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Décryptage

Réforme des études de santé : tout savoir sur les L.AS

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Découvrez toutes les informations à connaître sur les licences avec option "accès santé" (L.AS). // © YY apartment / Adobe Stock
Découvrez toutes les informations à connaître sur les licences avec option "accès santé" (L.AS). // © YY apartment / Adobe Stock

Si vous rêvez d’accéder aux filières médecine, pharmacie, dentiste, sage-femme et kinésithérapie, vous vous interrogez sûrement à propos des licences avec option "accès santé". La suppression de la PACES programmée à la rentrée 2020, a chamboulé ces formations. Qu’est-ce que la filière L.AS ? Quels seront les enseignements dispensés ? Comment serez-vous évalués ? Tour de piste.

Dès la rentrée 2020, la PACES, première année commune aux études de santé, disparaît et laisse la place à deux nouvelles principales voies d’accès aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie) : le parcours spécifique "accès santé" (PASS) ou une licence avec option "accès santé" (L.AS). Même si le nombre d’admis en deuxième année des études médicales risque d’être revu à la hausse, l’accès à ces formations reste sélectif, "en raison de la nécessité de recruter des étudiants ayant des compétences particulières et d’importantes capacités de travail", explique Emmanuel Touzé, doyen de la faculté de santé de Caen Normandie.

450 L.AS sont répertoriées en France

Le nombre d’UFR proposant une entrée en santé a considérablement augmenté, passant des 37 facultés de médecine à 108, y compris dans des universités n’ayant pas UFR santé, grâce à des conventions.

450 L.AS sont désormais répertoriées en France, dont 162 en sciences, technologies, santé ; 44 en droit, 44 en SES (sciences économiques et sociales), 94 en humanités, 25 en psychologie et 17 en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Ces L.AS sont donc composées d’une mineure santé, représentant au moins 10 crédits ECTS, et d’une majeure que vous choisirez en fonction de l’offre disponible au sein de votre université. Les PASS comportent des enseignements majoritairement dans le domaine biomédical et incluent une mineure d’un autre champ disciplinaire.

Si vous optez pour une L.AS mais vous ne passez pas le cap de la sélection, vous pourrez poursuivre les études en licence de votre "majeure". Jusqu’à présent, environ 80% des 60.000 candidats buttaient chaque année sur le concours couperet de la PACES. Objectif de la réforme : arrêter le gâchis humain, faciliter l’orientation progressive, et favoriser la diversité de profils.

Lire aussi : Parcoursup : les attendus en licence de sciences pour la santé

En L.AS, plus facile de rebondir en cas d'échec

L’université de Caen Normandie et celle de Poitiers ont fait le choix de ne pas proposer de PASS, mais uniquement des L.AS. Ces dernières permettent aux étudiants de postuler entre la première et la troisième année de leur licence pour intégrer les formations MMOPK en deuxième ou plus exceptionnellement en troisième année. Ils ont deux chances. Et pourront plus facilement rebondir en cas d'échec.

"Les étudiants qui ne peuvent pas intégrer une formation MMOPK à l’issue d’une PASS devront se réorienter dans une licence en fonction de la mineure choisie, reprend Emmanuel Touzé, doyen de la faculté de santé de Caen Normandie. Ils peuvent postuler une deuxième fois, mais seront alors sélectionnés sur leur réussite dans les matières de leur licence, pour lesquelles ils n’auront pas eu autant d’enseignements que les étudiants ayant choisi cette licence depuis la première année. Ce qui pourrait être source de difficultés".

Les enseignements en L.AS

Les universités dévoileront l’offre pédagogique qu’elles sont en train de construire pour les L.AS à la fin de l’année universitaire 2019–2020. Le cadrage national laisse une certaine marge de manœuvre aux facultés de santé. Celles-ci doivent proposer dans le cadre de la "mineure santé", des enseignements de sciences fondamentales, comme la biologie, la biochimie, et des enseignements en sciences sociales et humaines, comme l’éthique et la sociologie. À chaque faculté de trouver le bon dosage. À l’université d’Aix-Marseille, "les enseignements devraient être centrés sur les matières fondamentales, comme l’anatomie, la physiologie, l’initiation aux médicaments… ", précise Georges Leonetti, le doyen de la faculté des sciences médicales et paramédicales de la cité phocéenne.

À Caen, l’accent sera mis sur la biologie et les sciences fondamentales pour les élèves provenant des filières du type droit, économie et sur les sciences humaines pour leurs camarades ayant opté pour une majeure en physique, chimie ou en biologie.

Les évaluations en L.AS

Comment vont se passer les évaluations ? Les étudiants seront testés via les QCM mais devront également répondre à des questions rédactionnelles en sciences humaines. Ils seront sélectionnés sur dossier. Et leurs résultats globaux en licence scrutés. "On va sélectionner les étudiants qui réussissent le mieux leur parcours. La possibilité d’accorder plus d’importance à la note obtenue en mineure santé par une pondération existe, mais ce n’est pas obligatoire", reprend Emmanuel Touzé.

Lire aussi : À quoi va ressembler l'année de PASS ?

Certains étudiants passeront des oraux

Les épreuves de sélection s’organiseront en deux groupes, comme pour le PASS. À l’issue du premier groupe, les candidats ayant obtenu des notes supérieures à un seuil défini par le jury pourront directement passer en deuxième année, pour au maximum 50% des admis. L’autre moitié sera sélectionnée à l’issue d’un deuxième groupe d’épreuves comportant au minimum un oral. Ce qui permettra de tester les futurs médecins non seulement sur les connaissances, mais aussi sur "leurs compétences relationnelles ou leurs capacités de gestion de situations complexes. L’oral est une réelle plus-value. Il pourrait en théorie être appliqué à tous, mais le généraliser est infaisable actuellement sur le plan logistique", explique Emmanuel Touzé.

Strasbourg se différencie avec une licence des Sciences pour la Santé

"On ne réinvente pas la poudre. La formation en santé nécessite une base solide d'enseignements en sciences fondamentales", explique Jean Sibilia, le doyen de l’UFR Santé de l'Université de Strasbourg. L'établissement strasbourgeois ne propose que des L.AS, mais se différencie radicalement du modèle national, avec la création d'une licence "Sciences pour la santé", permettant d'accéder aux filières MMOPK (médecine, pharmacie, dentiste, sage-femme et kinésithérapie). Une PACES rénovée, en réalité.

Les étudiants alsaciens suivront obligatoirement une majeure en santé, une mineure parmi onze disciplines, et des enseignements transversaux (sciences humaines et sociales, éthique…). Il s'agit "de ne pas faire perdre de temps à de bons étudiants qui veulent intégrer ces formations directement". En outre, le niveau des élèves, qui auront étudié la santé en "majeure" pour certains ou en "mineure" pour d'autres, risque d'être hétérogène en deuxième année des MMOPK. D'où le choix de Strasbourg d'un même modèle pour tous.