Emploi : les jeunes diplômés veulent un bon salaire et un métier de sens

Par Etienne Gless, publié le 20 Octobre 2022
8 min

Les étudiants et jeunes diplômés de grandes écoles et d'universités sont en quête d’emplois de qualité, bien rémunérés, utiles et leur permettant d’évoluer. C’est l’enseignement principal du sondage Toluna Harris interactive mené auprès de plus 10.000 étudiants et jeunes diplômés pour l’Etudiant et Epoka.

"La rémunération est le critère le plus important pour moi pour rejoindre une entreprise. Le coût de la vie a augmenté fortement avec l’inflation. Je veux un bon salaire en début de carrière", confie Mohamed, 24 ans. Diplômé en juillet de l'ISC Paris, une grande école de commerce, le jeune homme est à la recherche d'un premier poste de contrôleur de gestion.

"Ensuite, j’attends des employeurs potentiels des missions intéressantes et de pouvoir monter en compétences. Car tout ne s'apprend pas en école." Le témoignage de Mohamed résume bien les nouvelles attentes d'une majorité des étudiants et jeunes diplômés. Leur quête ? Des emplois de qualité. Comprenez des postes bien rémunérés, utiles et leur permettant d’évoluer rapidement.

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Des emplois qui offrent un bon salaire

En contexte de forte inflation, être bien payé devient la condition numéro 1 pour travailler dans une entreprise plutôt qu'une autre. Sûrs de leurs valeurs, les diplômés et futurs diplômés de grandes écoles de commerce comme d’ingénieurs comptent négocier un bon salaire en entrant sur le marché du travail.

En 2022, la rémunération devient ainsi leur premier critère de choix d'une entreprise (83%) devant l’intérêt du travail et des projets proposés (73%). En 2021, ces deux critères étaient à égalité. "Le salaire est pour la première fois en dix ans d’étude de loin le premier critère de choix d’une entreprise, constate Alain Damond, directeur associé en charge de la marque Employeur chez Epoka. Le sens arrive en deuxième position et la RSE loin derrière…"

Les étudiants et néo-diplômés de l’université préfèrent en revanche d'abord l’ambiance de travail mais le critère financier arrive juste derrière. Ils recherchent aussi davantage la sécurité de l'emploi (59%).

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"Un juste équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle"

Bonne rémunération et bonnes conditions de travail ne sont pas décorrélées. Entre une bonne qualité de vie au travail et le salaire, plus de 60% des jeunes diplômés choisissent… les deux ! "Après la rémunération vient la qualité de vie globale ; les jeunes professionnels demandent un juste équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle", remarque Bruno Pavie, DRH du groupe NGE (BTP).

Deux autre critères d’attractivité deviennent aussi importants depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine : 68% des personnes interrogées se focalisent sur les conditions de travail proposées et 68% sont vigilants concernant la flexibilité des horaires et de l’organisation du travail.

Ainsi, la possibilité de télétravail – au moins deux jours par semaine – est un "plus" pour la majorité (51%) des sondés. Le télétravail est même un critère essentiel de choix d'une entreprise pour 40% de ceux sortants d'une business school contre 35% des diplômés de l'université et 30% des jeunes ingénieurs. D'ailleurs, plus de 70% aimeraient voir figurer dans les offres d'emploi la politique des entreprises en matière de télétravail.

Une attention portée aux enjeux de la transition écologique

Fortement relayée par les médias et les réseaux sociaux, l'attention des jeunes diplômés de grandes écoles et de l'université aux enjeux de la transition écologique et la décarbonation de l’économie est manifeste, et cela se confirme dans les résultats de l'enquête.

Même si elle ne figure pas dans le Top 5 des critères majeurs d'attractivité pour rejoindre une entreprise, la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise (RSE) est le critère qui a le plus progressé depuis deux ans pour une majorité des élèves et diplômés d'écoles d'ingénieurs (58%). "Dans les prochains mois les dirigeants d’entreprises vont devoir mieux appréhender les aspirations environnementales de ces jeunes diplômés", prévient Isabelle Bastide présidente du cabinet de recrutement Page Group France.

Ces aspirations s’expriment à deux niveaux : "ils ont la volonté de rejoindre une entreprise engagée dans la transition écologique et ils s’intéressent aux nouveaux métiers liés à cette transition", résume Isabelle Bastide.

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Avoir un métier qui a du sens

Au-delà de la RSE et des enjeux de transition écologique, les jeunes diplômés et étudiants sont en quête de sens. Ainsi, une majorité absolue d'étudiants et jeunes diplômés (61%) veulent exercer un métier qui a du sens à la fois pour eux-mêmes, pour la société et pour le bien commun.

Ce critère devient essentiel dans le choix de travailler pour telle ou telle entreprise : exercer un métier qui a du sens figure déjà en deuxième position chez les élèves et diplômés d’écoles ingénieurs, en 4e position chez les étudiants et diplômés de l’université et en 5e position chez les élèves et diplômés en écoles de management.

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L'industrie redevient attractive aux yeux des jeunes diplômés

Selon l'enquête, étudiants et jeunes diplômés manifestent cette année un regain d’intérêt pour l’industrie. Sur les 30 entreprises qui ont le plus gagné en attractivité depuis un an, sept appartiennent au monde industriel, notamment le secteur aéronautique : Airbus group, Ariane, Alstom, Arcelor Mittal, Rexel ou Somfy attirent en particulier les élèves et diplômés d'écoles d'ingénieurs. Peut-être faut-il y voir la prise de conscience que c'est en entrant dans les usines qu'ils pourront agir sur la décarbonation de l'économie et la transition écologique ?

Au contraire, l’alimentaire a moins la côte cette année : sur 30 entreprises qui ont perdu en attractivité entre 2021 et 2022, 11 appartiennent au secteur de l’agro-alimentaire et de la grande consommation. Etudiants et jeunes diplômés éprouvent moins d'appétence pour Danone, Nestlé, Unilever, P&G, Coca Cola ou encore Pepsi Co.

Le secteur de l'audit et du conseil en stratégie perd lui aussi de son attractivité et quatre entreprises en font les frais : Deloitte, KPMG, Mazars, PwC attirent – un peu – moins les jeunes diplômés.

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