "On a fait des activités de simulation, de dissection, on a rencontré plusieurs intervenants de disciplines différentes pour savoir qui contacter pendant les urgences… On s’est réuni avec mes co-internes et tous les internes de chirurgie. Jeudi dernier, on a aussi eu une journée d’immersion pour s’imprégner de l’organisation. Tout cela permet de déstresser un peu avant la rentrée. Pour l’instant, j’ai un bon stress !"

Programme assez similaire pour Julien qui a hâte de passer "d’observateur à acteur, d’être en première ligne en quelque sorte". "J’ai été prescripteur pour la vaccination donc j’ai eu des patients qui m’appelaient déjà docteur, ça aide aussi à prendre conscience de notre rôle." De son côté, Jeanne se pose beaucoup moins de questions : "Quand on me demande ce que je fais, je dis que je suis interne en oncologie. Le fait d’avoir été faisant-fonction d’interne en gériatrie cet été m’a certainement aidée."

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Responsabilités et premières gardes en solitaire pour les nouveaux internes

Les premières responsabilités sont pourtant déjà présentes chez les futurs praticiens, bien conscients de la pression qui pèse sur leurs épaules. "Ce qui stress, c’est toute l’organisation du service : dans quel ordre je dois procéder, et si je me trompe de diagnostic… On a peur de faire des erreurs et pourtant, tout le monde nous rassure en nous disant qu’on ne sera jamais seul mais c’est quand même une responsabilité", confie Yannis.

Ils appréhendent aussi leurs premières gardes. Dans la plupart des services, elles ne commenceront que dans quelques semaines, histoire d’aider les nouveaux à prendre leurs marques. "Pendant un mois, je vais pouvoir doubler des gardes avec ma co-interne mais en décembre, je serai tout seul… pendant 24 heures… pour tout le service, lance Julien. On sait qu’on a toujours un senior avec nous mais ça risque quand même d’être compliqué."

En attendant, mardi matin, dès 8 heures, les quelque 8.500 internes vont plonger dans le grand bain… ou presque. "Je pense qu’on va récupérer nos blouses, il va y avoir plusieurs réunions, on va découvrir le logiciel… Beaucoup d’administratif finalement", explique Jeanne. "La vraie rentrée sera mercredi !", sourit Yannis. Après plus de six années d’études, les internes s'impatientent. "J’ai conscience de tout ce que j’ai traversé, c’est une nouvelle vie qui commence mais on a tous signé pour ça aussi", conclut Julien.

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