1. 10 questions à se poser quand on ne sait pas quoi faire après le bac
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10 questions à se poser quand on ne sait pas quoi faire après le bac

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Pour trouver une idée lumineuse en matière d'orientation, il faut vous poser les bonnes questions. // © plainpicture/Daniel Allan
Pour trouver une idée lumineuse en matière d'orientation, il faut vous poser les bonnes questions. // © plainpicture/Daniel Allan

"Qu’est-ce que tu veux faire après le bac ?" "Tu vas poursuivre tes études ?" "Quel métier t’intéresse ?". Toutes ces questions, vous les entendez presque tous les jours... Pourtant, à quelques mois du bac, vous n’arrivez toujours pas à vous décider. Voici quelques conseils de professionnelles de l'orientation pour vous aiguiller.

C’est psychologique : plus le calendrier se resserre, plus vous vous mettez la pression et moins vous arrivez à prendre une décision. Même si les conseillers d’orientation préfèrent rappeler qu’il n’y a pas de recette magique pour trouver sa voie, en y réfléchissant bien, vous devriez tout de même y voir plus clair. Pour éviter les angoisses et ne pas baisser les bras, posez-vous les bonnes questions. Oui, mais lesquelles ?

Par quoi commencer ?

Vous devez agir avec méthode. Arrêtez de vous dire que vous ne savez pas quoi faire et que ce n'est pas normal. Vous n’êtes pas le ou la seul(e). Revenez d’abord sur votre parcours. "Il faut commencer par vous demander comment vous en êtes arrivé là aujourd’hui : pourquoi vous avez choisi cette filière au lycée et est-ce que vous êtes satisfait de ce choix", explique Catherine Thuet, conseillère et psychologue au CIO (centre d’information et d’orientation) à Metz. Ce choix, que vous avez fait il y a quelques années, vous donne déjà un premier aperçu de ce que vous voulez ou non à présent.

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Pourquoi je n’arrive pas à faire un choix ?

Apprenez à dédramatiser : vous n’allez pas exercer un seul métier dans votre vie. Le choix que vous faites aujourd'hui ne sera pas décisif pour les 30 prochaines années.

"Je compare souvent l’orientation et l’amour : les lycéens se bloquent parce qu’ils ne trouvent pas le métier de leur rêve, mais c’est comme le grand amour, il n’y en a pas forcément qu’un. Et quand ils auront compris cela, ils seront beaucoup plus décomplexés", indique Anne-Marie Lardreau, conseillère au CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse).

Tentez de comprendre ce qui vous freine et acceptez que vous ne trouviez pas toujours la réponse à vos questions. L’inconnu peut faire peur, mais il ne doit pas vous paralyser non plus.

Ai-je fait assez de recherches ?

Estelle Demoisson, conseillère d’orientation à l’université de Grenoble-Alpes, recommande d’utiliser la méthode de l’entonnoir. "Vous prenez une table des matières avec tous les secteurs professionnels qui existent et vous éliminez tous ceux que vous ne voulez vraiment pas faire." Après cette étape, il ne vous restera peut-être qu’une petite dizaine de choix possibles.

"Il faudra alors prendre le temps de bien regarder les fiches métiers et/ou formations qui se rapportent à ces secteurs pour vérifier si cela reste conforme à vos attentes", poursuit-elle. Procéder par élimination vous permettra d’y voir plus clair et surtout d’avoir une bonne idée de tout ce qui existe.

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Pour vos recherches, de nombreux sites sont accessibles. "Parcoursup est incontournable", admet Anne-Marie Lardreau. Les sites de l’Onisep, du CIDJ et de l’Etudiant répertorient également de nombreuses informations sur les métiers, secteurs et formations envisageables.

Quelles sont mes compétences ?

Faites la liste de vos points forts. Demandez-vous quelles sont les matières dans lesquelles vous vous sentez à l’aise, celles qui vous amènent à faire preuve de curiosité, celles où vos résultats sont plutôt bons. Car si vous excellez dans un domaine, c’est sûrement parce que vous êtes davantage motivé pour réussir.

Quelles sont mes qualités ?

En dehors du lycée et de vos résultats scolaires, vous devez également vous appuyer sur vos goûts, vos valeurs, vos centres d’intérêt et vos qualités. "Par exemple, si un jeune aime aider les personnes âgées, on peut penser qu’il a une appétence pour le domaine social. S’il est délégué de classe, cela signifie qu’il aime avoir des responsabilités, qu’il est à l’aise avec les autres, qu’il sait se montrer convaincant", suppose Catherine Thuet.

Cette réflexion peut peut-être vous paraître dérisoire, mais il est important d’exprimer ce que l’on sait déjà. "L’air de rien, cela les amène à réfléchir sur un métier sans qu’ils s’en rendent compte."

Quelles sont mes envies ?

La connaissance de soi est l’une des étapes les plus importantes. "Comment je me vois plus tard, de quelle façon je veux travailler, combien de temps je souhaite accorder à mes études, quelle est ma méthode de travail… Toutes ces questions donnent de bonnes indications sur ce qu’on veut ou non", estime Anne-Marie Lardreau.

"Plus généralement, il faut se demander ce que l’on attend de sa vie : est-ce qu’on veut avoir des responsabilités, prendre des risques, être plus altruiste, est-on prêt à s’éloigner géographiquement, quel est mon degré d’exigence…", confirme Catherine Thuet.

Bref, voyez plus loin que l’après-bac, projetez-vous et imaginez la vie que vous aimeriez avoir, certains métiers seront sans doute moins compatibles avec votre vision de l’avenir.

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Est-ce réalisable ?

Il ne faut pas non plus hésiter à revenir un peu en arrière. "Cela peut être intéressant de réfléchir aux métiers que vous vouliez exercer quand vous étiez plus jeune : qu’est-ce qui vous a intéressé et pourquoi avez-vous décidé de les abandonner ?", constate la conseillère du CIDJ.

Pour Estelle Demoisson, la question est aussi de savoir si les formations ou le métier visés concordent avec vos capacités. "Il faut anticiper et avoir un plan B au cas où cela ne vous plaît pas, par exemple." "Ne vous dites pas que vous allez rater votre vie et ne vous mettez pas de freins par peur de l’échec, la motivation est indispensable. Mais il faut aussi être lucide et faire des choix en fonction de son niveau en se renseignant sur les attentes des établissements", nuance Anne-Marie Lardreau.

Est-ce que j’ai besoin d’aide ?

Vous avez encore un peu de temps pour prendre votre décision, mettez-le à profit pour échanger avec les autres. "Il ne faut pas attendre le dernier moment pour se rendre dans un CIO, prévient la conseillère. Vous pouvez également aller aux portes ouvertes des établissements, participer à des forums d’information, contacter des étudiants, faire des journées d’immersion… pour bien se rendre compte de ce qui vous attend."

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Les tests d’orientation peuvent aussi être un outil supplémentaire d’aide à la décision. "Tout dépend des critères qu’on privilégie comme les centres d’intérêt ou sa personnalité. Et s’il n’y a aucun résultat, c’est souvent parce que l’élève s’est mis des freins", ajoute Anne-Marie Lardreau. La conseillère recommande aussi d’échanger avec ses proches, d’écouter des témoignages de professionnels sur YouTube et de faire des Moocs spécialisés dans les formations comme ceux de FUN (France université numérique).

Quel est mon projet ?

Peut-être que les études supérieures ne sont pas faites pour vous, du moins pour l’instant. Pensez à d’autres alternatives tout aussi enrichissantes, comme l’année de césure ou le service civique. "Travailler permet aussi de gagner en motivation et en maturité", admet Estelle Demoisson. Mais la conseillère préconise tout de même de ne pas arrêter ses études plus de deux ans pour pouvoir justifier sa décision.

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En parallèle, travaillez sur un projet concret en vous demandant quel est votre objectif. La solution peut être l’apprentissage ou une formation en alternance.

Et gardez en tête qu’il existe énormément de voies possibles pour atteindre votre but, notamment des passerelles entre les formations. "On se réoriente toute notre vie, cela ne veut pas dire qu’on a perdu notre temps", rassure Catherine Thuet.

Est-ce que je me laisse trop influencer ?

Enfin, ne vous découragez pas. La facilité serait d’entrer dans une formation par la force des choses sans avoir aucune idée de ce qui vous attend réellement. "On ne fait pas ses choix au hasard ou en voulant faire plaisir à ses professeurs ou ses parents", souligne Estelle Demoisson. Ce n’est pas parce qu’une formation plaît à l’un de vos amis qu’elle vous plaira aussi, prenez en compte votre propre opinion. "Si vous ne le sentez pas, n’y allez pas."