Témoignage

"On m'a confié les rênes du projet" : les stages de fin d'études, un premier pas vers le monde du travail

Lucie, ancienne étudiante en architecture, lors de son stage de fin d'études dans un cabinet.
Lucie, ancienne étudiante en architecture, lors de son stage de fin d'études dans un cabinet. © DR
Par Rachel Rodrigues, publié le 26 janvier 2024
5 min

Le stage de fin d'études permet souvent aux étudiants de réaliser des missions responsabilisantes sur des thématiques plus en adéquation avec leur projet personnel. Objectif : favoriser leur insertion sur le marché du travail.

"C'est là que j'ai appris le plus." Quand il nous raconte son stage de fin d'études, Arthur décrit une expérience bénéfique : "J'ai pu travailler de manière rapprochée avec ma tutrice, une manageuse expérimentée dans le domaine."

D'une durée de deux à six mois selon les établissements et les offres, les stages de fin d'études représentent une dernière ligne droite pour les étudiants avant la validation de leur cursus. Pour beaucoup, c'est aussi un "trait d'union" entre la fin du parcours et l'entrée dans le monde professionnel, souvent plus immersif que les stages précédents.

Le choix d'un domaine précis pour son stage de fin d'études

Le stage de fin d'études est souvent l'occasion de cibler plus précisément le domaine visé. C'est le cas de Lucie, qui a orienté ses recherches en conséquence, à la fin de sa 5e et dernière année.

Après avoir réalisé un mémoire sur les groupes scolaires, l'étudiante en architecture, diplômée en juillet 2023, a trouvé une opportunité dans un cabinet spécialisé dans les bâtiments scolaires. "J'ai notamment travaillé sur un projet d'école", détaille la jeune architecte, sous convention jusqu'à fin février.

Arthur, ancien étudiant en management, a lui aussi visé juste. Sa majeure en politiques publiques a été précieuse pour l'appréhension des clients de son entreprise, dans le cadre de son stage en cabinet de conseil : "Je comprenais bien à qui j'avais à faire, où je mettais les pieds et quelles réglementations s'appliquaient", affirme-t-il.

Des stages dans la continuité des études

Pour Charlotte, réaliser un stage en préfecture a été un moyen de mettre à profit "ses connaissances des textes fondamentaux". "J'ai pu voir comment était appliqué le droit administratif en travaillant dans une institution française", ajoute-t-elle.

Même constat pour Victor*, qui a effectué son stage dans une entreprise de cosmétique française. "C'était l'occasion d'appliquer ce que j'avais appris dans le cadre de projets concrets de data analyse", détaille l'ancien étudiant en école d'ingénieurs.

Une meilleure immersion dans l'entreprise

A la différence des expériences professionnelles imposées plus tôt dans le cursus, le stage de fin d'études permet aux étudiants de mieux s'acclimater à l'équipe. "En cours, j'avais toujours réalisé mes projets seule et là, je me suis rendu compte que les architectes travaillaient beaucoup en équipe", admet Lucie.

Grâce à des durées de stages plus longues, l'intégration est plus facile. A ce titre, Victor se souvient de la "bonne ambiance" qui régnait dans l'équipe.

Le suivi est souvent mieux structuré que dans les stages précédents. "Avec mon tuteur, on se voyait toutes les deux semaines, et on pouvait se parler pendant une bonne heure", détaille l'ingénieur, qui précise que l'échange se poursuivait tout aussi facilement en dehors des points officiels.

Même constat pour Arthur, qui raconte avoir travaillé en binôme avec sa tutrice pendant les six mois de son stage, dans un cabinet de conseil. "C'est elle qui pilotait les missions et je la secondais : cela lui permettait de me former, et de m'apprendre le métier", explique l'ancien étudiant en management.

Plus de responsabilités lors du stage de fin d'études

Au bout de plusieurs stages, "on devient aussi plus à l'aise", confirme Victor. L'ingénieur raconte avoir perçu une progression, au cours de ses différentes expériences. "Lors de mes premiers stages, en 3e ou 4e année, on vérifiait ce que je faisais", admet-il. "Sur le dernier, on me faisait plus confiance."

Lucie se réjouit du rôle qu'elle peut avoir sur les projets qu'on lui confie. "Je participe aux réunions, je peux donner mon avis", explique-t-elle. Une vision partagée par Charlotte, qui raconte avoir été dans l'action "dès le premier jour". "On a parfois un sentiment d'illégitimité au début, en tant que stagiaire, mais quand on est pris au sérieux, c'est rassurant", détaille l'étudiante de 26 ans. 

Parfois, une telle responsabilisation permet aux étudiants d'avoir la main totale sur certains dossiers. Louise, en stage au sein d'un club sportif, a été l'interlocutrice privilégiée dans le cadre du lancement d'une application avec un partenaire de la région. "On m'a confié les rênes du projet. J'étais chargée d'organiser les points, toutes les validations passaient par moi", raconte l'ancienne étudiante en STAPS et communication.

Un pas vers l'insertion professionnelle

Le stage de fin d'études peut parfois déboucher sur un poste au sein de l'entreprise. "Au total, j'ai eu trois points d'état d'avancement avec mon tuteur : au bout du troisième, on a pu discuter des possibilités d'intégration professionnelle dans l'équipe, ou dans d'autres services", explique Victor, qui précise que les opportunités dépendent beaucoup du "timing". 

Mais parfois, les étudiants doivent se contenter de bruits de couloir avant que la sentence ne tombe. "A la fin, chaque manager a expliqué à son stagiaire s'il était pris ou non", détaille Arthur. Aujourd'hui, l'ancien étudiant se réjouit : cela fait bientôt quatre ans qu'il a été embauché par son entreprise, à l'issue de son stage.

*Le prénom a été modifie.

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